Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 22:36


bonne-annee

afrique.jpg

 


(UDPS online 05/01/2010)


Nous voici donc en 2010, cinquante ans après la décolonisation. Ya-t-il vraiment quoi que ce Soit à commémorer ou faut-il au contraire tout Reprendre?

Restauration autoritaire par-ci, Multipartisme administratif par là, par ailleurs maigres avancées au demeurant réversibles et, à peu près partout, niveaux très Elèves de la violence sociale, des situations voire d'enkystement, de conflit ou larve de guerre ouverte, sur fonds D'UNE Qui économie d'extraction, Dans le droit fil de la logique mercantiliste coloniale, continuent de faire la partie belle à la prédation - voilà, je dirais, le paysage d'ensemble.

Dans la plupart des cas, les Africains ne Sont toujours pas à même de choisir Librement Dirigeants Leurs. Trop de pays Sont toujours à la merci de satrapes dont l'unique objectif est de rester au pouvoir à vie. Du coup, la plupart des élections truquées sont. On sacrifie aux aspects PROCÉDURAUX les plus élémentaires de la concurrence, mais l'on garde le contrôle sur les principaux leviers de la bureaucratie, de l'économie, et surtout de l'armée, de la Police et des Milices. La Possibilité de renverser le Gouvernement par la voie des urnes n'existant pas Pratiquement, seul l'assassinat, la rébellion ou le Soulèvement armé PEUVENT contredire le principe de la continuation indéfinie au pouvoir. Globalement, les choses Sont Donc plutôt bloquées, surtout en Afrique francophone ou, les manipulations électorales et les successions de père en fils Aidant, que dire sur l'Peut L'On vit de facto sous chefferies des masquées.

Où allons-nous?

QUATRE tendances lourdes me frappent aussi. La première est l'absence d'un projet démocratique réel, d'une pensée de la démocratie Qui constituerait Une véritable alternative au modèle prédateur En vigueur à peu près partout.

La deuxième est le recul de toute perspective de révolution sociale radicale sur le continent. La troisième est la sénilité croissante des pouvoirs nègres - le fait que plus vieillissants ILS SONT, plus ils Deviennent hystériques et carnassiers, et plus les successions Deviennent des Affaires de famille.

La troisième est l'enkystement de casseroles entiers de la Société et l'irrépressible désir, chez Des centaines de millions de personnes, de vivre partout ailleurs sauf chez eux - le désir généralisé de défection et de désertion.

À CES dynamiques structurelles Une autre vient s'ajouter - l'émergence d'culture Une du racket, de l'émeute sanglante et sans lendemain Et qui, à l'occasion, Tourne Facilement à la guerre de pillage. Cette Sorte de lumpen-Radicalisme, à la vérité la violence sans projet politique alternatif, N'est pas seulement Porté par les cadets «sociaux» dont «L'enfant-soldat» et Le Sans-Travail »des bidonvilles constituant les symboles tragiques. Cette Sorte de populisme sanglant is also mobiliser, lorsqu'il le faut, des forces sociales par les parvenues Qui Sont colonisateur à l'appareil d'État.

Faut-il craindre que cette violence sans projet politique alternatif ne se généraliser. Elle provoquerait en retour le raidissement d'un État Qui, bien qu'illégitime ou Amputé de la plupart Classiques de Prérogatives SES, bénéficie du soutien d'Une classe Qui en fait a l'instrument de son enrichissement personnel ou, simplement, une ressource Une source privée ou encore d'accaparements en tous genres, Dans le contexte de la lutte quotidienne Soit pour l'accumulation, Soit pour la survie pure et simple. Quitte à détruire l'État, l'économie et les institutions, cette classe est prête à tout pour Conserver le pouvoir, la politique n'étant d'ailleurs à ses yeux QU'UNE Manière de conduire la guerre civile ou la guerre ethnique par D'autres moyens.

Brusques Ces observations ne signifient pas Toutefois Qu'il N'existe Aucune saine aspiration à la liberté et au bien-être en Afrique. Ce désir CEPENDANT peine à trouver un langage, des pratiques effectives, et surtout Dans Une traduction des nouvelles institutions et politique de la culture Une neuve ou Le pouvoir N'est Plus un jeu à somme nulle.

