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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 16:09

 

 

 

 

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BAMAKO 22.03.2012 15h46 (AP) — Des soldats mutins se livraient jeudi à des pillages dans le palais présidentiel de Bamako, où des tirs résonnaient toujours, quelques heures après l'annonce du renversement d'Amadou Toumani Touré, président de l'une des rares démocraties d'Afrique, un mois avant la fin légale de son mandat.

Dans la capitale Bamako, où de jeunes soldats circulant à moto tiraient en l'air, les magasins restaient fermés et les rues étaient désertes après l'annonce du putsch.

Les informations étaient contradictoires sur la situation du président Touré, depuis l'annonce par les soldats, en tout début de matinée, de la prise du pouvoir sur les ondes de la télévision publique. Un conseiller proche du ministre de l'Intérieur a déclaré que le chef de l'Etat avait été escorté jusqu'à un camp militaire, protégé par des gardes au béret rouge. Un autre a démenti l'information, affirmant qu'il n'était pas sur la base.

Les soldats ont trouvé le palais quasiment vide quand ils l'ont investi.

Devant les caméras, le groupe d'une vingtaine de putschistes en tenue de combat a lu un communiqué annonçant que le Mali était désormais sous contrôle d'un mystérieux Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat, ou CNRDR. Ils ont annoncé la suspension de la Constitution et la dissolution des institutions.

Les mutins ont justifié ce geste par la mauvaise gestion par le gouvernement civil de la rébellion touarègue dans le nord désertique du pays depuis la mi-janvier, dénonçant "l'incapacité du gouvernement à donner aux forces armées les moyens nécessaires de défendre l'intégrité de notre territoire national".

Les Touaregs se révoltent régulièrement contre le pouvoir central au Mali depuis l'indépendance de la France en 1960. Le dernier épisode en date, à la mi-janvier, a provoqué la fuite de dizaines de milliers de personnes vers quatre des pays voisins.

Cette nouvelle insurrection est une conséquence de la crise libyenne: elle a fait suite au retour au Mali de combattants touaregs lourdement armés, après avoir servi dans les troupes d'élite du régime de Moammar Kadhafi.

De nombreux soldats ont été tués dans ce conflit, et le mécontentement grondait dans les rangs de l'armée malienne, les hommes se plaignant de manquer de moyens, d'armes et munitions mais aussi de vivres.

Le bilan militaire des affrontements n'a jamais été publié, mais le mois dernier, les veuves de soldats, furieuses, ont interpellé publiquement le président Touré, alors que les critiques se multipliaient sur la manière dont son gouvernement gère le conflit.

Les soldats mutins ont dit avoir imposé un couvre-feu dans tout le pays, enjoignant à la population d'éviter les rues jusqu'à plus ample informé. L'aéroport a été fermé, poussant à faire demi-tour un avion qui se dirigeait vers Bamako.

Le CNRDR a "décidé d'assumer ses responsabilités et de mettre un terme au régime incompétent et désavoué d'Amadou Toumani Touré", selon le terme de son communiqué. Et d'affirmer que l'objectif n'était pas la confiscation du pouvoir, s'engageant à le remettre aux civils quand "l'intégrité du territoire aura été rétablie".

La déclaration des soldats mutins sur les ondes intervenait quelques heures après un premier démenti du palais présidentiel, qui avait affirmé via Twitter qu'il n'y avait pas de coup d'Etat en cours et qu'il s'agissait d'une simple mutinerie.

Les troubles avaient commencé mercredi, avec des blindés encerclant le siège de la télévision d'Etat dans l'après-midi, tandis qu'en soirée, une garnison se mutinait à Gao, la grande ville du nord, à 3.200 km de Bamako.

Le président Touré, connu sous ses initiales d'ATT, était lui-même arrivé au pouvoir une première fois via un coup d'Etat, en 1991, avant de devenir l'un des rares putschistes à remettre le pouvoir aux civils de son propre chef. Une décennie plus tard, il remportait l'élection démocratique, en 2002. A 63 ans, il devait céder les commandes le mois prochain après deux mandats de cinq ans.

Outre la rébellion touarègue, le nord du Mali est en proie à la menace d'Al-Qaïda, qui se joue des frontières dans cette région du Sahara: des militants proches d'AQMI, la branche maghrébine du mouvement terroriste fondé par Oussama ben Laden, sont très actifs dans le secteur, où ils ont enlevé et détenu de nombreux étrangers.

L'armée américaine notamment participe à des missions de formation à la lutte anti-terroriste auprès de l'armée malienne.

