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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 23:26

 

 

drapeau françafricain

 

 

 

23/03/2006

 

La Francafrique, cette pieuvre criminelle, regroupement hétéroclite mais diablement efficace d’acteurs africains et français en prédation est un des nœuds inextricables pour l’heure de l’affirmation des souverainetés des anciennes colonies et des pays sous influence française. Son objectif est de maintenir la mainmise des réseaux français sur les Etats indépendants d’Afrique, en dépouillant le continent de tout ce qui peut en sortir de rentable, les matières premières et toutes sortes de flux de capitaux et de ressources lucratives. Elle agit aussi dans le but d’accroître clandestinement l’influence géopolitique de la France, en soutirant pour toutes ses basses manœuvres commissions, dividendes et autres trésors de guerre. Elle rend une cohérence à l’injurieuse longévité des Bongo, Houphouët Boigny, ... et explique la collaboration de la France et des pays du pré carré avec l’odieux système de l’apartheid en son temps. Elle transforme les aides au développement, l’humanitaire, la coopération en autant tactiques de pillage et d’affaiblissement de la conscience et du réveil des peuples.

L’exemple de la guerre du Biafra, entre 1967 et 1970 de plus en plus documenté, est à cet égard une pédagogie politique éminemment parlante sur le statut réel des Etats. Aucun pays où la Francafrique s’impose ne saurait être démocratique, à commencer la France, tant les réseaux criminels et les processus décisionnels rentrent en contradiction permanente avec le fonctionnement des institutions démocratiques. Avec près de 2 millions de morts pour convenance françafricaine, le Biafra doit servir la réflexion en vue d’un autre paradigme et moule politique, africain et aussi européen, puisque cette criminelle nébuleuse procède par rapt de la volonté citoyenne en reportant sur les générations futures des dettes imprescriptibles, les dettes de sang, de génocides, de paupérisation. Cet extrait que nous présentons est repris indirectement des « Billets d’Afrique » édités par l’association Survie, N°43, 1997, via le site internethttp://assassinatsdecooperants.ouvaton.org.

La générosité des initiatives de développement perd avec l’analyse de la Francafrique tout sérieux et confine même au mépris des peuples, des citoyens et de la conduite des affaires collectives basée sur le principe du choix individuel.

 Dès le début du conflit un avion de bombardement B26 a "été fourni par l'armée française" et "illégalement acheminé à Enugu, capitale du Biafra, par un équipage français" (communiqué de l'ambassade des USA à Lagos, cité par Le Monde du 17/07/67). 

« Selon la radio nigériane, une convention - dont les photocopies seront distribuées aux correspondants de presse étrangère - avait été signée entre un représentant biafrais, M. Francis Chuchuka Nwokedi, et deux délégués de la Banque Rothschild de Paris. Aux termes de cet accord, cette dernière recevrait les droits exclusifs d'extraction de différents minerais solides, liquides et gazeux, contre versement immédiat de 6 millions de livres ».

 "Les commandos qui [...], en provoquant la guerre civile, ont mis les Anglo-saxons dans le pétrin ont été entraînés et conseillés par des Européens qui ressemblent à s'y méprendre à des barbouzes français dépendant de Jacques Foccart, secrétaire général à la Communauté et à l'Elysée" (Le Canard enchaîné, 23/08/67).

Après la défaite du Biafra, Le Canard enchaîné écrira : "Au printemps 1967 [alors que le leader Biafrais Ojukwu parle de faire sécession], les services de la Communauté du cher Jacques Foccart sont à pied d'œuvre [...]. Les contacts avec Ojukwu sont vite pris. Houphouët-Boigny en Côte d'Ivoire et grand féal de De Gaulle s'en occupe personnellement. Foccart a, à Abidjan, un de ses hommes de confiance, [Jean] Moricheau-Beaupré, lequel dispose de moyens très importants". Il coordonnera l'ensemble des opérations d'aide française au Biafra sous le nom de "Monsieur Jean". C'est à lui que se réfère Roger Delouette, alias Delore, un ingénieur agronome envoyé en mission en Côte d'Ivoire, chargé d'y contrôler secrètement les transports d'armes vers le Biafra au début de l'hiver 1969-70. Roger Delouette sera arrêté aux Etats-Unis le 5 avril 1971 en possession de 44 kilos d'héroïne et d'un carnet d'adresses instructif (selon L'Express du 13/12/71). [Décédé à Abidjan en novembre 1996, Jean Moricheau-Beaupré a récidivé au Libéria en soutenant la rébellion de Charles Taylor (Le Nouvel Afrique-Asie, 01/1997). Les liens entre les trafics d'armes, de drogue, et les services secrets sont un grand classique].

« Le Canard enchaîné publiera encore le fac-similé d'une lettre de M. Delaunay, alors ambassadeur de France à Libreville, adressée au lieutenant-colonel Ojukwu et lui recommandant, le 27 octobre 1967, "le colonel Fournier et ses trois collaborateurs", tous appartenant au SDECE [ancêtre de la DGSE] ».

 C'est Félix Houphouët-Boigny et Jacques Foccart qui, de concert, ont convaincu, voire "contraint" (selon le chargé d'affaires du Biafra à Paris, Ralph Uwechue) le général De Gaulle de soutenir le Biafra. Arguments : le ressentiment (le Nigeria avait rompu les relations diplomatiques avec la France lors des essais nucléaires de la France au Sahara) ; l'anglophobie bien connue du général ; l'envie d'affaiblir un pays potentiellement surpuissant face à ses voisins du "pré carré", plus petits et plus faibles. Selon Philippe Decraene, la Fédération du Nigeria constituait "un pôle d'attraction dans le golfe du Bénin. A terme, cette situation pouvait être préjudiciable à l'équilibre politique de tout l'Ouest africain" (Le Monde, 01/11/68).

 Selon le mercenaire Rolf Steiner (Carton rouge, Robert Laffont, 1976), les livraisons d'armes massives, après les premiers succès de l'armée fédérale, ont commencé le 13/07/68, avec l'atterrissage à Uli (Biafra) "du premier avion français chargé de munitions [...] venant du Gabon". Selon les journalistes Claude Brovelli et Jean Wolf (La guerre des rapaces, Albin Michel), "fin août 1968 [...] les armes affluent de l'autre côté [biafrais]. Des dizaines d'avions déversent sans arrêt des tonnes de matériel militaire sur les deux aérodromes - deux morceaux de route droite - que les Biafrais peuvent encore utiliser. L'avance fédérale est stoppée brutalement. A Lagos, on manifeste contre la France [...]. Il en viendra 1 000 tonnes [d'armes et de munitions] en deux mois ! ". C'est un véritable pont aérien depuis Libreville et Abidjan. The Guardian parle de 30 tonnes par jour. Le 8 octobre 1967, le lieutenant-colonel Ojukwu déclare au quotidien ivoirien Fraternité-Matin qu'en cette période, il y a "plus d'avions atterrissant au Biafra que sur n'importe quel aérodrome d'Afrique à l'exception de celui de Johannesburg". Une dépêche d'Associated Press rapporte, le 16 octobre : "Chaque nuit, des pilotes mercenaires transportent de Libreville au Biafra une vingtaine de tonnes d'armes et de munitions de fabrication française et allemande. De bonne source, on précise que ces envois sont effectués via Abidjan, en Côte d'Ivoire [...]. Les avions sont pilotés par des équipages français et l'entretien est aussi assuré par des Français". Michel Honorin, de l'agence Gamma, a séjourné au Biafra en compagnie de mercenaires. Il décrit l'arrivée "de trois à six avions chaque soir au Biafra [...]. Une partie des caisses, embarquées au Gabon, portent encore le drapeau tricolore et l'immatriculation du ministère français de la Guerre ou celle du contingent français en Côte d'Ivoire" (Jeune Afrique, 23/12/68). Cet afflux d'armes aux Biafrais débouche « sur la prolongation de la lutte, c'est-à-dire l'effusion de sang ».

 « Durant l'été 1968, la France accentue son soutien diplomatique aux sécessionnistes biafrais. Le Président de la République intervient personnellement - alors que Nigérians et Biafrais sont en pleine négociation à Addis-Abeba. Pour l'éditorialiste du New York Times, "l'intervention du général de Gaulle a tout au moins accru l'intransigeance biafraise à la Conférence d'Addis-Abeba, faisant échouer ainsi ce qui est probablement la dernière chance de mettre un terme à un sanglant jeu militaire qui pourrait être un suicide pour les Biafrais" ».

