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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 23:57

 

 

éléments pro-Ouattara

 

 

 

9 Avril,2011 Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch

Le nouveau gouvernement devra mener des enquêtes et poursuivre en justice les auteurs des atrocités perpétrées par les deux camps

 

« Ce n'est pas en tuant et violant des civils que les forces d'Alassane Ouattara devraient mettre fin à ce conflit.Il faut, pour que la Côte d'Ivoire puisse émerger de cette effroyable période, qu'Alassane Ouattara respecte son engagement public d'enquêter sur les violences perpétrées par les deux parties et de poursuivre leurs auteurs en justice. »

 (Zwedru, le 9 avril 2011) - Les forces loyales au président élu Alassane Ouattara ont tué des centaines de civils, violé plus de 20 femmes et filles perçues comme appartenant au camp de son rival, Laurent Gbagbo, et incendié au moins 10 villages dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les forces loyales au président Gbagbo ont quant à elles tué plus de 100 partisans présumés de Ouattara lors de l'avancée de ses forces pendant la campagne de mars. Dès son accession au pouvoir, Alassane Ouattara devra de toute urgence ouvrir une enquête crédible et impartiale sur les graves exactions commises par les deux camps et veiller à ce que les responsables à tous les niveaux soient poursuivis en justice, a ajouté Human Rights Watch.

Les personnes avec qui Human Rights Watch s'est entretenu ont décrit comment, village après village, les forces pro-Ouattara, maintenant appelées les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), ont sommairement exécuté et violé des partisans supposés de Laurent Gbagbo, alors qu'ils étaient chez eux, qu'ils travaillaient dans les champs, qu'ils fuyaient ou tentaient de se cacher dans la brousse. Les combattants ont souvent sélectionné leurs victimes en fonction de leur origine ethnique et les attaques ont touché de façon disproportionnée les personnes trop âgées ou trop faibles pour fuir.

« Ce n'est pas en tuant et violant des civils que les forces d'Alassane Ouattara devraient mettre fin à ce conflit », a déclaré Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch. « Il faut, pour que la Côte d'Ivoire puisse émerger de cette effroyable période, qu'Alassane Ouattara respecte son engagement public d'enquêter sur les violences perpétrées par les deux parties et de poursuivre leurs auteurs en justice. »

Dans un cas particulièrement atroce, des centaines de civils de l'ethnie Guéré, perçus comme des partisans de Laurent Gbagbo, ont été massacrés dans la ville de Duékoué, dans l'ouest du pays, par un groupe constitué de diverses forces pro-Ouattara, dont des unités des Forces Républicaines, lesquelles sont sous le haut commandement du premier ministre d'Alassane Ouattara, Guillaume Soro.

Trois chercheurs de Human Rights Watch ont mené des enquêtes dans la région de Grand Gedeh, au Libéria, du 26 mars au 7 avril. Ils se sont entretenus avec plus 120 victimes et témoins de violations des droits humains commises par les forces des deux camps dans la région de l'extrême ouest de la Côte d'Ivoire. Plus de 40 000 Ivoiriens ont fui vers le Grand Gedeh en raison des combats. Human Rights Watch a également interviewé par téléphone près de 20 victimes et témoins encore présents à Guiglo, Duékoué et Bloléquin, à l'extrême ouest du pays.

Les violences constatées par Human Rights Watch se sont produites du 6 au 30 mars 2011, alors que les villes de Toulepleu, Doké, Bloléquin, Duékoué et Guiglo, dans l'ouest du pays, toutes auparavant contrôlées par les forces pro-Gbagbo, tombaient aux mains des forces pro-Ouattara qui voulaient destituer Laurent Gbagbo par la force. Ce dernier persiste dans son refus de céder le pouvoir à son rival, Alassane Ouattara, reconnu par la communauté internationale comme le vainqueur des dernières élections présidentielles.

Les Forces républicaines de Côte d'Ivoire d'Alassane Ouattara constituent une coalition  floue, composée de combattants qui étaient auparavant  membres des Forces Nouvelles, l'armée rebelle de longue date commandée par Guillaume Soro et qui contrôlait déjà la moitié nord du pays   fin 2002. Les Forces républicaines ont depuis intégré dans leurs rangs des anciens soldats de l'armée ivoirienne, ainsi que des policiers et des gendarmes qui étaient précédemment au service de Laurent Gbagbo et qui ont récemment fait défection.

Dans chaque village au sujet duquel Human Rights a mené des recherches, des combattants des Forces républicaines s'étaient livrés au meurtre, au viol et au pillage de la population constituée principalement de Guérés. Originaires de l'ouest de la Côte d'Ivoire, les Guérés ont largement voté pour Laurent Gbagbo aux élections présidentielles de 2010. Une femme de 47 ans a raconté à Human Rights Watch que des combattants avaient tué sous ses yeux son père, son mari et son fils de 10 ans, non loin de la plantation de cacao de la famille, près de Doké. Un homme de 32 ans a rapporté comment les forces pro-Ouattara étaient entrées dans Diboké et avaient ouvert le feu sur des habitants qui étaient sortis de leurs maisons en courant, ne sachant pas à quel camp appartenaient les combattants qui les attaquaient. L'homme a vu trois personnes se faire tuer juste devant lui. Dans au moins 10 villages non loin de Toulepleu et de Bloléquin, les habitants ont dit qu'ils s'étaient cachés dans la brousse et avaient vu les Forces républicaines mettre le feu aux maisons ainsi qu'aux greniers ou étaient stockés les récoltes et les semences. Les témoins ont également raconté avoir vu ces combattants abattre les animaux et voler tout ce qui avait de la valeur.

De nombreux habitants ont fui en prévision ou à l'arrivée des forces pro-Ouattara dans le village. D'autres habitants, en particulier des personnes âgées, qui n'avaient pas pu parcourir les 40 kilomètres à pied pour se réfugier au Libéria voisin, ont été capturés par les Forces républicaines et détenus dans leurs villages. Human Rights Watch a recueilli des informations sur l'exécution de plus de 30 de ces captifs civils. Une femme de 67 ans a raconté comment des combattants pro-Ouattara venaient tous les jours chercher plusieurs captifs - souvent des hommes et des femmes entre 60 et 80 ans - et les exécutaient à bout portant.

Des dizaines de femmes ont également été détenues pendant un jour ou plus et ont été violées à plusieurs reprises. Une femme de Bakoubli, près de Toulepleu, a indiqué que les forces pro-Ouattara l'ont violée devant ses enfants, puis ont tué son mari qui tentait de s'interposer.

Les exactions perpétrées durant un mois d'attaques contre les civils Guérés dans l'extrême ouest du pays, pendant tout le mois de février, a culminé dans le massacre de centaines d'habitants de la ville de Duékoué le 29 mars. Après avoir sécurisé la ville ce matin-là, les combattants des Forces républicaines, accompagnés de deux groupes de miliciens pro-Ouattara, se sont dirigés vers le quartier de Carrefour, bastion des partisans de Gbagbo. Huit femmes ont dit à Human Rights Watch que les forces pro-Ouattara avaient traîné les hommes, jeunes et vieux, hors de leurs maisons et les avaient tués dans la rue à coups de machettes ou à coups de feu, parfois en tirant par rafales. Tout en commettant ces tueries souvent épouvantables, certains des assaillants menaçaient de « tuer les Guérés jusqu'au dernier » à cause de leur soutien à Laurent Gbagbo. Une jeune femme a raconté à Human Rights Watch que les Forces républicaines avaient enlevé un groupe de jeunes garçons, dont son frère cadet, en criant qu'ils les emmenaient à Man - la ville de l'extrême ouest du pays où les Forces Nouvelles avaient leur base - « pour en faire des soldats ».

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