Dans la journée, la France a "décidé de suspendre toutes ses coopérations régaliennes avec le Mali". "Nous maintenons notre aide en faveur de la population, en particulier l'aide alimentaire, et nous poursuivons notre action dans la lutte contre le terrorisme", précise le Quai d'Orsay dans un communiqué.

Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé avait déclaré jeudi matin sur Europe-1 que Paris condamnait "ce coup d'Etat militaire parce que nous sommes attachés au respect des règles démocratiques et constitutionnelles".

"Nous demandons le rétablissement de l'ordre constitutionnel, des élections", qui étaient à l'origine "programmées pour le mois d'avril", a ajouté le chef de la diplomatie française. "Il faut qu'elles aient lieu le plus vite possible pour que le peuple malien puisse s'exprimer".

La Tunisie également s'est dite "préoccupée" par la situation, disant "suivre de près l'évolution des événements dans ce pays frère". AP

 

   

Coup d'Etat militaire au Mali, frontières fermées

Par David Lewis et Tiemoko Diallo| Reuters 

BAMAKO (Reuters) - Les militaires mutinés au Mali ont annoncé jeudi à la télévision nationale qu'ils s'étaient emparés du pouvoir devant l'incapacité du gouvernement d'Amadou Toumani Touré à mater la rébellion touarègue dans le nord du pays.

Les institutions ont été dissoutes, la Constitution suspendue, un couvre-feu décrété et les frontières fermées. Les putschistes, des officiers dont les grades ne dépassent pas celui de capitaine, ont promis de remettre le pouvoir à un nouveau gouvernement démocratiquement élu dès que le pays serait réunifié et que son intégrité ne serait plus menacée.

Par la voix d'Alain Juppé, la France, ex-puissance coloniale, a exprimé sa "très vive préoccupation à la suite du coup d'État qui vient de se produire au Mali" et condamné "avec la plus grande fermeté ce renversement par la force de l'ordre constitutionnel".

Le ministre français des Affaires étrangères a également appelé "au rétablissement de la Constitution et des institutions, au respect des libertés et des droits fondamentaux et tout particulièrement de la personne du président M. Amadou Toumani Touré".

Dans l'intervalle, Paris suspend "toutes ses coopérations régaliennes avec le Mali" mais maintient ses programmes d'aide en faveur de la population et de "lutte contre le terrorisme" - le Mali est situé en pleine "zone grise", cette bande de l'Afrique subsaharienne où opèrent des groupes affiliés à Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

"METTRE FIN AU RÉGIME INCOMPÉTENT ET DÉSAVOUÉ D''ATT'"

A Bamako, les mutins, regroupés au sein d'un Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDR), présidé par le capitaine Amadou Sanogo, ont annoncé la fermeture des frontières terrestres et aériennes du pays.

Flanqué d'une vingtaine de soldats, leur porte-parole, le lieutenant Amadou Konaré, est apparu à la télévision pour expliquer qu'ils avaient "décidé de prendre leurs responsabilités en mettant fin au régime incompétent et désavoué de M. Amadou Toumani Touré", accusé d'impuissance face à la rébellion touarègue.

Ces derniers temps, la colère n'avait cessé d'enfler au sein de l'armée contre le manque de moyens mis à sa disposition pour lutter contre le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA).

Les rebelles touaregs du MNLA, qui revendiquent trois régions septentrionales pour créer une enclave dans le nord du pays, ont engrangé des succès sur le terrain ces dernières semaines, en partie grâce au renfort de combattants de retour de la guerre civile en Libye. Ces combats ont fait des dizaines de morts et 200.000 déplacés.

Les rebelles se sont notamment emparés, ce mois-ci, de la ville de garnison de Tessalit, près de la frontière algérienne.

En dépit du couvre-feu décrété jusqu'à nouvel ordre, automobilistes et motocyclistes continuaient à circuler jeudi dans les rues de la capitale, où des soldats tiraient en l'air par moments, a constaté jeudi un journaliste de Reuters.

L'aéroport de Bamako a été bouclé par des policiers, et non par des militaires, et il est impossible de savoir si les mutins disposent de suffisamment de moyens pour boucler les frontières d'un pays grand comme deux fois la France et qui compte sept Etats voisins.

Dans la nuit précédente, des tirs sporadiques à l'arme lourde et des balles traçantes ont retenti à Bamako, et les mutins ont temporairement contraint la radio-télévision nationale à cesser d'émettre.