NB La violence des sans «-» Pièces

PQue notre Puisse la démocratie s'enraciner en Afrique, il Faudrait Qu'elle Soit Portée par des forces sociales et culturelles organisées; des institutions et des réseaux sortis tout droit du génie, de la créativité et surtout des luttes des gens eux-Mêmes et Leurs Propres de traditions de solidarité. Mais cela ne suffit pas. Il Faut aussi Une Idée dont elle Serait la métaphore vivante et absolue. Ainsi, en exemple par le réarticulant et politique Le pouvoir Autour de la critique des formes de vie, ou Plus précisément de l'impératif de nourrir les «Réserves de vie», sur Pourrait ouvrir la voie à une pensée nouvelle de la démocratie Dans un continent ou Le Pouvoir de tuer reste PLUS OU MOINS illimité, Et où la pauvreté et la maladie rendent l'existence si précaire.

Au fond, UNE Telle pensée utopique Devrait être. Elle devrait etre, de nécessité, une pensée de l'émergence et du Soulèvement. Mais ce Soulèvement Devrait aller bien au-delà de l'héritage anti-colonialiste et anti-impérialiste dont les limites, Dans le contexte de la mondialisation et Au regard de Ce qui S'est passé depuis les indépendances, Sont Désormais flagrantes.
En attendant, deux Facteurs décisifs constituant des freins à Une démocratisation du continent. D'Abord Une certaine économie politique. Ensuite un certain imaginaire du pouvoir, de la Culture et de la Vie.

D'une part, la brutalité des contraintes économiques dont les pays africains Ont fait l'expérience au cours du dernier quart du XXe siècle - Et qui se Poursuit sous la férule du néo-libéralisme - a contribué à la fabrication d'Une multitude de «gens sans-part» dont l'apparition sur la scène publique s'effectue de plus en plus sur le mode de la tuerie Lors de bouffées Xénophobes ou à l'occasion de luttes ethniques, surtout au lendemain d'élections truquées, Dans le contexte des protestations contre la vie chère, Dans Le Cadre ou encore des luttes pour les ressources de base.

CE SONT DES GENS QUI N'ONT strictement rien a perdre, qui de surcroît Sont totalement livrés à l'abandon - l'état de Laquelle ILS NE PEUVENT Souvent Échapper par Que la migration, la Criminalité et toutes Sortes d'illégalismes. C'Est une classe de «superflus» dont l'État (Là où il existe), voire le marché lui-même, ne Savent que faire. Ce sont des gens Que l'on NE PEUT guère vendre en esclavage Comme aux débuts du capitalisme moderne, ni aux travaux forces Réduire Comme à l'époque coloniale et l'apartheid sous. Du point de vue du capitalisme TEL QU'IL fonctionne Dans ces Régions du Monde, ils Sont complètement inutiles - des réfute humains livrés à la violence, à la maladie, à l'évangélisme nord-américain, aux croisés de l'Islam et à Toutes sortes de phénomènes d'illumination.

D'autre part, la brutalité des contraintes économiques aussi une vidé de tout contenu le projet démocratique en réduisant Celui-ci A Formalité Une simple - un rituel sans contenu ni symbolique, et plus grave encore sans Conséquence réelle sur la vie quotidienne des gens ordinaires . Puis, Comme je le suggérais à l'instant, l'incapacité à sortir du cycle de l'extraction et de la prédation dont l'histoire, d'ailleurs, sont antérieures à la colonisation. Facteurs ces, pris ensemble, pèsent énormément sur les formes que le Prend Dans nos politique paie.

À CES données fondamentales s'ajoute l'événement qu'aura Été La Grande sociale Diffraction Commencée au milieu des années 80. Cette diffraction de la Société d'un conduit à peu près partout à Une informalisation des rapports sociaux et économiques, à la fragmentation Une sans précédent du champ des Règles et normes des, et à un Processus de dés-institutionnalisation Qui N'a pas l'épargne État Lui-même.

Cette diffraction a un mouvement provoqué aussi Grand De défection de la part de Nombreux acteurs sociaux, ouvrant dès Lors à La Voie de nouvelles formes de la lutte sociale - une lutte sans pitié pour la survivance centrée autour de l'Accès aux ressources. Aujourd'hui, sans le bidonville est devenu le lieu névralgique de la SCÉ formes nouvelles d'Affrontements Souvent tête apparente. IL S'AGIT d'Affrontements de type moléculaire et cellulaire Qui combinent des éléments de la lutte des classes, de la race des luttes, de la lutte ethnique, des millénarismes religieux et des luttes en sorcellerie ».

