Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 00:30

 

 

 

JP Mara

 

« Construisez le pays ! créez les infrastructures pour permettre de produire pour le bien être du peuple, mais ne touchez pas à la Constitution ! »

Par Jean-Pierre MARA

En République Centrafricaine, les principales sociétés d’Etat chargées de l’exploitation des infrastructures de base c'est-à-dire l’eau courante et potable, l’électricité (Ministère de l’Energie et les infrastructures de Télécommunication (Ministère des Postes et Télécommunications) sont  dans l’ordre la SODECA, l’ENERCA  et la SOCATEL.  A celles-ci s’ajoutent les routes et les ponts (Ministères de l’aménagement du territoire ou des travaux publics).

Les entreprises publiques auraient pu être les grands acteurs de la création de richesses nationales c'est-à-dire les maillons forts dans la création des emplois pour sortir les Centrafricains de la  misère et de la pauvreté. Il faut savoir que la RCA ne peut  survivre économiquement dans la CEMAC monétairement surévaluée, sans ces infrastructures, facteurs de construction et du  bon fonctionnement d’un pays.

Pour être clair d’entrée de jeu : ceux qui pensent qu’il faut privatiser l’ENERCA, la SOCATEL et la SODECA  pour mettre ainsi fin aux difficultés de ces sociétés d’Etat se trompent. Par contre, les propositions visant à les recapitaliser sont naturellement les bonnes, pourvu d’y ajouter deux éléments, à savoir : la bonne gouvernance et le capital humain  c’est à dire l’homme qu’il faut  à la place qu’il faut. En d’autres termes  mettre des gens qui savent de quoi ils parlent et cesser de privilégier la théorie de « l’homme de la tribu ou de l’ethnie  selon le principe du  « mo wara mo té biani ».

En fait, il faut rétablir une vraie politique de  la bonne gouvernance économique des entreprises publiques au lieu de se perdre dans la jungle de la privatisation qui rime normalement avec le Libéralisme ; il faut tirer les leçons des politiques libérales avec les conséquences visibles en Europe aujourd'hui.

La taillé du marché centrafricain est relative à   une population de 4 millions qui n’a pas le pouvoir d’achat pour faire vivre un marché libéral voir ultra libéral, orienté vers le gain rapide et facile. Nous savons tous qu’en politique libérale, une entreprise  privée ne peut investir dans les équipements lourds que si le marché lui assure le retour sur investissement immédiatement. Or les investissements dans turbines, alternateurs, transformateurs, lignes de transport haute tension, etc., qu’il faut pour améliorer  l’alimentation du pays en électricité de façon continue ne peut pas s’amortir en un an. En réalité il faudrait déjà que le marché des consommateurs dépasse le seuil du million (1.000.000) de ménages au pouvoir d’achat garanti, ce qui est loin d’être le cas de Bangui avec ces 10.000 fonctionnaires dont 2.000 ménages seulement sont électrifiés. Il n’y a donc que l’Etat susceptible d’investir  dans le renouvellement de ces infrastructures lourdes.

Il en est de même pour la SOCATEL :  Ici, seul l’Etat peut financer les investissements pour la  modernisation des équipements de téléphonie fixe et d’accès à internet haut débit en installant la fibre optique et en finançant le raccordement au réseau téléphonique public câblé de toute nouvelle construction de bâtiment public ou privé, nécessaire pour la communication des entreprises.

Comment faire ?Avant de répondre à cette question, un préalable consiste déjà à circonscrire les erreurs perpétuelles des différents gouvernements qui se succèdent en R.C.A : les exemples pour mettre en évidence ces échecs de stratégie dans le domaine de maintenance et de rénovation des infrastructures techniques de base sont les cas de la SNE privatisée pour devenir SODECA à son époque, SOCATEL et ENERCA dont on parle régulièrement de la privatisation. Quelle est la situation ?

         Lorsque vous envisagez de remplacer les tôles de votre maison qui laissent passer l’eau de pluie, vous vous adresserez aux vendeurs de tôles ou aux partenaires du fabriquant; Vous ne vous adressez pas sûrement à votre voisin qui lui, entretient la sienne mieux que vous.

     Lorsque votre voiture est en panne, vous vous adressez à un garagiste, au constructeur ou alors à son représentant; Vous ne vous adressez pas à votre voisin dont la voiture roule toujours en bon état.

Que constate-t-on comparativement en R.C.A quand il est question de réparer les pompes cassées de la SODECA, les turbines ou les transformateurs obsolètes de l’ENERCA ou encore les commutateurs vétustes de la SOCATEL ?  C’est là le paradoxe centrafricain :

         Dans le passé, les autorités s’adressaient toujours à France Télécom (FT) pour faire réparer les équipements de la SOCATEL, alors que FT n’était pas constructeur d’équipements de Télécommunication mais un exploitant au même titre que la SOCATEL. Le résultat, nous le connaissons aujourd’hui.

         Pour trouver des solutions aux problèmes de la vétusté des turbines de BOALI,  l’ENERCA ou  les autorités s’adressent  à Electricité de France  (EDF) qui n’est autre chose que l’ENERCA de la France. Ici on retrouve les mêmes erreurs que dans le cas de FT. Pourtant EDF n’est pas constructeur de Centrale ou de turbines. C’est un exploitant qui achète les Centrales chez les constructeurs AREVA, TOTAL  ou SIEMENS… etc.

         Pour trouver des solutions aux problèmes de la vétusté des pompes,  de la construction des châteaux d’Eau  ou encore des produits hygiéniques, SODECA s’adresse à la SAURE, un autre exploitant français. Nous sommes toujours dans les mêmes erreurs.