Aucun décès n'a été signalé, mais un responsable de l'hôpital Gabriel-Touré de Bamako a indiqué qu'une vingtaine de personnes blessées par balles avaient été admises.

UNE VISITE MINISTÉRIELLE, ÉLÉMENT DÉCLENCHEUR DES ÉVÉNEMENTS

C'est mercredi soir que les soldats mutinés ont attaqué le palais présidentiel, où ils sont entrés dans la nuit.

Parlant alors de "tentative de coup d'Etat", une source au ministère de la Défense a confié que le président Amadou Toumani Touré se trouvait en lieu sûr, sans préciser où.

En février, Bamako avait été brièvement paralysé par des barricades érigées par des centaines de Maliens en colère, qui avaient brûlé des pneus dans les rues en signe de protestation contre l'incapacité des autorités à mater la rébellion.

Selon une source militaire, l'un des déclics des événements de mercredi a été la visite du ministre de la Défense dans une caserne située à Kati, à une vingtaine de kilomètres au nord de Bamako.

Un fonctionnaire du ministère qui était présent lors de la rencontre à Kati a expliqué qu'un soldat l'avait accusé de trahir l'armée en ne lui accordant pas les moyens nécessaires pour combattre les rebelles. Des soldats se sont mis alors à lancer des pierres en direction du ministre avant de prendre des armes à l'armurerie et de tirer en l'air.

Sur le plan international, quelques heures avant l'intervention des mutins à la télévision nationale, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a lancé un appel au calme et demandé que les doléances des révoltés soient évoquées dans un cadre démocratique.

Jean Ping, président de la Commission de l'Union africaine (UA), s'est déclaré, lui, "vivement préoccupé par les actes répréhensibles perpétrés actuellement par certains éléments de l'armée malienne".

Une élection présidentielle était programmée pour le 29 avril. Amadou Toumani Touré ("ATT"), au pouvoir depuis 2002, avait annoncé qu'il ne serait pas candidat.

Avec Adama Diarra à Bamako et Richard Lough à Nairobi; Bertrand Boucey, Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Gilles Trequesser et Jean-Philippe Lefief

L’Union africaine condamne fermement le coup d’Etat au Mali

ADDIS ABEBA AFP / 22 mars 2012 15h56 - Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping, a condamné fermement jeudi dans un communiqué le coup d'Etat militaire au Mali et a demandé aux mutins de mettre un terme à leur action.

Le président de la Commission condamne fermement cet acte de rébellion qui porte gravement atteinte à la légalité constitutionnelle et constitue un sérieux recul pour le Mali et pour les processus démocratiques en cours sur le continent, selon un communiqué de l'Union africaine.

M. Ping rappelle la politique de zéro tolérance de l'Afrique pour tout changement anticonstitutionnel et son rejet total de toute prise de pouvoir par la force.

A cet égard, il demande instamment aux éléments mutins de mettre un terme immédiat à leur action et de se soumettre à la légalité constitutionnelle. Il exhorte l'institution militaire à demeurer résolument au service des autorités civiles démocratiquement élues, poursuit le texte.

Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine devait tenir vendredi une réunion d'urgence, au niveau des ambassadeurs, consacrée à la situation au Mali, a-t-on précisé dans l'entourage de M. Ping.

L'Union africaine était par ailleurs en contact jeudi avec la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), qui a également fermement condamné le coup d'Etat militaire au Mali, et de possibles initiatives conjointes étaient à l'étude pour obtenir un retour à l'ordre constitutionnel au Mali, que les deux institutions réclament, a-t-on appris de source diplomatique.

Des militaires ont annoncé jeudi avoir renversé le pouvoir au Mali après plusieurs heures d'affrontements, l'accusant d'incompétence dans la lutte contre la rébellion touareg et les groupes islamistes dans le nord du pays.

Le Mali est confronté depuis mi-janvier à des attaques du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et d'autres rebelles touareg - dont des hommes lourdement armés ayant combattu en Libye pour le régime de Mouammar Kadhafi - qui ont pris plusieurs villes du nord du pays.

Le gouvernement malien a accusé Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui a des bases dans le nord du Mali d'où elle opère dans plusieurs pays du Sahel, de combattre avec le MNLA.

Selon un militaire loyaliste et un membre de son entourage, le président malien Amadou Toumani Touré est en sécurité entouré de sa garde présidentielle dans un camp militaire de Bamako.

La situation restait floue à Bamako, où des tirs sporadiques étaient entendus.


(©)

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