Pour le reste, La Faiblesse des oppositions est connue. Pouvoir et opposition opèrent en fonction d'un tribunal par temps marqué l'improvisation, les arrangements ponctuels et informels, les compromis et compromissions diverses, les Impératifs de conquête immédiate du pouvoir ou la Nécessité de le A conserver tout prix. Les alliances se nouent et se dénouent Constamment. Mais surtout, l'imaginaire du pouvoir ne S'est guère transformée. L'imaginaire structurant de la politique en Afrique reste Celui de la guerre civile permanente. ET L'ON NE TANT que découplera Pas la politique et la guerre, Le Potentiel explosif Restera de la violence.

La décolonisation et internationalisation

Ce cinquantenaire de la décolonisation N'est Pas seulement africaine affaire une. On me dit que la France, en particulier, veut faire de 2010 Une «Année de l'Afrique». La France, justement, donne l'impression de n'accepter que du bout des lèvres la démocratisation du continent. Dans son pré-carré, elle s'y est farouchement opposée depuis 1960, pas n'hésitant, Le cas échéant, à recourir à l'assassinat et à la corruption.

Aujourd'hui encore, Connue Elle est, à tort ou à raison, pour son soutien le plus tenace, le plus retors et le plus indéfectible aux satrapes les plus corrompues du continent et aux régimes justement Qui,, tourné le dos Ont cause à la Africaine.

Il YA Une raison simple à tout cela - les conditions historiques Dans LESQUELLES S'est effectuée la décolonisation et le Régime des capitations qu'ont cimenté Les accords inégaux «de Coopération et de défense» signés Dans les années 1960.

ON NE SAIT Le Peut-être pas assez, L'Objet de la SCÉ accords secrets, CE FUT non pas de liquider le rapport colonial, mais justement de le contractualiser. C'est au nom de cette contractualisation des vieux rapports coloniaux que la France continuera, de facto, d'Exercer un droit de propriété sur le sol, le sous-sol et l'espace aérien de ses anciennes colonies.

Lors de son dernier voyage officiel en Afrique du Sud, le président Nicolas Sarkozy Avait Promis de Rendre public accorde CES. Je ne sais S'il l'a fait déjà.

Les États-Unis ne s'opposent Peut-être pas activement à la démocratisation de l'Afrique. Cynisme et hypocrisie suffisent Largement - QUE Encore de Nombreuses institutions privées américaines apportent Une aide multiforme à la consolidation des sociétés civiles africaines. C'est par exemple le cas des Nombreuses fondations américaines. Mais le caractère moralisateur et évangélique de Leurs interventions laisse à désirer.

Un fait majeur des prochaines années Cinquante sérums La présence de la Chine en Afrique. Cette présence de l'ONU contrepoids sinon Est, du moins un expédient à l'échange inégal si caractéristique des relations que le continent Entretient avec les puissances occidentales et les institutions financières internationales. Il est vrai que pour le moment, la relation avec la Chine ne sort pas du modèle de l'économie d'extraction - Modèle Qui, ajouté à la prédation, CONSTITUE La base matérielle des tyrannies Nègres. Il Ne Faut Donc pas s'attendre à ce que la Chine Soit d'un grand secours Dans les luttes à venir pour la démocratie.

L'influence de l'autre puissance montante, l'Inde, est marginale pour l'instant.

Quant à l'Afrique du Sud, elle ne Peut pas, à elle toute seule "," Promouvoir la démocratie en Afrique. Elle n'en a ni les moyens, ni la volonté, ni les ressources de l'imagination. Du reste, Doit ELLE D'ABORD Approfondir la démocratie chez elle avant de penser à la Promouvoir chez d'autres. Il est dommage que des forces externes Continuent de faire pression sur elle pour Qu'elle EXERCE sur le continent un rôle de gendarme Qui ne lui sied pas du tout et pour Lequel elle est si mal équipée..

