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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 01:26
 
 
 
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(Freddy Monsa Iyaka Duku Le Potentiel 23/03/2012)

Dans une résolution prise à Alger, l’Union africaine avait décidé de ne plus tolérer la prise de pouvoir par les armes. Cette résolution n’a pas empêché un coup d’Etat à Madagascar, en Guinée de Lansana Conté et de Dadis Camara, à la Libye de Kadhafi, pour ne citer que ces pays. Maintenant, c’est le tour du Mali avec la défénestration d’Amadou Toumani Touré. Comme pour dire que l’Afrique des «généraux, des colonels, des capitaines» a la peau dure. Pourquoi ?
Coup d’Etat au Mali. Le président Amadou Toumani Touré, ATT, militaire de carrière au grade général et qui avait renversé Moussa Traoré, un autre général, mais élu démocratiquement, a été déposé. Un comité de redressement de la République a été mis en place pour gérer le pays en attendant l’organisation de nouvelles élections. Les raisons de ce putsch sont «l’incompétence et l’inefficacité» du gouvernement à gérer la «rébellion du Nord».

Motif valable, soutiennent plusieurs observateurs devant ce laxisme du pouvoir ATT de combattre la rébellion en puissance dans le Nord du Mali. Aujourd’hui, ce pays du Sahel est aux bords de l’éclatement, entre le Nord et le Sud. Raison plausible pour justifier ce coup d’Etat, à en croire les premières informations recueillies à chaud. L’armée s’est sentie humiliée devant la montée en puissance de la rébellion touareg et vient de condamner le pouvoir ATT pour son laxisme, son immobilisme. Un changement de régime est en train de s’opérer et le pays s’est arrêté avec la suspension de la Constitution. Les élections prévues pour le mois d’avril sont remises en cause. La transition démocratique n’aura pas lieu jusqu’à l’organisation de prochaines élections. Il va sans dire que le programme de développement du Mali est également à l’arrêt.
Ni bons ni mauvais coups d’Etat
Autant qu’il n’y a pas de bons ni de mauvais dictateurs, autant qu’il faut s’empresser de relever qu’il n’y a pas non plus «de bons ni de mauvais coups d’Etat». Un coup d’Etat reste un coup d’Etat. Il s’agit d’une prise de pouvoir par la force, loin de toute approche démocratique. Bien plus, il s’agit d’un «coup d’Etat militaire». Donc, l’armée est impliquée, elle est concernée.
Le fait mérite que l’on s’y attarde un peu et que l’on tire des leçons essentielles qui s’imposent. En fait, l’Afrique est confrontée justement à ce problème de disposer d’«armées nationales et républicaines», en tant que socles des institutions de la République. L’Armée en Afrique, se résume souvent en «gardes prétoriennes» au parfum du clanisme, du régionalisme, du tribalisme. Une unité soi-disant d’élite qui bénéficie des largesses du régime incarné par le président en exercice, pendant que le reste de ce corps est laissé pour compte. Des frustrations apparaissent rapidement et sont à la base de ces humiliations que connaissent la plupart des temps des «armées régulières» «démotivées» face à des «rébellions armées». Le cas du Mali constitue une belle illustration.
Bien avant ce pays, d’autres régimes en Afrique qui se sont toujours appuyés sur des «gardes prétoriennes», une armée dans l’armée, ont connu le même sort.
Et pourtant, la restructuration de l’armée a toujours préoccupé au premier point ces différents régimes et leurs ténors. Mais à chaque fois, les réformes proposées sont soit mal appliquées, soit inachevées. Elles ne tiennent pas souvent compte des réalités nationales afin de mieux saisir leur mission, des priorités de la défense nationale, de l’intégrité du territoire et de la sauvegarde des attributs de l’indépendance. Des réformes sur mesure sont prises pour la conservation du pouvoir. Bien plus, les recrutements ne reposent sur aucun critère de l’excellence, mais de la tribu, de la région ou du clan. Et à la moindre secousse, ces armées s’évanouissent dans la nature, quelle que soit «l’image forte» qu’elles présentent en temps des parades. Qui l’eût cru que cette armée libyenne de Kadhafi, s’effondrerait comme un château de cartes face à ces novices qui n’ont appris à manier les armes que dans la rue ? Et pourtant, c’est la triste réalité. Aujourd’hui, l’armée malienne a subi une humiliation face aux rebelles touaregs. Humiliation qui a conduit à ce coup d’Etat militaire.
 Au cœur du problème
Ce énième coup d’Etat du Mali incite à une réflexion profonde dans cette perspective de bien conduire le processus de démocratisation et de développement en Afrique. En effet, depuis les indépendances africaines, l’armée a toujours été au cœur du problème. Dans l’Afrique des généraux, des colonels et des capitaines, l’armée a été chaque fois présentée comme un «corps organisé», susceptible de «sauver» le pays face à des politiciens indisciplinés et gloutons.

