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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 04:13

 

 

afrique

 

Par Sabine Cessou Libération 29 décembre 2010

«Complot français et américain» en vue du «pillage des ressources de la Côte d'Ivoire», «cabale anti-Gbagbo», «lynchage médiatique», voire même un complot mené par «Le Monde, Libération, l'AFP et RFI, qui ne donnent pas les vraies informations sur la Côte d'Ivoire». Ces arguments sont exactement les mêmes que ceux que brandissaient, à l'encontre du monde occidental en général et de l'ancienne puissance coloniale en particulier, les quelques défenseurs non Zimbabwéens de Robert Mugabe, en 2001, à l'issue d'un scrutin très contesté, sur fond de «réforme agraire».

Ce matin, à Paris, une conférence de presse organisée par l'Association de la presse panafricaine (APPA) réunissait certains des intellectuels français et africains ayant lancé une pétition contre «toute intervention militaire en Côte d'Ivoire». Un texte qui plaide pour le dialogue et l'apaisement. Pour mémoire, la négociation a été proposée par Laurent Gbagbo, le président sortant, à son rival Alassane Ouattara, une offre que ce dernier a rejetée. Etaient présents à la conférence de presse Denis Pryen, le directeur des éditions L'Harmattan, le politologue français Michel Galy, le sociologue sénégalais Malick Ndiaye, ainsi qu'une avocate ivoirienne, Patricia Hamza, qui a notamment déclaré qu'Alassane Ouattara «est et sera toujours un Burkinabè», sans trouver de contradicteur dans la salle.

Parmi les 30 premiers signataires de cette pétition figurent quatre personnalités de renommée internationale : le Sénégalais Pierre Sané, ancien secrétaire général d'Amnesty International devenu sous-directeur à l'Unesco, le sociologue suisse Jean Ziegler, l'écrivaine franco-camerounaise Calixthe Beyala et le cinéaste mauritanien Med Hondo. Egalement sensible aux arguments de Laurent Gbagbo, qui se pose en nationaliste africain et seul garant de la souveraineté nationale, face à un «complot» d'ordre néo-colonial, son cercle de fidèles : le professeur de droit Albert Bourgi, l'ancien délégué Afrique du Parti socialiste (PS) Guy Labertit et le journaliste franco-camerounais Théophile Kouamouo, basé à Abidjan.

Dans toutes les capitales africaines, la Côte d'Ivoire suscite des débats passionnés. Certaines voix s'élèvent, pour critiquer la rhétorique de Laurent Gbagbo. Gilles Yabi, analyste indépendant basé à Bamako, a par exemple décrypté les ressorts de la «diversion nationaliste" dans une tribune intitulée «Faut-il détruire la Côte d'Ivoire pour montrer qu'on est garçon ?». 

L'ancien président ghanéen Jerry Rawlings, lui, est intervenu deux fois ces derniers jours pour recommander «prudence et maturité» dans la gestion de la crise ivoirienne. «Les tentatives  d'obtenir du soutien pour une intervention militaire ne se justifient nullement et exposent plutôt l'ONU, la CEDEAO et l'UA à passer pour des hypocrites», a-t-il estimé, rappelant que des résultats plus scandaleux étaient passés, ailleurs en Afrique, sans qu'une intervention militaire soit réclamée.

L'ancien secrétaire général d'Amnesty International, Pierre Sané, a diffusé hier un autre texte, «Elections en Côte d'Ivoire : chronique d'un échec annoncé», aussitôt repris sur le site de la Radio-télévision ivoirienne (RTI). Il évoque une lutte pour le pouvoir et «deux projets de sociétés qui pour faire simple voient s'affronter des dirigeants tenants d'un libéralisme mondialisé à d'autres qui adhèrent à un panafricanisme souverain et socialisant».

Peu importe que Wole Soyinka, Prix Nobel de littérature nigérian, ou Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie, aient appelé Laurent Gbagbo à quitter le pouvoir. Peu importe, aussi, que les esprits les plus brillants du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Laurent Gbagbo, se distinguent aujourd'hui par un silence assourdissant. L'Afrique des partisans de Gbagbo, désormais, se divise en deux catégories : les gentils nationalistes et les méchants impérialistes. 

Un schématisme qui a son public et qui trouve toujours un certain écho, en raison d'un lourd passé colonial et post-colonial. 

Comme en 2001, dans le Zimbabwe de Robert Mugabe.

 

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