Ce à quoi il Faudrait arriver, c'est à Une sorte de «New Deal» collectivement continental négocié par Les différents États africains et par les puissances internationales - Un «New Deal» en Faveur de la démocratie et du progrès économique Qui viendrait Compléter et Une fois toutes trouvées pour clore le chapitre de la décolonisation.

Survenant plus d'un siècle après la fameuse Conférence de Berlin Qui inaugura la partition de l'Afrique, ce «New Deal assorti Serait» D'UNE Premier économique pour la reconstruction du continent. Mais il comporterait un volet aussi juridique et pénal, des Mécanismes de sanction, voire de mise au ban, dont la mise en œuvre Serait nécessairement Multilatérale, et dont l'inspiration Pourrait être trouvée Dans les transformations récentes du droit international. Ceci impliquerait Qu'à l'occasion, des régimes coupables de crimes contre Leurs peuples pourraient légitimement être déposés par la Force et les auteurs de crimes CES poursuivis devant la justice pénale internationale. La notion de crimes «contre l'Humanité» Devrait elle-même faire l'objet d'Une interprétation étendue Qui inclue non seulement les massacres et les violations aggravées des droits humains, mais aussi des faits graves de corruption et de pillage des ressources naturelles d'un pays. Il va de soi que des acteurs privés locaux ou internationaux pourraient être aussi VISÉS PAR DE dispositions Telles.

C'est à ce niveau de profondeur historique et stratégique Qu'il importe d'Désormais Envisager la question de la démocratisation et du progrès économique en Afrique.

La démocratisation de l'est Afrique Africaine D'ABORD UNE QUESTION, certes. Mais elle a aussi des dimensions internationales.

Ré-ouvrir le futur

Pour le demi-siècle Qui vient, Une partie du rôle des intellectuels, des gens de culture et de la Société Civile Africaine sera justement d'secouriste à «Internationaliser» la question de la démocratisation de l'Afrique, Dans le droit fil des efforts des dernières années Visant à mutualiser Le Droit International et Qui Ont vu l'apparition d'juridictionnelles instances supra-étatiques.

Encore Faut-il aller au-delà de la conception traditionnelle de la Société Civile, Celle Qui est étroitement dérivée de l'Histoire des Démocraties capitalistes. D'une part, Il Faut Tenir compte du facteur objectif qu'est la multiplicité sociale - Multiplicité des identités, des allégeances, des Autorités et des Normes - et, à partir d'elle, Imaginer de nouvelles formes de mobilisation et de leadership.

D'autre part, la Nécessité de création d'Une plus-value intellectuelle N'a jamais aussi Été Pressant. Cette plus-valeur Doit être réinvestie Dans un projet de transformation radicale du continent. La création de cette plus-valeur ne sera pas uniquement l'œuvre de l'État. Elle est, à mes yeux, La Tache Nouvelle des sociétés civiles africaines. Pour y parvenir, il Faudra à tout prix sortir de la logique de l'urgence et de la logique des Besoins IMMEDIATS Qui a, jusqu'à présent, à coloniser le Débat sur l'Afrique.

Tant que la logique de l'extraction et de qui la prédation caractérisé l'économie politique des matières premières en Afrique N'EST PAS brisée, et avec elle les EXISTANTS modes d'exploitation des richesses du sous-sol africain, nous n'irons pas loin. La Sorte de capitalisme que Favorise cette logique allie fort bien Mercantilisme, désordres politiques et militarisme. Cette Sorte de capitalisme, on en voit déjà les prémisses à l'époque coloniale, avec Le régime des sociétés concessionnaires. Tout ce dont il une Besoin pour fonctionner, Ce sont des enclaves fortifiées, des Complicités Souvent criminelles Au cœur des sociétés locales, le minimum possible d'État et l'indifférence internationale.

Si les Africains Veulent La Démocratie, c'est à eux d'en payer le prix. Personne ne le paiera À leur place. Ils ne l'obtiendront pas non plus à crédit. Ils auront néanmoins Besoin de s'appuyer sur de nouveaux réseaux de solidarité internationale, le moral Une grande coalition en dehors des Etats - La coalition de Tous Ceux qui croient que sans sa partie africaine, Notre monde sera décidément plus encore pauvre en Esprit et en Humanité.


Achille Mbembe


Visitez www.udpsonline.com


© Copyright UDPS online

 

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE