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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 01:34


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Depuis quelques mois, les hordes sans foi ni loi de l'Armée dite de Résistance du Seigneur (LRA) de Joseph KONI, venues de la lointaine Ouganda qui n'a pourtant pas de frontières avec la RCA, écument l'Est du pays; elles massacrent, violent, pillent, brulent des dizaines de maisons et emportent des citoyennes et des citoyens pour en faire des esclaves, des' rebelles forcés ou des esclaves sexuelles, privant la RCA de producteurs valides et de jeunes filles fécondes qui devaient lui donner de nombreux enfants pour peupler son vaste territoire sous-peuplé.     -

Bien que les armées ougandaise et soudanaise aient volé à notre secours et bien que notre Armée ait affirmé avoir dépêché d'importantes troupes aux fronts, force est de constater que les hordes de Joseph KONI continuent à semer la mort et la désolation; elles ont même progressé de la frontière avec le Soudan jusqu'à OBO, MBOKI, NZAKO, BAKOUMA et RAFAI. A présent on dit qu'elles sont à 17 kms de Bangassou, dont les habitants seraient en débandade, selon Radio Ndéké Luka, et qu'elles viennent d'attaquer YALINGA, dans le Nord - Est du Pays.

Etant donné que la stratégie élaborée par l'Armée Nationale s'est révélée inopérante, il est nécessaire que chaque citoyen propose une autre stratégie que lui suggère son simple bon sens, même s'il n'est pas militaire et s'il n'est pas sorti d'une école de guerre ou d'une école d'Etat - Major.

Une rébellion n'est généralement solide que si elle bénéficie du soutien de la population et dispose d'une base de repli, d'un sanctuaire, où" elle peut se réfugier sans crainte lorsqu'elle est attaquée. Or, la LRA ne bénéficie d'aucun soutien des populations, bien au contraire, et elle n'a pratiquement plus de base de repli, ni au Soudan, ni en Ouganda. Seule une petite portion du territoire du Congo Démocratique lui est accessible. En fait, la partie du territoire du Congo Démocratique où sévit encore la LRA est assez éloignée de la frontière Centrafricaine.

Dans ces conditions, au lieu d'attaquer la LRA uniquement là où elle s'est avancée, le simple bon sens du profane en stratégie militaire lui suggère qu'on l'attaque simultanément à partir des frontières du Soudan et du Congo pour lui couper toute possibilité de retraite, et à partir de là où elle s'est avancée pour la prendre en tenailles. Il faut évidemment pour cela sélectionner des soldats aguerris et courageux, qui ne se contentent pas de sillonner les routes, mais qui rentrent en brousse pour affronter l'ennemi. Il faut également pour cela battre le rappel de tous les valeureux soldats formés sous le régime KOLINGBA par MOBUTU, les américains et les Français.

En verrouillant de leur côté leurs frontières avec la RCA, le Soudan et le Congo Démocratique permettraient, avec notre Pays, non seulement de prendre la LRA en tenailles, mais aussi de l'encercler complètement et de la mettre définitivement hors d'état de nuire.

Certes, on peut se demander comment nos troupes pourraient procéder pour se retrouver aux frontières soudanaise et congolaise, sur les lignes arrière de la LRA. Il faut alors se rappeler que le Soudan et l'Ouganda interviennent déjà sur notre territoire avec des avions et des hélicoptères. On pourrait dès lors leur demander d'héliporter une partie de nos troupes à leurs frontières; on pourrait tout aussi bien, si nous tenons à notre souveraineté, le faire avec notre avion de transport de troupes C 130, s'il est en état de voler. En réceptionnant cet avion, le Président de la République avait déclaré qu'il servirait au transport de nos troupes. On pourrait enfin demander l’aide de la France, en vertu des accords de défense, s'agissant d'une agression étrangère. Il est curieux qu'on ne semble pas y avoir pensé depuis lors. Secret défense?

Selon l'interview accordée à Radio Ndéké Luka par l'ex - « médecin» centrafricain de Joseph KONI, après chaque attaque les hordes de la LRA parcourent de nuit une centaine de kms à pieds pour éviter toute contre - attaque. C'est ce qui explique que ces hordes aient pu attaquer YAUNGA peu de temps après avoir attaqué RAFAI. Afin de suivre à la trace les hordes de la LRA après chaque attaque, l'Armée devrait remettre des téléphones portables avec chargeurs solaires à tous les chefs des villages de l'Est et du Nord - Est du pays.