 « La propagande pro-biafraise, en réussissant à sensibiliser l'opinion publique mondiale, jouera elle aussi un rôle de tout premier plan dans la prolongation de la lutte armée. [...] En ce qui concerne la France, M. Ralph Uwechue, alors délégué du Biafra à Paris, parle de "conquête de l'opinion publique" française. Cette action psychologique fut menée, de main de maître, par la société Markpress [basée à Genève]. Les "actions de presse" de cette agence de publicité entre le 2 février 1968 et le 30 juin 1969, groupées dans une "édition abrégée", comprennent, en deux volumes, quelque 500 pages de textes, articles, informations, etc. Grâce à cette propagande, les thèses biafraises tiennent le haut du pavé, tandis que la voix de Lagos restera inaudible et ses arguments inconnus. Plusieurs thèmes seront développés. D'abord, celui du génocide. Pour y couper court, le gouvernement [nigérian] acceptera, dès septembre 1968, l'envoi d'une équipe internationale d'observateurs chargée d'enquêter sur ces accusations. Personne n'attachera pourtant foi à son rapport, concluant, à l'unanimité, que "le terme de génocide est injustifié" ; et pourtant, parmi ses quatre membres, se trouvaient un général canadien, un général suédois, sans compter un colonel polonais et un général anglais. M. Gussing, représentant de M. Thant [secrétaire général de l'ONU] au Nigeria, ne sera pas cru, lui non plus, quand il affirmera n'avoir trouvé aucun cas de génocide "à l'exception peut-être de l'incident d'Ogikwi". Deuxième argument-choc de la propagande biafraise, la famine. [Le mercenaire] Rolf Steiner met en relief l'impact [...] du tapage organisé autour des enfants biafrais : "La stupide sensibilité blanche, écrit-il, ne réagissait en définitive qu'aux malheurs atteignant les jolis petits minois". [La famine] sévit effectivement dans la zone contrôlée par les sécessionnistes. Or, le gouvernement fédéral avait proposé la création d'un couloir terrestre pour ravitailler la zone tenue par le régime biafrais. Le colonel Ojukwu avait rejeté cette solution, car "accepter des secours ayant transité à travers le territoire fédéral équivaudrait à reconnaître qu'ils sont effectivement encerclés et qu'ils ne doivent leur survie qu'à la mansuétude des fédéraux" (Fraternité-Matin du 23/07/68). La famine étant bien devenue un paramètre à contenu politique, le gouvernement fédéral se résigne donc à la création d'un pont aérien diurne. Mais cette suggestion, elle aussi, sera rejetée, car si elle avait été acceptée, il serait devenu clair que les vols nocturnes servaient au seul ravitaillement en armes et munitions. Les autorités fédérales auraient eu les coudées plus franches pour l'entraver. Et pourtant, "les garanties militaires exigées par les Biafrais [avaient] toutes été accordées" par le gouvernement fédéral (Déclaration du Premier ministre canadien Pierre-Elliott Trudeau, 27/11/69). La guerre de religion [de musulmans s'apprêtant à exterminer 14 millions de chrétiens biafrais] constitue le troisième thème de la propagande [...]. Bien entendu, l'opinion publique mondiale ignore que neuf des quinze membres du Conseil exécutif fédéral de Lagos sont chrétiens. [...] Le quatrième argument utilisé sera celui du refus du Nigeria d'une solution négociée [...] face à Ojukwu s'en tenant strictement à la reconnaissance préalable de l'indépendance. L'héroïsme du soldat biafrais constitua le cinquième argument [...]. Et pourtant ces conscrits biafrais sont "pourchassés jusque dans leurs cachettes par les sergents recruteurs une baguette à la main" et "certaines unités biafraises étaient chargées de découvrir et d'exécuter immédiatement les hommes qui tentaient de se soustraire au service dans les forces armées" (AFP, 15/07/69 et 16/01/70). [...] Même les mercenaires sont pleinement réhabilités et retrouvent une virginité toute neuve. [...] Images d'Epinal également en ce qui concerne les pilotes de la "Croix-Rouge française". Le plus prestigieux d'entre eux, le commandant Roger Morançay, est basé à Libreville, au Gabon. [...] Bernard Ullmann, envoyé spécial de l'AFP à Libreville, câblera le 21 janvier 1970 à son agence qu'un chef de bord touchait en plus de son salaire de 3 000 dollars par mois [...], plus de 750 dollars pour chaque atterrissage en territoire ibo. Selon tous les observateurs, durant cette période, la plupart des pilotes faisaient deux allers-retours par soirée. Pour des raisons humanitaires. [...] Une grande campagne de collecte de fonds est lancée avec l'appui de l'O.R.T.F. et du gouvernement français. "Pour galvaniser la générosité des Français en faveur du Biafra, un commentateur a touché 30 000 francs" (L'Express, 17/04/72) ».

 Pour diversifier les sources d'approvisionnement et intensifier les livraisons, les deux piliers africains du soutien au Biafra, les présidents gabonais et ivoirien Bongo et Houphouët-Boigny, organisent "une coopération secrète avec la France, l'Afrique du Sud, le Portugal [encore en pleine guerre coloniale] et la Rhodésie, pour l'envoi de matériel de guerre au Biafra" (Le Nouvel Observateur, 19/01/70). Le commandant Bachman, officier suisse, déclare tranquillement à la Feuille d'Avis de Lausanne "être parti pour le Biafra sous le pavillon de la Croix-Rouge" et y avoir livré des armes. Le pilote suédois Carl-Gustav von Rosen, qui mène des attaques aériennes pour le compte des sécessionnistes, indique au Monde (29/05/69) qu'il dispose de cinq avions Saab "équipés pour le combat, sur une base aérienne militaire proche de Paris".

"Les avions qui transportent des armes [...] atterrissent de nuit sur l'aérodrome d'Uli plus ou moins sous la protection des avions d'aide humanitaire" (AFP, 13/07/69).

 

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