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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 01:12

 

 

 

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Après moi, c’est encore moi ou alors ce sera mon fils, sinon le chaos.

Tel est en filigrane l’état d’esprit mesquin et condamnable qui anime ces « indispensables » despérados, présidents de la république d’un nouveau genre qui veulent nous gouverner ad vitam æternam malgré tout. Ils ont décidé que nous ne serions plus dans une République démocratique  et laïque mais dans une sorte d’Etat « abâtardi » aux normes inclassables, à mi-chemin entre un Etat religieux pour certains, une monarchie héréditaire qu’ils voudraient constitutionnelle et un gros village dans lequel ils géreraient les services publics  à l’ancienne, en bon père de clan ou plutôt de famille. Cette forme d’Etat indéfinissable, inventée par les « indispensables « présidents  desperados africains s’est déjà installée ou en instance de l’être par imitation dans les pays d’Afrique situés au sud du Sahara, notamment et majoritairement dans les anciennes colonies Française. Pourquoi seulement sur ces terres-ci et pas ailleurs ?  L’actualité de ces derniers jours nous en donne la parfaite et  palpitante illustration. Le Sénégal dont on pensait qu’il était aguerri du jeu de l’alternance démocratique  nous rejoue la même partition inaudible et inacceptable de « j’y suis, j’y reste ou alors ce sera mon fils sinon le chaos».

La déception est à la hauteur des attentes suscitées pour celui que le peuple africain tout entier s’attendait à le classer après son mandat dans le cercle très fermé des « grands dirigeants du continent ». Au lieu de cela, son entêtement à vouloir retoucher la constitution pour se représenter a écorné à jamais son image. Elle est désormais associée pour des milliers d’africain à une liste non exhaustive de pays africain dont les présidents fantoches essaient par tous les moyens de fouler aux pieds les préceptes de la démocratie. Toute la sagesse et les acquis de la démocratie Sénégalaise en matière d’alternance politique, initiés par Léopold Sédar Senghor puis  Abdou Diouf  sont mis au rebus. Hélas ! L’alternance démocratique vient de marquer  le pas au Sénégal et une fois de plus dans une Afrique qui n’en avait pas besoins. Ce, au moment où le Nord de notre continent par le printemps Arabe vient  de donner l’exemple à tous les peuples opprimés en quête de liberté et de démocratie.

Par ailleurs, on assiste à l’émergence du Mouvement des indignés qui est parti de l’Espagne pour finalement  se répandre dans toute l’Europe et en Amérique. Un Mouvement dont l’objectif est de lutter contre la précarité, conséquence de la crise économique et de la crise financière de ces dernières années. Au plus fort de ces manifestations, le Mouvement a pu lancer des appels dans 719 villes de 71 pays à travers le monde. C’est dire combien nous assistons au réveil des peuples qui n’acceptent plus d’êtres opprimés ou de subir seuls les conséquences désastreuses des différentes crises  dont ils sont en rien responsables.

C’est pourquoi, la jeunesse africaine doit se lever comme un seul homme au-delà de toute considération partisane et opérer une rupture radicale avec le système et ses « indispensables » desperados aux pratiques désuets. Eux, ce sont bien sûr ces Présidents de la République qui ont lamentablement échoués et qui veulent demeurés au pouvoir au-delà du délai légal du mandat fixé par la constitution,  Ces chefs de parti politique qui ne se remettent jamais en question malgré des échecs à répétition et qui ne jure que par et pour eux-mêmes. A tous ceux-là, qu’ils soient devenus grabataires et très âgés, en fin de vie ou bien en fin de mandat, cela n’a aucune importance. Ils ont décidé que les règles définies par les constituants ne les concernaient en aucune manière et qu’elles étaient éternellement interchangeables voir extensibles à volonté. A force de bafouer régulièrement, impunément la constitution, ils se sont placés ipso facto en marge de la loi par conséquent de toute légalité au risque de semer le trouble et le désordre. Pour la conservation de leur  pouvoir décrié de toute part, ils sont prêts à s’engager sans arrêts, désespérément  dans des réformes improvisées et impopulaires, toujours prompts à utiliser l’armée républicaine pour mâter de simples revendications citoyennes. En collaborant ou en pactisant avec des forces étrangères, ils mettent à mal la souveraineté nationale. Ainsi donc, l’Etat est menacé dans son existence même du fait que l’idée de continuité qui sous tend sa raison d’être s’estompe brutalement laissant percevoir des fissures dans le socle d’une Nation déjà fragile et presque inexistante.

La jeunesse africaine doit unanimement arrêter cette hémorragie en leur signifiant un « Non » catégorique, ce, au nom de la modernité, au nom de l’Afrique qui avance, au nom des 80 % de la population africaine qui est âgé de moins de quarante ans. La démocratie naissante a besoin de se revigorer avec du neuf. Elle a besoin de se régénérer par une nouvelle classe politique et de nouvelles institutions appropriées.

 

Franck SARAGBA

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion