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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 01:31

 

 

 

 

 

DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DU RASSEMBLEMENT

 

DU PEUPLE DE COTE D’IVOIRE (RPCI)

 

SUR LA SITUATION SOCIOPOLITIQUE NATIONALE

 

 

 

D’avril 1990 à Juillet  2012, soit environ  22 ans après la proclamation formelle du retour au multipartisme, la Côte d’Ivoire peine toujours à retrouver la voie de la démocratie et de l’Etat de droit, gage d’une paix durable.

 

Au cours de cette période, le refus de l’alternance démocratique par les différents régimes qui se sont succédé au pouvoir dans notre pays a engendré de nombreux remous sociopolitiques, voire des  conflits armés dont la dernière crise post électorale, la plus meurtrière, a ruiné l’économie de notre pays, mis à mal l’unité nationale et profondément fragilisé le tissu social.

 

Aujourd’hui, un an après l’investiture du nouveau Président de la République et malgré la volonté affichée du gouvernement d’aller de l’avant, force est de reconnaitre que l’enthousiasme et l’espoir légitimes suscités par ce changement sont loin de trouver un début de justification.

 

A l’occasion de ce petit déjeuner de presse, notre Parti, le RPCI, dont la raison d’être est de réconcilier le citoyen avec lui-même et avec la République, c’est-à- dire avec les principes universels d’égalité, de liberté, de solidarité, entend donner son appréciation de la situation nationale et faire des propositions.

 

 

 

I-                   Contexte national et notre analyse

 

La crise postélectorale  a impacté très négativement sur les principaux  leviers de notre pays, notamment la sécurité, l’économie, l’emploi, le foncier rural, la justice, l’école, la santé, la cohésion sociale…

 

1.       La question de la sécurité.

 

Les attaques à mains armées, les braquages, les pillages de domiciles, les incursions des mercenaires et autres miliciens, notamment à l’ouest du pays, sont autant de menaces graves contre le processus démocratique  et la quiétude des populations.

 

Le programme Démobilisation-Réinsertion des anciens ex-combattants semble avoir échoué. A preuve, nombre de ces ex-combattants détiennent encore des armes de guerre avec lesquelles ils terrorisent et rackettent les populations.

 

2.       Au plan économique

 

 Si, selon les spécialistes, la relance économique semble être amorcée grâce aux réformes engagées et au  retour annoncé des bailleurs de fonds, le coût de la vie reste insupportable pour les Ivoiriens : en effet, les produits de première nécessité et de grande consommation comme le riz, le lait, le sucre, la viande etc. sont hors de portée de l’écrasante majorité des Ivoiriens.

 

Les marchés sont mal approvisionnés pour plusieurs raisons : l’insécurité sur les routes, le cout excessif du transport, les rackets. En outre, ces marchés se caractérisent par le désordre et l’indiscipline des acteurs du secteur qui échappent totalement au contrôle des services de l’Etat. Les monopoles et les quotas gangrènent le milieu et ont une répercussion désastreuse sur le consommateur.

 

Aussi faut-il le rappeler, les salaires des fonctionnaires sont bloqués depuis plus de 20 ans ; en conséquence, les salaires de base sont devenus dérisoires et le pouvoir d’achat complètement étriqué. Or, à cause du chômage et de la paupérisation généralisée des populations, tout travailleur ivoirien, du privé comme du public, a à sa charge plus de 20 personnes.

 

Par ailleurs, au plan macroéconomique, la Côte d’Ivoire serait à une croissance de 8%.

 

Le RPCI constate que les effets conjugués de ces équilibres macroéconomiques tardent à se faire sentir sur le marché.

 

 

 

3.       La question du  foncier rural

 

Les problèmes liés au foncier rural ne datent pas d’aujourd’hui. Ils se posaient déjà sur l’ensemble du territoire national ; ce qui a motivé la loi de 1998.

 

Toutefois, on doit reconnaitre qu’après la crise, des paramètres nouveaux s’y sont ajoutés, le désordre a prospéré et les problèmes se sont exacerbés. Dans l’Ouest du pays, les conflits se trouvent aggravés du fait de l’occupation abusive des terres par des ex-combattants étrangers qui se payent ainsi leur participation à la guerre. De même, dans d’autres régions, et particulièrement dans le Sud-ouest et dans le Nord, des ressortissants de pays voisins, profitant du désordre, vont jusqu’à éliminer physiquement des paysans ivoiriens pour s’approprier leurs exploitations. 

