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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 00:34

 

 

 

entête FARE 2011

 

 

 

                                                        COMMUNIQUE DE PRESSE

                  Nous, Partis Politiques membres de l’opposition démocratique réunis au sein du FARE -2011 adressons  nos  meilleurs vœux de nouvel an au peuple centrafricain et à l’ensemble de la communauté étrangère qui a choisi notre pays comme pays d’accueil et de travail.
                    La fin de l’année est la période traditionnelle de vœux mais c’est aussi la période des bilans que tous, nous devons tirer par rapport à la vie de notre pays.
                     A cet effet, le FARE 2011 a suivi avec une attention particulière les discours à la Nation du  Général François BOZIZE, en français et en sango, et a constaté avec regret que ces deux allocutions, ne tracent aucune perspective d’espérance pour le peuple centrafricain. Bien au contraire, nous avons vu un  Président de la République résigné, impuissant et démissionnaire, qui énumérait les graves manquements de ses propres collaborateurs, de son gouvernement et des personnalités nommées par lui-même, ainsi que des graves défis sécuritaires et socio-économiques  auxquels  fait face notre pays, en  prenant bien soin de se placer dans  une posture de spectateur passif alors qu’il est à la tête de notre pays depuis bientôt neuf ans.

  AU PLAN POLITIQUE

                 Le FARE -2011 tient à rappeler  que depuis le coup d’Etat  du 15 Mars 2003 qui a interrompu brutalement le processus démocratique mis en place depuis les élections démocratiques de 1993, la République centrafricaine  a  régressé  de plusieurs décennies sur tous les plans.
                  Conscient de l’échec  du Général François BOZIZE, le peuple centrafricain   s’était massivement mobilisé le 23 janvier 2011 pour  obtenir l’alternance par les urnes, mais malheureusement  ses suffrages ont été purement et simplement détournés par des usurpateurs sans aucune  légitimité de l’onction populaire. Le peuple centrafricain ne s’est reconnu ni dans les résultats « soviétiques »  de l’élection présidentielle, et encore moins dans ceux des législatives qui ont accouché d’une Assemblée dite Nationale mais en réalité monopartisane et familiale, avec des « députés » en fait cooptés par le parti au pouvoir pour former une majorité mécanique.
                  C’est dans sa farouche volonté de velléité hégémonique et de monopolisation de tout l’espace politique que le KNK  s’était accaparé de la présidence des 07 commissions de l’Assemblée en oubliant allègrement ses « alliés » devenus les dindons de la farce bozizéenne.
                  Les faits donnent raison à l’opposition qui a toujours affirmé que le régime actuel est fondé sur l’exclusion, le tribalisme, l’arrogance, l’intolérance, les violations des droits humains, le tout sur fond d’illégitimité.
                  D’où la crise politique actuelle de notre pays, qui tire donc exclusivement son origine du refus du peuple centrafricain de reconnaître  la légitimité de ce régime qui s’est imposé à lui par la force.
                   C’est pourquoi le FARE 2011 tient à rappeler, en symbiose avec le peuple centrafricain, que la question de la légitimité de ce régime se pose chaque jour avec acuité et tant qu’elle ne sera pas résolue, notre pays ne pourra qu’enfiler des perles de crises graves, les unes après les autres.
                    La première conséquence de cette absence de légitimité se vit sur le plan économique, car force est de constater que sous le règne de François BOZIZE, notre pays est systématiquement classé au bas de l’échelle planétaire dans tous les indicateurs socio-économiques publiés par les organisations internationales:

AU PLAN ECONOMIQUE

Déjà en 2009, alors même que la RCA venait d’engranger six années successives d’appuis financiers extérieurs multiformes aux montants jamais atteints depuis notre indépendance en 1960,  le Rapport de Suivi des Objectifs du Millénaire pour le Développement publié par le PNUD  en mai 2010 annonçait que   la RCA occupe le 179ème rang sur 182 pays en ce qui concerne l’Indice de Développement Humain (IDH) c'est-à-dire parmi les 4 derniers au monde. Ce classement s’est maintenu en   2010 et  en 2011. Ce classement d’une source impartiale illustre les conditions de vie difficiles de la population et la faiblesse de l’accès aux services sociaux de base, puisque environ 86% de la population n’a  pas accès aux services de santé et 41% des adultes sont analphabètes. Selon le même rapport, environ 62% de la population de notre pays vit en dessous du seuil de pauvreté cette moyenne nationale cachant d’importantes disparités, avec une  pauvreté particulièrement répandue en milieu rural (69,4%) qui renferme également 62% de la population.
L’espérance de vie à la naissance est retombée  à 45,1 ans, environ dix ans de moins que la moyenne africaine..
Malgré toutes les aides reçues par notre pays jusqu’en 2011 inclus, la  croissance moyenne annuelle du PIB (2006-2009) par tête n’a été que de 0,93%, niveau très inférieur au taux d’accroissement démographique estimé à 2,5% au cours de la même période. Ce qui n’a que peu ou pas d’impact sur la pauvreté dont  l’incidence nationale reste trop élevée (62%).
Par contre, la situation humanitaire continue d’être difficile dans certaines parties du pays, avec  des centaines de milliers de personnes  affectées par les violences.
             Ce qui est grave, c’est que rien ne permet d’espérer l’amélioration de la situation économique à court terme de notre pays qui, selon ceux-là même qui l’ont pillé et saigné à blanc, « n’exporte rien, et ne vend rien », contredisant ainsi un autre membre du même gouvernement qui affirme sans rire que les centrafricains mangent trois fois par jour et que toutes les filières agricoles d’exportation sont relancées.
 Le dur constat de la gestion économique et financière de ce régime est celui d’un échec cuisant, qu’il ne cherche même plus à dissimuler comme dans un passé récent.


