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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 21:53

 

 

BEAC

 


(Mutations 23/09/2010)


Le conseil d’administration décide de mesures rigoureuses pour endiguer l’hémorragie financière.

Les mauvaises nouvelles s’accumulent à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), qui vient de se prescrire une cure d’austérité accompagnée d’un plan d’ajustement structurel. Le conseil d’administration de la Banque centrale, en sa session du 8 septembre dernier à Douala, a en effet adopté un «budget rectificatif pour 2010» (qui était déjà déficitaire) de l’institut d’émission. La nouvelle enveloppe, en recettes et en dépenses, se chiffre à 131,9 milliards de francs.

Les Etats membres, dans le même temps, sont priés de «faire preuve de plus de discipline dans le sens du respect de leurs obligations de rapatriement de la totalité de leurs avoirs extérieurs». S’agissant des marchés importants passés entre 2000 et 2009, le gouverneur Lucas Abaga Nchama a été autorisé à signer un contrat avec un cabinet d’audit international spécialisé. En terme de renforcement des contrôles interne et externe des activités de la Beac, la recherche d’une meilleure gouvernance devrait, après avis conforme du conseil ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (Umac), aboutir à des statuts réformés.

Ces nouvelles dispositions, qui sont le fruit d’une situation financière difficile, avaient déjà été édictées lors de la session du conseil d’administration du 24 juin dernier, toujours à Douala. A l’occasion, l’instance demandait que lui soit soumis «un budget 2010 rectificatif de fonctionnement et d’investissement, fondé sur des hypothèses réalistes de revenus de la Banque, compte tenu du niveau actuel des taux d’intérêt (…), de manière à rétablir au plus vite l’équilibre financier de la Banque». Ledit budget, indiquait le communiqué publié à cet effet, devra prévoir une stabilisation des dépenses de fonctionnement au niveau de 2009 ainsi qu’un gel des investissements immobiliers pour les chantiers n’ayant pas encore démarré.

La même instance demandait au comité des rémunérations, en étroite collaboration avec les censeurs, de lui soumettre des propositions sur la rémunération et les avantages accordés à l’ensemble des membres du gouvernement de la Banque ainsi qu’aux autres organes de décision et de contrôle, permettant ainsi «d’en réduire significativement le coût global». Sur le plan des dépenses d’investissement, le gouverneur de la Beac devra présenter au conseil, au plus tard à fin décembre 2010, un programme immobilier pluriannuel «révisé».
Cette avalanche de mesures de rigueur et de restructuration, résultante d’une série de couacs dans un environnement également marqué par des malversations financières, vient ainsi confirmer les informations publiées dans ces mêmes colonnes voici quelques jours. Entre le 1er janvier et le 30 juin 2010, les pertes financières enregistrées par la Beac étaient évaluées à 31 milliards, selon des indiscrétions recueillies auprès du Comité de rémunérations qui enquête actuellement au sein de cette institution d’émission sous-régionale. Ce déficit était de 29 milliards de francs pour l’exercice 2009.


Malversations


La première cause de cette situation, précisait Mutations, est la chute drastique du taux d’intérêt de placements, d’une valeur de quelque 1.049 milliards de francs, effectués depuis fin 2009 auprès de la Banque de France par l’entremise du Compte d’opérations de la Beac. Et, du fait de la crise financière internationale, le taux d’intérêt de l’enveloppe est passé de 2,75 à 1%. Le Comité de rémunérations a aussi pointé, dans la litanie des problèmes qui plombent l’état de santé financière de la Banque, la pléthore de ses cadres dont les 6 plus hauts gradés sont mensuellement rétribués à hauteur de 130 millions de francs en dehors des avantages liés à la fonction. Les misères de trésorerie de la Beac interviennent à la suite d’autres avanies, à l’instar des 328 milliards de francs de placement effectués auprès de la Société générale de France et qui, en décembre 2008, avaient conduit à une perte comptable sèche de 16,4 milliards de francs.


En février 2009, l’alors gouverneur de la Banque, le Gabonais Philibert Andzembe, dût avouer que ce fonds avait été géré «avec opacité» et que le produit contracté «n'était pas totalement conforme aux prescriptions des statuts» de son institution.


Deux années avant, anticipant la réforme du Compte d'opérations, les membres du gouvernement de la Beac responsables du comité de stratégies, avaient, par appels d'offres, décidé de la diversification des modalités de placements des avoirs de réserves en devises en vue d’optimiser le couple «rendement/risque», plus proche du taux de refinancement de la Banque centrale européenne. Cette manœuvre avait alors permis à la Banque centrale de bénéficier d'un rendement sans risque de contrepartie, en attendant d'avoir une meilleure visibilité sur les répercussions de la crise sur les marchés financiers internationaux.

En attendant des jours meilleurs, la Beac continue de fouiller dans les malversations financières intervenues au Bureau extérieur de Paris (Bep) entre 2004 et 2007, avec un préjudice financier a été estimé à 16,6 milliards de francs par le cabinet français Mazars. Cet auditeur a ainsi révélé que lesdites malversations portaient sur 858 chèques et 6 virements frauduleux au profit de 101 bénéficiaires, 1306 retraits en espèces frauduleux et 38 bénéficiaires de titres de transport aériens frauduleux.


A la suite de ce coup de pied dans la fourmilière, le gouverneur Philibert Andzembe avait été limogé par la conférence des chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Dans la foulée, il a été mis fin au fameux «Consensus de Fort-Lamy», qui imposait un Gabonais à la tête de la Beac et des origines bien définies à d’autres postes de gestion.

 


Félix C. Ebolé Bola

 

© Copyright Mutations

 

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