La guerre est avant tout affaire d'hommes, mais aussi affaire de renseignements et de transmissions. Si des téléphones portables avec chargeurs solaires avaient été remis aux chefs des villages de RAFAI, non seulement "attaque de YALINGA n'aurait pas été une surprise, mais on n'aurait pas laissé les hordes de la LRA progresser tranquillement et impunément jusqu'à atteindre YALINGA. Un compatriote vivant en France vient d'amener à Bangui 20 des 100 chargeurs solaires de haut de gamme dont il dispose. Par ailleurs les sociétés de téléphonie mobile viennent de lancer des promotions pour des téléphones portables à seulement 6.000F l'unité. Pourquoi ne pas profiter de l'aubaine?

Si des régions de l'Est et du Nord - Est ne sont pas encore couvertes par la téléphonie mobile, le Gouvernement devrait d'urgence intimer l'ordre aux sociétés de téléphonie mobile de remédier immédiatement à cette carence. Voilà à quoi on aboutit lorsqu'on délivre des licences d'exploitation sans cahier des charges imposant la couverture de toute l'étendue du territoire dans un laps de temps déterminé, et qu'on laisse les sociétés ne s'implanter que quand et où bon leur semble. L'interconnexion doit devenir une réalité, au lieu de demeurer un vœu pieu psalmodié par chaque Ministre des Télécommunications qui passe.

Les sociétés de téléphonie mobile nous doivent bien tout cela, elles qui se sont installées en ne payant qu'une faible partie de leurs faibles frais de licences sur leurs fonds propres et ne nous ont payé le solde qu'avec les recettes des clients, c'est-à-dire avec notre propre argent, contrairement à ce qui se passe partout ailleurs en Afrique.

Nous ne devons pas oublier qu'avec des parties du territoire national occupées par les hordes de la LRA, sans compter les parties occupées par une autre rébellion étrangère et des rébellions « nationales », il ne sera pas possible d'organiser des élections ouvertes à tous et crédibles.

On peut qualifier cette « stratégie» d'illusoire, d'irréalisable ou de fantaisiste, auquel cas il faut déployer une nouvelle stratégie plus efficace et propre à nous débarrasser définitivement des hordes de la LRA. Il n’y va pas seulement de notre honneur et de l’honneur de notre armée, il y va aussi de notre survie en tant que Nation indépendante, souveraine et fière.

Bangui le 2 mars 2010

Me ZARAMBAUD Assingambi


NDLR : Me Zarambaud soulève un problème crucial qui est bien réel. Pourquoi en effet, les autorités de Bangui ne sollicitent-t-elles pas l'aide militaire de la France pour résoudre la calamité que constitue la LRA de Joseph Kony et ses hordes de bandits qui sont un véritable cauchemar pour les paisibles populations du Sud Est centrafricain ? Manifestement la présence massive de l'armée ougandaise dans le secteur ne suffit pas. En vertu des accords de défense toujours en vigueur encore en attendant leur révision et la conclusion de nouveaux comme la France vient d'en signer avec le Togo, le Sénégal et récemment le Gabon, si Bozizé, qui est pourtant si prompt à réclamer l'intervention de l'armée française lorsqu'une rébellion veut descendre sur Bangui pour le renverser, (cas UFDR en 2007) lançait un appel à la France.

En décembre 2008, Bangui n'a même pas été fichu de solliciter ne serait ce qu'un appui aérien à la France lors des opérations militaires conjointes avec l'Ouganda et la RDC contre les bandits de Joseph Kony. Seul l'Ouganda l'a fait et obtenu effectivement ce soutien aérien de l'armée française. La signature des nouveaux accords de défense France-Centrafrique traîne en longueur du fait justement des exigences de Bozizé d'y voir être prises en compte dans le projet de document, des clauses spéciales de sécurité en vertu desquelles la France était toujours intervenue jusqu'ici pour sauver le pouvoir des potentats locaux qui se sont succédé à la tête du pays.

C'est bien la preuve que Bozizé n'en a en réalité rien à foutre des souffrances que les bandits de la LRA imposent aux citoyens des localités du Sud-Est si éloignées de la capitale comme Obo, Rafai, Zémio, Bambouti, Bakouma, et autres Yalinga. Cela doit être dit. C'est à la limite de la haute trahison de son serment de défendre le territoire national et son peuple, crime passible de la Haute Cour de justice. Et dire qu'avec cela, il voudrait rempiler pour cinq ans encore à la tête du pays...!  

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion