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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 19:09

 

 

  Demafouth JJ

 

 

BANGUI AFP / 08 janvier 2012 16h14 - Le ministre de la Justice centrafricain, Firmin Findiro, a accusé dimanche l'opposant et chef d'une ancienne rébellion, Jean-Jacques Demafouth, en garde à vue depuis vendredi, de vouloir reprendre la rébellion et déstabiliser le pays.

 

M. Demafouth est dans une opération tendant à la déstabilisation du pays à travers la reprise des activités de la rébellion qu'il entend mener dans le cadre d'une force coalisée, a affirmé à l'AFP le ministre.

Dans cette matière, même une seule réunion est un élément constitutif de l'infraction, a-t-il ajouté.

 

Selon lui, la force coalisée comprend la principale ex-rébellion du pays l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) dirigée par Demafouth ainsi que la CPJP (Convention des patriotes pour la justice et la paix), l'UFDR (Union des forces démocratiques pour le rassemblement) et le MLCJ (Mouvement des libérateurs centrafricains pour la Justice).

 

Ancien ministre de la Défense et deux fois candidat à la présidentielle, M. Demafouth, 54 ans, nie les faits. « Je n'ai rien à voir avec ça. Je ne suis au courant de rien. C'est complètement faux, avait-t-il déclaré vendredi à l'AFP depuis la SRI (Section recherches et investigations). Samedi, il avait précisé « Je crains que ça ne dure jusqu'à lundi ».

 

Selon Bienvenu Dotoko, un responsable de son parti, la Nouvelle alliance pour le progrès (NAP), M. Demafouth était encore en détention dimanche.

 

M. Demafouth avait accepté de prendre en 2008 la tête de l'APRD au cours du processus de paix qui a conduit à la signature d'un accord entre la plupart de mouvements rebelles et le pouvoir. Il est à ce titre vice-président du Comité de pilotage du programme Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) des anciennes rébellions, processus en cours.


Selon la gendarmerie, Gontran Djono Ahaba, ex-ministre et actuel député de Birao, fait également partie des personnes arrêtées.


L'état-major de l'ex-rébellion de UFDR a réagi dimanche par la voix du colonel Joseph Zoundéko : En procédant à l'arrestation Gontran Djon Ahaba et Mahamat Abrass deux dirigeants de l'UFDR, le gouvernement ne veut pas que la paix se consolide dans notre pays. L'état-major de l'UFDR exige leur libération sans condition.


L'UFDR est prête depuis près de deux ans déjà pour le programme DDR. En aucune façon, elle ne va se détourner de ce processus pour reprendre les hostilités. Nous avons signé des accords de paix avec le gouvernement et nous n'entendons pas revenir à la case départ, a-t-il précisé à l'AFP.

L'APRD, le MLCJ et l'UFDR avaient adhéré à l'accord de paix de Libreville en 2008. La CPJP avait signé un cessez-le-feu avec les autorités de Bangui en juin, sans pour autant intégrer l'accord global de paix de Libreville de 2008.


(©)

 

 

 

 

NDLR : Les conditions dans lesquelles s’est opérée vendredi dernier l’arrestation de Demafouth, pour rocambolesques qu’elles aient été sont tout aussi inadmissibles et dignes d’une véritable république bananière. Ceux qui se faisaient encore des illusions sur la nature dictatoriale du régime de Bozizé doivent définitivement revenir de leur naïveté. Comment peut-t-on s’expliquer qu’un ministre, fût-il de la justice, puisse convoquer un citoyen dans son bureau et y faire procéder à son arrestation quelques heures plus tard et ensuite la justifier dans les médias.

A l’évidence, Firmin Findiro a beaucoup de mal à renoncer à sa robe d’ancien procureur de la République auprès du Tribunal de Grande Instance de Bangui pour revêtir le costume de ministre de la justice Garde des Sceaux, porte-parole du gouvernement. Pour lui, toutes ces casquettes ne font qu’une. Cette confusion délibérée des genres et des pouvoirs n’est pas de mise en démocratie où la séparation des pouvoirs est un sacro-saint principe qui doit être scrupuleusement observé.

Tout régime qui prétend construire un Etat de droit ne peut qu’être jugé à l’aune du respect de cette règle or Bozizé et sa clique au pouvoir, la foule allégrement au pied. Il est donc clair et il va de soi que leurs pratiques  – les circonstances de l’arrestation de Jean Jacques Demafouth en sont une preuve supplémentaire - sont aux antipodes de ces principes élémentaires qui régissent toute démocratie.

L’immixtion systématique et les grossières ingérences qui ne sont plus à démontrer de Bozizé et Findiro dans plusieurs affaires de simple droit commun témoignent de leur mépris souverain  de l’indépendance de la justice. Le scandaleux dossier de l’incendie du supermarché Rayan le prouve amplement avec les nombreuses personnes arbitrairement arrêtées, déportées à Bossembélé puis ramenées à Bangui grâce aux fortes pressions mais qui continuent toujours de croupir dans les prisons de la capitale  en dépit de la décision de mise en liberté prononcée par la chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Bangui.    C’est le cas de l’épouse de l’ancien bâtonnier Balemby et des proches de Jean Daniel Dengou ancien gérant d’ADMN et vice-président du Conseil économique et social.

Pour en revenir au cas Demafouth, comment peut-t-on lui reprocher comme l’a fait Firmin Findiro, de vouloir reprendre des activités de déstabilisation du pays par la seule tenue des réunions avec les mouvements de rébellion avec lesquels il est bien obligé au demeurant, de prendre contact en tant que vice-président du comité de pilotage du DDR. C’est totalement illogique et n’est pas en soi très cohérent de la part du régime en place à Bangui mais peut-t-on s’attendre à autre chose d’un tel pouvoir désormais aux abois.  

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique