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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 23:49

 

 

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général Jean-Philippe Ganascia

Digitalcongo Kinshasa, 21/04/2010 / Politique

Pendant que les patrons de la Monuc persistent à justifier la poursuite de cette mission onusienne en RDC, voici qu’un de ses propres consultants descendu sur le terrain des opérations constate et dénonce son inefficacité et donc le peu d’intérêt d’en prolonger encore le mandat

Consultant indépendant depuis qu’il est à la retraite, le général français Jean-Philippe Ganascia est un expert militaire dont les avis et considérations font autorité sur le plan international. A ce titre, il a pris part à une mission d’une Ong internationale militant pour le maintien de la Monuc au Congo.

Plutôt que de le convaincre à soutenir l’Ong qui l’a invité, son séjour lui a permis de découvrir la Mission onusienne sous son vrai jour. Incapable de se contenir et de couvrir les gravités qu’il a relevées, l’expert militaire français a crevé l’abcès.

La Monuc ne fait rien et ne sert pratiquement à rien en Rdc au regard des moyens dont elle dispose. Ses 18 hélicoptères, en l’occurrence, n’ont jamais servi de manière décisive dans la lute contre l’insécurité. Que ce soit à l’Est ou partout ailleurs au pays ! Ils n’ont jamais servi, ne serait-ce que pour marquer une simple présence dissuasive.

L’unique circonstance dans laquelle ces engins se sont signalés a été triste et déplorable à tout point de vue. L’un d’entre eux s’est fait pitoyablement abattre à l’Equateur par des apprentis mutins. Justement parce que l’engin de guerre n’a pas été engagé dans les opérations à la hauteur de la menace ni des risques encourus. L’hélicoptère avait été engagé un peu comme s’il s’agissait d’une simple ronde touristique aérienne.

Pendant la semaine passée par Ganascia au Nord-Kivu, le constat a atteint le seuil de l’insupportable. En pleine observation dans une base temporaire avancée de la Monuc, le général n’a vu aucun hélicoptère quitter le sol. C’est à croire que ces engins avaient une valeur purement décorative et esthétique. Pourtant, sur le terrain, relève l’expert militaire français, l’insécurité n’en finissait pas de solliciter chaque jour une intervention aérienne intense.

Un peu amère, le consultant international enfonce le clou : «  Nous avons aussi constaté un sous-emploi des capacités humaines ». A preuve : un officier de la Monuc se retenait de prendre toute initiative de patrouille dans les villages exposés et ne voyait pas ce qu’il pouvait faire de plus, dévoile le général français. Faute d’actions, il résulte que certaines bases temporaires avancées n’ont aucun impact dissuasif clair et ne contribuent nullement à donner de la Mission onusienne une image positive.

Les causes

Cette apathie légendaire d’une Mission internationale pourtant investie de la mission d’imposer la paix par la force, si besoin est, d’une cause profonde. Le général Ganascia la situe dans le manque de direction homogène des opérations. Les responsables des Nations Unies en RDC sont démissionnaires face à toutes les questions d’ordre opérationnel. Ces questions sont renvoyées au commandement militaire sans obligation de rendre compte!

De manière claire, il n’existe donc pas de direction politique au sein de la Monuc. Cela pose un véritable problème d’efficacité. Etant en réalité un assemblage grossier d’unités en provenance de divers pays, la Monuc est loin de fonctionner comme un corps régulier et homogène. Chacune des unités en son sein répond à des ordres et des directives externes au commandement régulier. Disons que, presque chaque bataillon, se réfère d’abord et principalement à son pays d’origine avant de s’engager sur le terrain.

Ainsi révèle-t-on qu’à l’époque où Laurent Kunda sévissait, un incident est venu illustrer, mieux que tout, cette présence de sources de commandements parallèles. Il était question, pour clouer la rébellion de Nkunda, d’engager dans les combats les hélicoptères indiens et leurs commandos. Dans le but de contrer cette action salvatrice, l’ambassadeur du Rwanda à New Delhi a été dépêché auprès du gouvernement indien. Il a prévenu ce dernier que Nkunda possédait des missiles anti-aériens et que leurs engins encouraient le risque d’une destruction totale. L’ordre est parti de New Delhi, enjoignant les troupes indiennes de ne pas daigner engager les hélicoptères et les commandos d’élite. C’est ça la Monuc!

Comment dès lors s’étonner que les soldats de cette même Mission aient assisté à l’exécution d’un armateur comme à un match de football à Mbandaka ? De toutes les façons, le point de vue du Gouvernement congolais sur la Monuc vient de trouver un supporter de taille. Appelé au départ pour démontrer le caractère incontournable de la présence onusienne au Congo, le général Ganascia est devenu, malgré lui, un fervent adepte de la thèse contraire. Qu’avancera-t-on contre le verdict sans appel de cet expert ? Pour l’instant, c’est motus et bouche cousue au Conseil de sécurité de l’Onu et aux Département d’Etat et Congrès américains.


Le Palmarès

NDLR : Le général Jean-Philippe Ganascia est celui-là même qui avait commandé entre temps les forces de l’EUFOR

 

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