Mais à la longue, l’armée est devenue un instrument d’oppression, de conservation de pouvoir et de blocage des processus de démocratisation et de développement. Ainsi naquit «l’Esprit d’Alger» pour s’opposer à toute prise de pouvoir par la force, en Afrique.
 Il revient donc aux Africains de quitter ces vieux sentiers pour considérer l’armée, la police, les services de sécurité comme des «socles» des institutions républicaines, au service de la Nation. D’où la nécessité de gouverner autrement, de procéder à la mise en place, à la mise en œuvre des réformes courageuses pour disposer d’«armées véritablement nationales». Des armées comme une «fierté nationale» du fait d’en avoir et d’y appartenir, à l’exemple des «équipes nationales de football». Quelle belle image, celle projetée par la finale de la coupe d’Afrique des Nations 2012 qui s’est déroulée simultanément au Gabon et en Guinée Equatoriale. Une image de fierté nationale, d’une union nationale et d’une Afrique unie. C’est tout dire.
Par Freddy Monsa Iyaka Duku
© Copyright Le Potentiel
Coup d’Etat au Mali : Qu’attendent les FAA pour restaurer le régime constitutionnel

(Aminata 23/03/2012)



Ce jeudi très tôt, des militaires maliens en colère contre le régime ont annoncé la prise du pouvoir, la suspension de la constitution, la dissolution des institutions et un couvre-feu.
Le porte-parole des mutins, le lieutenant Amadou Konaré a précisé qu’ils contrôlent la présidence de la République.
Une situation qui semble se confirmer avec le silence radio des autorités légales de Bamako qui ont perdu le contrôle de l’ORTM depuis la veille.
Face à ce changement brutal de régime, la CEDEAO a fermement condamné mais l’Union africaine et ses forces africaines et attente sont muettes. Ces institutions qui doivent non seulement se prononcer sur la situation qui prévaut au Mali, ont le devoir d’agir dans le respect des textes signés par les pays membres pour concrétiser leur engagement contre tout changement inconstitutionnel en Afrique.
Le patron des FAA, l’ancien président de la transition, le Général de corps d’armée Sékouba Konaté actuellement à Addis Abeba est attendu sur la question. Et ne rien dire ou ne rien faire, fait craindre déjà face à certaines situations d’incertitudes au Sénégal qui doit aller aux élections cette semaine et en Guinée Bissau qui s’apprête pour le second tour.
Aminata.com
© Copyright Aminata
 
Les putschistes, à Bamako, ont reçu plusieurs délégations au cours des dernières 24 heures. Le représentant du secrétaire général des nations unies, said Djinnit, les représentants de la Cédéao et de l'Union africaine.
On remarque que les points de discussions portent surtout sur le "rétablissement des institutions" (les putschistes ont tout suspendu, à commencer par la constitution). Mais personne ne semble se pencher avec beaucoup d'attention sur le président Amadou Toumani Touré.
N'est-ce pas étrange, décidément ?
il est clair que ce coup d'état avait été préparé, de nombreuses sources en attestent, mais pour l'instant, ce qui a été mis en place ressemble à une situation échappant à tout contrôle. Samedi, Bamako a été plus calme, on signale moins de pillages, moins de soldats dans les rues. Mais cela ne résous en rien le problème de fond : ceux qui ont déclenché le coup d'état avaient-ils conscience qu'ils jetteraient le Mali dans une situation aussi dangereuse ?
Un ami, Malik Dechambenoit, fin connaisseur de la politique africaine pour avoir oeuvré dans plusieurs processus de paix et faire désormais du conseil à travers le contient, m'envoie cette réflexion d'une simplicité impitoyable : "Il est quand même triste que l'un des seuls présidents dans cette région qui a publiquement déclaré son intention de quitter le pouvoir et de ne pas manipuler la constitution pour un énième mandat soit renversé par des militaires à un mois des élections". Et il aurait pu ajouter : à un mois d'élections où il ne comptait pas être candidat. 
 