 

A tout cela s’ajoute le délicat problème de la vente illicite des terres à des tiers par des autochtones ; ce qui complique davantage la gestion de la question du foncier rural.

 

 

 

4.           La réconciliation nationale,

 

La réconciliation des Ivoiriens est une question essentielle pour le devenir  de la Côte d’ivoire. C’est pourquoi la mise en place de la  Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation(CDVR) a suscité beaucoup d’espoir. Malheureusement,  cette réconciliation tarde à venir parce que la Commission piétine faute de méthode appropriée pendant que le Gouvernement tergiverse.

 

Et pourtant les velléités de belligérance persistent et les discours guerriers, de part et d’autre, refont surface.      

 

                                 

 

5.       La justice et l’impunité

 

L’institution judiciaire en Côte d’ivoire n’inspire confiance ni aux populations, ni aux investisseurs. Notre justice est taxée de corrompue et d’inique. Elle doit être un instrument de la réconciliation nationale que tous les Ivoiriens appellent de leurs vœux. Pour ce faire, il est impérieux qu’elle opère sa mue et fasse de la lutte contre l’impunité, son cheval de bataille.

 

Or, la réforme annoncée de cette  justice tarde à se faire.

 

 

 

6.       L’enracinement de la démocratie

 

Il faut consolider les acquis démocratiques et les renforcer ; cela passe par :

 

·         La révision de la constitution qui contient des éléments confligènes ;

 

·         Un découpage électoral consensuel ;

 

·         La recomposition de la Commission Electorale Indépendante pour tenir compte du nouveau contexte ;

 

·         La définition d’un statut de l’opposition ;

 

·         Le financement des partis politiques sur la base des critères consensuellement arrêtés

 

Tous ces problèmes bien qu’abordés par le Conclave de Grand Bassam, restent encore au stade de projet. 

 

Comme nous le constatons, les problèmes sont nombreux qui assaillent les Ivoiriens au quotidien. Ils ne sont pas insurmontables. Le RPCI considère qu’avec une réelle volonté politique, ces problèmes peuvent se résoudre ; dans cette perspective, voici quelques propositions du RPCI pour aider au retour définitif de la paix afin d’entamer  la reconstruction du pays.

 

 

 

II-                  Nos propositions

 

1.      Sur  la sécurité.

 

Pour le RPCI, l’armée nationale doit:

 

·         Etre un facteur et un élément de la cohésion nationale ;

 

·         se muer en une véritable armée républicaine qui protège toutes les populations sur l’ensemble du territoire national  et en qui tous les citoyens, sans exclusive, doivent se reconnaitre.

 

C’est pourquoi, le gouvernement devra s’atteler à:

 

·          Instaurer la discipline au sein de nos forces armées ;

 

·         former urgemment  nos forces de défense et de sécurité afin d’y annihiler toute mentalité ethnocentrique ou régionaliste ;

 

·         Les doter de moyens logistiques modernes pouvant permettre de détecter tout danger et d’intervenir, en cas de nécessité, en tout temps et en tout lieu.

 

·          Améliorer et amplifier l’opération DDR pour encaserner tous les ex-combattants et les employer aux tâches du service civique tel qu’il existait auparavant, notamment en recréant les camps de jeunesse pour leur donner une formation adéquate ;

 

·         Appliquer des critères objectifs pour la promotion au sein de l’armée ;

 

·         Opérer une réelle intégration au sein de nos forces de défenses et de sécurité. Le dédoublement dans les hiérarchies au niveau du commandement n’est pas de nature à favoriser cette intégration ;

 

·         Revenir à l’ancienne dénomination FANCI car l’appellation FRCI est trop connotée.

 

Par ailleurs, indépendante depuis plus de cinquante (50) ans, la Côte d’Ivoire doit désormais assumer sa pleine souveraineté et doit être sécurisée par son armée ainsi reformée et non par une armée étrangère. C’est pourquoi le RPCI estime que la question de la présence des bases militaires dans notre pays, notamment la Licorne et le 43e BIMA, mérite d’être élucidée et reconsidérée.

 

Pour nous, les missions assignées à ces armées étrangères sont à circonscrire dans le temps et à être spécifiquement orientées vers la formation de nos forces de défenses et de sécurité, seules, gage de la sécurité de notre nation.

 

2.      Sur la question de la cherté de la vie

 

Le Gouvernement devra impérativement :

 

 

 

·         Encourager la consommation en organisant le marché ;

 

 

 

·         Briser tout système de monopoles, de quotas qui entoure les produits de grande consommation comme le riz, le sucre, le poisson, le bétail, la volaille, le lait, etc. ;

 

 

 

·         Briser également le monopole sur tous les matériaux qui rentrent dans la construction immobilière : sable, bois, tôle, ciment, fer ;

 

 

 

·         Revoir à la baisse les prix des produits énergétiques : pétrole, gaz, carburants…

 

 

 

·         Prendre une loi contre l’enrichissement illicite ;

 

 

 

·         Engager rapidement une véritable politique d’autosuffisance alimentaire ;

 

 

 

·         Combattre la fraude en renforçant les capacités de  contrôle de la douane afin d’éviter de déverser sur notre territoire des produits avariés, prohibés et de contrebande ;

 

 

 

·         Combattre vigoureusement la corruption et le racket à tous les niveaux ;

 

 

 

·         Procéder enfin au  déblocage et à la revalorisation des salaires : ceci aura l’avantage de booster la consommation.

 

 

 

 

 

3.      Concernant le foncier rural

 

Le RPCI considère qu’il faut :

 

·         Appliquer la loi de 1998 dans sa lettre et son esprit ;

 

·         Expulser tous les clandestins qui se sont installés dans les forets classées, parcs et réserves ;

 

·         Restituer à leurs véritables propriétaires, les exploitations et les terres dont ils ont été dépossédé.

 

Le RPCI se félicite de l’engagement du gouvernement à prendre à bras le corps le problème du foncier et espère que cette question trouvera urgemment une solution définitive.

 

 

 

4.      Sur la réconciliation nationale

 

Le RPCI pense que le Gouvernement doit :

 

·         Mettre fin à la présence anarchique et gênante des dozos et autres ex-combattants disséminés sur toute l’étendue du territoire car cela ne contribue pas à la réconciliation nationale ;

 

·         Instaurer un dialogue social avec toutes les couches socio-professionnelles ;

 

·         Mettre en place un véritable code de la laïcité pour régir, de manière stricte et transparente, la problématique de la laïcité dans notre pays ;

 

·         Gérer les affaires de l’Etat avec impartialité, justice et équité en évitant toute tendance au népotisme, au régionalisme et tout chauvinisme de parti ;

 

 

 

·         Lutter contre l’impunité ;

 

 

 

·         Promouvoir une politique de l’auto-emploi des jeunes en créant des fonds de garantie logés dans des banques afin de leurs permettre de bénéficier de prêts ;

 

 

 

·         Rendre opérationnelles les structures d’encadrement existant pour accompagner les jeunes dans la gestion de leurs projets.

 

 

 

Le RPCI se félicite de la création d’une Commission Dialogue, Vérité et réconciliation(CDVR). Toutefois, il regrette que la CDVR ne communique pas assez au point de donner l’impression qu’elle piétine.

 

 

 

5.      La question de l’impunité

 

Elle est antinomique à la culture de la démocratie, notamment les droits de l’homme et la bonne gouvernance. Or, depuis plus de dix(10) ans, l’impunité reste de mise dans notre pays.

 

Il faut absolument y mettre fin  tant à l’aide d’une justice nationale qu’internationale (La CPI), mais impartiale et équitable.

 

Pour nous, tous les auteurs de crimes de sang ou de crimes économiques commis de part et d’autre doivent être jugés quel que soit le camp des présumes coupables et quelle que  soit leur position dans la hiérarchie sociale, militaire, administrative et politique.

 

Ce combat contre l’impunité doit prendre en compte toute la période allant du 19 septembre 2002 au 11 avril 2011.

 

6.      L’école et la santé

 

L’école ivoirienne est en faillite depuis longtemps. Sa revalorisation s’impose aujourd’hui avec acuité : c’est pourquoi, l’on doit procéder, avec célérité, à une reforme profonde de notre système éducatif pour redonner à l’école ivoirienne toutes ses lettres de noblesse.

 

De même, il est impérieux de revoir de fond en comble notre système de santé pour le rendre plus performant. Dans cette optique, la question centrale du financement de la santé est à régler une bonne fois pour toute.