L’écran de fumée dressé sur la fameuse Table Ronde de Bruxelles d’où sortiraient 400 milliards de francs CFA pour notre pays, l’atteinte en fanfare du point d’achèvement de l’Initiative PPTE qui devrait débloquer des milliards de francs CFA, toutes ces opérations de communication destinées à tromper notre peuple se sont brisées aux pieds des  institutions financières internationales qui  ont décidé de fermer leur robinet pour une seule et unique raison : la mauvaise gestion des finances publiques caractérisée par le pillage organisé des maigres ressources budgétaires qui reste impuni, même lorsqu’il est débusqué par les institutions de contrôle.
            Selon la célèbre Fondation  MO  IBRAHIM  du milliardaire anglo-soudanais, la RCA  occupe depuis le 10 Octobre 2011 la 49ème  place sur 53 en matière d’indice de la Gouvernance Africaine, c'est-à-dire parmi les 5 derniers du Continent.
    Le rapport Doing Business 2012 de la Banque mondiale classe la RCA au 182ème  rang mondial sur 183 en matière de climat des affaires c'est-à-dire avant dernier de la planète.
Qu’attendre  d’un régime qui protège obstinément des prédateurs « tout-puissants et intouchables » et consacre moins de 10% de ses propres ressources pour les investissements publics ?
Qu’attendre d’un gouvernement dont l’activité principale se résume à des voyages de par le monde pour rechercher des subsides afin de ne payer que des maigres salaires, laissant de côté les investissements productifs dans l’économie réelle et les infrastructures de base?
Qu’attendre d’un pouvoir qui pressurise les banques commerciales pour payer les salaires au risque d’un endettement massif compromettant à terme la santé d’un secteur financier qui vient à peine de se restructurer ?
Quels sont les signaux concrets que lance le gouvernement pour mériter un changement de position de la communauté financière internationale  afin que pointe l’espoir d’un allègement des souffrances  du peuple qui n’a ni eau, ni électricité, ni soins médicaux, ni emplois et qui vit dans l’insécurité généralisée et la peur du lendemain ?
 
AU PLAN SECURITAIRE :

    Près de la moitié des budgets annuels de la RCA sont absorbés par la défense et la sécurité, mais les centrafricains au vu de l’état actuel de  l’insécurité de notre pays, se demandent à quoi ont servi et servent ces sacrifices budgétaires. Les services attendus sur le plan de la sécurité ne sont manifestement pas à la hauteur des sacrifices financiers consentis chaque année par le peuple sur le plan financier. Un audit des dépenses de ce secteur s’impose,  pour faire l’état des lieux de notre défense.
                Aujourd’hui, le Peuple Centrafricain tout entier est pris en otage. Il est impossible de circuler du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest sans risque de se faire assassiner par des forces non conventionnelles stationnées en République Centrafricaine.
                 A ce propos, les lamentations du Général Bozizé à l’endroit des rebelles étrangers, tels que BABA  LADE (le Tchadien) et Joseph KONY (l’Ougandais)  sont un aveu d’échec et d’impuissance face aux hordes de bandits qui se livrent quotidiennement aux massacres des populations civiles sans défense, aux pillages et aux viols sans compter les incendies de villages entiers obligeant des milliers de nos compatriotes à se cacher dans la brousse tels des bêtes sauvages.
                 François BOZIZE est aujourd’hui le seul Chef d’Etat au monde de surcroit Officier Général, qui assiste aux massacres de sa population civile sur son propre territoire par des bandits étrangers sans daigner engager son Armée pour sa défense.
                 Alors que sur cette question, il ya un consensus national pour bouter hors de notre territoire ces bandits de grand chemin, le Général BOZIZE brille par des atermoiements incompatibles avec  sa mission de protection de la population et de la défense de l’intégrité du territoire national dont il est le garant constitutionnel.
               Il s’agit-là d’un acte d’abandon de la souveraineté  nationale constitutif de haute trahison.
               La promptitude de BOZIZE à invectiver l’opposition démocratique qui joue légalement son rôle est inversement proportionnelle à son incapacité à défendre notre peuple jetant ainsi l’opprobre sur notre vaillante Armée dont l’honneur est entamé.
               Doit-on attendre que le salut  vienne  exclusivement du Gouvernement Américain qui  a pris la décision de venir au secours de ce peuple meurtri? Que le Président Américain, Son Excellence BARACK OBAMA, trouve ici l’expression de la gratitude du Peuple Centrafricain.
                La position du FARE 2011 est claire : la défense de l’intégrité du territoire national et la protection de la population civile massacrée par des bandits ne sont pas négociables.

AU PLAN SOCIAL : 

    La pauvreté s’est installée durablement en République Centrafricaine, dans chaque famille. Le FARE -2011 note également une augmentation exagérée des prix des denrées alimentaires de première nécessité, ainsi que de  celle du carburant à la pompe, y compris le pétrole lampant, principal produit de consommation des ménages.
Pendant que les prix des produits vivriers, pétroliers, etc…sont en hausse, les salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat sont restés bloqués, et le chômage est endémique.
            A ce propos, le FARE-2011 signale au passage que plus de 450 Professeurs formés à l’Ecole Normale Supérieure de Bangui sont restés sur le carreau depuis 2003. Les intégrations dans la Fonction Publique sont filtrées en faveur des militants   du parti KNK.
             Cette situation générale de paupérisation, fait le lit de la malnutrition, du paludisme, du   choléra, du VIH/SIDA, de la tuberculose. 
            Selon un récent rapport de Médecins Sans Frontières (MSF) : « La République centrafricaine se trouve aujourd’hui dans un état d’urgence médicale chronique. Au cours des 18 derniers mois, cinq enquêtes distinctes de mortalité rétrospective ont été conduites en République centrafricaine  dans les préfectures hébergeant la majorité de la population. Conduites par Médecins Sans Frontières (MSF) et d’autres organismes de recherche, ces études révèlent un taux de mortalité supérieur au « seuil d’urgence1 ».
Les Centrafricains sont confrontés à des taux extrêmement élevés de mortalité. La RCA détient la deuxième espérance de vie la plus faible du monde. Le taux de mortalité du pays est globalement supérieur au « seuil d’urgence », preuve d’une situation nécessitant une intervention médicale immédiate.
             Les taux bruts de mortalité sont au moins trois fois plus élevés que le seuil d’urgence et indiquent une situation normalement considérée comme « incontrôlable», bien qu’aucune de ces sous-préfectures ne soit en proie à des conflits ou n’accueille un grand nombre de déplacés.
              La RCA possède le taux de prévalence du VIH le plus élevé d’Afrique centrale.
              L’ONUSIDA estime à 110 000 adultes et 17 000 enfants le nombre de personnes vivant avec le VIH dans le pays, et à 11 000 le nombre de personnes mourant chaque année de complications liées au VIH. Le Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS) estime que 45 000 personnes, dont 14 000 enfants, doivent être mises dès maintenant sous traitement ARV. Cependant, seuls 15 000 patients sont aujourd’hui sous traitement ARV, soit seulement 33,3 % du nombre recommandé.19
            Le système de santé de la République centrafricaine a toujours été très faible. Dans de nombreuses régions du pays, il est à tous égards, inexistant. Les six piliers fondamentaux d’un système de santé, tels que définis par l’OMS, font défaut.43
            En outre, de nombreuses tentatives d’aide au pays ont été durement entravées, sinon empêchées par la corruption et le manque de capacité.
Observés à différents niveaux, des dysfonctionnements empêchent toute forme de service médical, y compris la distribution de médicaments, la qualité des soins et l’obligation de rendre des comptes pour le système, et rendent difficile toute aide internationale. Cependant, face à des taux de mortalité aussi élevés, ces difficultés doivent être surmontées pour enclencher une action immédiate. »

CONCLUSION

               C’est face à cette gestion familiale et clanique, non  orthodoxe, c'est-à-dire non conforme aux principes de gestion républicaine, que les institutions financières internationales à savoir, le FMI, la Banque Mondiale, la BAD, et les principaux bailleurs tels que l’Union Européenne ainsi que les pays amis viennent de suspendre leurs aides à la République Centrafricaine.
                Le FARE-2011  annonce qu’il poursuivra en 2012 son combat pour l’annulation et la reprise des élections frauduleuses de 2011 par des actions multiformes conformes aux lois de la République. Il lance un vibrant appel au Peuple Centrafricain en l’invitant à engager à ses côtés, une lutte sans merci afin de sauver notre pays et la démocratie confisquée par la famille BOZIZE et son Parti le KNK.

         Sur ce, le FARE- 2011 souhaite au peuple centrafricain et à tous les militants et sympathisants  des Partis Politiques de l’Opposition, une bonne et heureuse année 2012.

                                                                          Fait à Bangui, le  02 Janvier 2012

                                                                             Pour le FARE – 2011


                                                                              Le Coordonnateur




                                                                            Maître Nicolas TIANGAYE

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