Mais pourquoi ne s’adresse-t-on pas  au canadien St-Arnaud Inc, au Français Total ou à l’allemand SIEMENS. Nous savons qu’AREVA a un passif avec le gouvernement mais de grâce, adressez-vous  aux fabricants de turbines ou de centrales hydroélectriques ? D’ailleurs, je me demande pourquoi François BOZIZE n’avait-il pas négocié la réparation des turbines de BOALI avec AREVA à l’époque des négociations sur BAKOUMA ou des milliards se versaient à tour de bras pour l’uranium ?

Les autorités et les gouvernants savent  que ces entreprises traînent des dettes colossales suite aux incapacités managériales et aux  difficultés  de gestion tout de même liées aux nominations ethniques de complaisance ; ils connaissent la vétusté des équipements de nos infrastructures dont certains datent de la période coloniale ; ils savent qu’elles (les autorités), se croient affranchies de l’obligation de payer leurs factures d’électricité et d’eau ; ils savent que  l’Administration Publique cumule les arriérés de paiement des factures d’eau et d’électricité et de téléphone; ils connaissent les raisons du phénomène de la fraude de l’électricité et de l’eau par les ménages avec la complicité des agents de ces entreprises. Et ils savent aussi que ce n’est pas de la faute des fraudeurs qui eux, sont prêts à payer si la qualité est assurée.

Et alors ! Les autorités et les gouvernants savent tout cela mais ne proposent aucune solution. Elles savent que c’est parce qu’elles ont placé des parents ou amis incompétents ou inconscients ou encore moins soucieux du sens de patriotisme qu’ils  refusent de changer l’Etat des choses ! Et nous autres savons tout cela mais ne disons rien ou manifestons de façon isolée (Kpéténé seul, Bimbo seul, Cattin seul, Boy-Rabé seul, Gobongo seul?).

Ces gouvernants qui ne veulent pas des idées de l’opposition politique, n’apportent aucune solution  viable pour le bien-être du  peuple dont ils se disent vouloir le bonheur !  Pour se moquer de ce peuple, on lui rabâche depuis des années  que des Chinois sont en train de construire BOALI. Nous savons que les Chinois financent les projets de cette envergure mais eux aussi achètent les constructions de barrages chez TOTAL, SIEMENS ou ARVEA, donc on peut négocier le financement avec eux mais acheter chez les constructeurs, n’est-ce pas ? Là ou le Gouvernement  perd de crédibilité, c’est quand on annonce dans la presse alors que la mise en route de cette construction chinoise ne résoudra jamais le phénomène de délestage chronique dans la capitale centrafricaine.  Mais alors dans ce cas, pourquoi le finance-t-on ?

Pour parler de l’Eau, la SODECA n’est même pas en mesure de la mettre en bouteille, Est-ce par manque d’imagination alors que nous avons pleins de Sources pouvant servir à cet effet ? On préfère laisser les « amis Libanais » vendre de l’eau infecte.

L’absence d’un réseau fiable du téléphone fixe nécessaire pour le fonctionnement de l’administration et des entreprises susceptibles de créer des emplois, est l’indicateur rouge qui entrave toute démarche des hommes et Femmes d’affaires. Envoyer un  fax ou téléphoner moins cher, même dans Bangui, est un calvaire. Accéder à internet ou encore réserver un nom de domaine en « .cf » relève de l’imaginaire ou de la science-fiction. J’ai essayé de réserver un nom de Domaine chez le Registrar Sud-Africain de la SOCATEL et surprise,  ce dernier me propose les tarifs suivants.

Pour mara.de(Allemagne) ou mara.fr (France)  € 9.50  MAIS pour mara.cf (CENTRAFRIQUE)  € 299.00  (OUI, vous avez bien lu : deux cent quatre vingt dix neuf euros au lieu de neuf euro cinquante !).

D’abord la SOCATEL n’a pas de serveur DNS  Root en RCA car il n’y a pas d’infrastructure! Bon, j’avoue que c’est trop technique pour le commun des mortels.  Dites-vous seulement qu’il faut passer par les routes en latérite plein de trous avant de tomber sur le goudron (c'est-à-dire la fibre optique). On se demande bien ce que  fait la SOCATEL dans ce domaine et comment l’Etat compte s’investir pour apporter la solution qu’il faut ! Là aussi, il serait intéressant de comprendre pourquoi la Fibre dont on parle depuis 2008 est toujours à l’Etat d’études des répercussions sur les riverains du tracé, comme si la route Bangui-Garouamboulaye est nocive pour les riverains. Le principe de ces études est-il vraiment de résoudre les préalables pour un départ du projet ou bien, ou bien est ce qu’elle sert de prétexte pour soustraire un plus d’argent à la Banque Mondiale  sensible aux arguments de destruction de l’éco système ?  Qu’on nous réponde !

Notre pays a vraiment besoin d’une armée forte et non tribale,  d’une bonne politique d’infrastructures de base pour la relance de l’économie. Au lieu de tripatouiller la Constitution, construisez les infrastructures de base pour permettre à l’armée de disposer des moyens pour nous protéger ! Moyens de communication, bonnes routes pour se déplacer rapidement ! Au lieu de persécuter ceux qui disent que rien ne marche, trouvez les vraies solutions pour la reconstruction de notre pays en achetant chez les équipementiers constructeurs!

C’est pourquoi il est urgent de crier « Touchez-pas à la Constitution » ! Mieux, perdez l’énergie à produire de l’Eau courante et propre, de l’Electricité, à construire les ponts, les routes et le téléphone fixe pour le bon fonctionnement des opérateurs économiques, de l’administration, de l’Armée  Nationale et les autres forces de l’ordre pour garantir la paix et la sécurité physique et alimentaires de la population.

Paris le 4 Avril 2012 

Jean-Pierre MARA

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Opinion