Quelques compléments qui me semblent importants pour être plus juste par rapport à ces putschistes :
 
- les élections étaient prévues dans un mois, certes, et ATT ne s’y serait pas présenté… sauf que la moitié du pays est en guerre ! les élections n’auraient pas pu s’y tenir. Les médias occidentaux évoquent parfois ce fait, mais sans s’y attarder, alors que c’est fondamental pour apprécier la situation. Le gouvernement gardait son mot d’ordre « les élections auront lieu » alors qu’on ne peut évidemment pas les organiser sur tout le territoire à cause de la rébellion. Donc on allait de toute façon vers l’inconnu…
 
- ATT semble presque irréprochable dans la description que vous en esquissez… il est vrai qu’il reste admirable pour son respect de la forme démocratique, depuis le coup d’état qu’il a mené, jusqu’à ses deux mandats. Mais à l’intérieur de cette démocratie exemplaire vue de l’extérieur, il a laissé prospéré non seulement les groupes d’AQMI puis les rebelles du MNLA, mais aussi et surtout un système de corruption généralisée qui ordonne la société entre ceux qui sont proches du pouvoir et donc de l’argent (politiques y compris les maires, généraux, douaniers, responsables de l’administration, etc.) et ceux qui en sont loin. Les injustices sont quotidiennes et dégoûtent les maliens de tout espoir politique. Tout s’achète en matière de pièces administratives, et même de bulletin de notes ! L’impunité des puissants est quasiment sans faille (déclaration connue d’ATT : « je ne mettrai pas de père de famille en prison » à propos des détournement d’argent au sein du gouvernement ! quand le goût du consensus devient un obstacle à tout progrès…) S’il y a 100 partis politiques au Mali, c’est parce que peu font confiance aux partis en place (et que faire de la politique est un des meilleurs moyens d’être riche au Mali !). Et un seul parti d’opposition, les autres ayant été phagocyté dans le grand système « ATT » ! Son goût du consensus, là encore, a empêché des vrais débats politiques. Ajoutons comme énorme reproche que l’on peut faire à ATT, l’abandon de l’éducation. L’université enchaîne les années blanches depuis plusieurs années, sacrifiant des générations entières de maliens alors que la moitié de la population a moins de 18 ans. Que peut espérer un pays lorsque son système éducatif marche de moins en moins bien, au lieu d’aller de mieux en mieux ? Quelle autonomie espérer sans cadres ou même techniciens formés sur place ?
 
- Bien sûr tout les autres gouvernements, et tous ceux proches du pouvoir au Mali (et les candidats à l’élection…) condamnent le coup d’état et crient à la démocratie perdue. Mais les maliens eux n’y voit pas que du mal. Au Mali, personne n’aime les coups d’état. Mais un changement n’est pas malvenu. Bien sûr, il n’est pas sûr que ce putsch permette d’améliorer la situation… ça reste une opportunité – encore faudrait-il que plutôt que de condamner de manière bornée le coup d’état (oui c’est pas bien, on sait !), les responsables de la société civile aident à avancer et travaillent avec les militaires qui souhaitent eux-même la création d’un comité national ! quant aux pays étrangers, qu’ils attendent un peu, le Mali va bien, il faut lui laisser le temps de se ressaisir…
 
Pour conclure : les votes démocratiques c’est bien, mais ça ne garantit pas un système juste où toute la population puisse espérer des lendemains meilleurs ! ne soyez pas étonné du ras-le-bol de ces militaires, qui est partagé par beaucoup de maliens très désabusé vis-à-vis d’ATT, le général du consensus qui a héroïquement offert un fonctionnement démocratique à son pays, mais qui a ensuite oublié de donner un contenu à cette démocratie, à force de se concilier tous les puissants…
 
Rédigé par : Moussa | le 24 mars 2012 à 22:55
 

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