 

 

7.      De la démocratisation véritable de notre pays

 

Sortis très divisés de la longue crise sociopolitique notamment la dernière crise postélectorale, les  Ivoiriens, estime le RPCI, doivent être de nouveau rassemblés sur la base des valeurs de justice, de démocratie, d’égalité et de solidarité sans autre considération régionaliste, communautaire ou ethnocentrique .

 

C’est pourquoi, au moment où notre pays amorce une nouvelle phase de sa vie politique, il faut :

 

·         Redonner droit au débat démocratique sur la base des sensibilités politiques et idéologiques ;

 

·         renforcer non seulement les acquis démocratiques, mais aussi, consolider et enraciner la culture démocratique  en Côte d’Ivoire afin de mettre définitivement fin à la situation de belligérance vécue par notre pays ces dix dernières années.

 

Cela passe d’abord par :

 

1)       L’organisation d’élections libres, transparentes, ouvertes à tous et sans conflits

 

2)       La moralisation de la vie publique et la bonne gouvernance : la gestion de la chose publique et du patrimoine de l’Etat doit requérir toute la rigueur nécessaire et une transparence absolue. Cela nécessite non seulement la réalisation effective et la publication  des audits promis et diligentés par le Gouvernement mais également  de la transparence dans l’octroi des marchés publics.

 

3)       L’adoption d’une nouvelle constitution : le caractère confligène de certains articles de la constitution du 01 Aout 2000 est pour partie à la base de la crise que notre pays a connue. Il y a donc nécessité de rédiger et adopter une nouvelle constitution dans laquelle tous les citoyens doivent se reconnaitre égaux en droits et en devoirs.

 

4)       Le code électoral : Il constitue l’un des acquis démocratiques majeur de notre pays. Cependant, après la crise que la Côte d’Ivoire vient de traverser, il nous semble opportun d’en revisiter le contenu en vue d’améliorations nécessaires face aux enjeux actuels afin d’obtenir un consensus sur les règles du jeu démocratique.

 

5)       La révision de la composition de la Commission Electorale Indépendante  pour l’adapter au nouveau contexte.

 

6)       Le découpage électoral : Pour le RPCI, découpage administratif n’est pas synonyme de découpage électoral qui est plutôt relatif à la cartographie électorale de notre pays. Cette cartographie qui doit être réalisée sur des bases objectives, rationnelles et non partisanes, mérite d’être révisée pour être en adéquation avec l’évolution démographique de notre pays.

 

Par ailleurs, la proximité entre les élus et la population est considérée en principe comme un critère de bonne démocratie : il est donc souhaitable d’aller vers la suppression du scrutin de listes pour les élections législatives et le concept d’arrondissements pour les grandes métropoles comme Abidjan, Bouaké, Daloa etc.

 

7)       Le financement des partis politiques : Ce financement, conformément à la loi en vigueur, doit être réalisé en toute transparence et avec rigueur. Il ne doit aucunement apparaitre comme une faveur du gouvernement quel qu’il soit.

 

Notre Parti propose à cet effet une réécriture de la loi portant financement des partis politiques, en vue de l’adapter au contexte actuel.

 

8)       Le financement de l’élection présidentielle : Cette question est primordiale pour une démocratie véritable. Le principe de base est de donner une égalité de chance à tous les candidats retenus par le conseil constitutionnel. Ce financement doit être strictement réglementé pour éviter notamment l’utilisation des moyens de l’Etat par tout candidat. C’est tout le sens du suffrage universel direct qui ne doit en aucun cas se transformer en un suffrage censitaire.

 

9)       L’utilisation des medias d’Etat et de service publics : elle doit être démocratiquement organisée dans le souci d’un égal accès. A cet égard le RPCI propose la règle des trois tiers :

 

·         un tiers de temps consacré aux activités gouvernementales ;

 

·         un tiers de temps consacré à la majorité présidentielle ;

 

·         un tiers de temps consacré à l’opposition.

 

10)   La réaffirmation de la liberté de la presse et la responsabilisation des journalistes : à cet effet, il convient de mettre en place un fonds de soutien pour la formation des journalistes.

 

 

Le RPCI reste convaincu que les problèmes que connaît notre pays ne sont pas sans solutions et qu’avec une volonté politique soutenue, des réponses appropriées peuvent y être apportées.

 

 

 

                                    Fait à Abidjan, le 31 Juillet 2012

 

                       Pour le RPCI                                                                                                      

 

 Le PRESIDENT

 

 

 

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                                                            Professeur BAMBA MORIFERE

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