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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 22:17

 

 

 

 

Bozizé en galante compagnie KNK

 

 

Décidément, on n'aura rien compris et rien vu dans ce pays. Et décidément, avec ce triste constat, on pourra conclure qu'on ne verra jamais rien, en dépit de toutes les manœuvres politiques qui ont mis bon nombre de Centrafricains dans les geôles de la République, poussé bon nombre d'entre eux à l'exil, entraîné certains d'entre eux dans des retraites anticipées en dépit de leur âge et parfois de leurs expériences tant nécessaires à la formation de la jeunesse, et à l'aiguillage général de la boussole nationale, en vue d'une orientation réelle vers l'horizon du développement économique du pays et du progrès social de l'entité nationale.

 

La République Centrafricaine est un bateau ivre : ivre de ses hommes politiques, aussi bien de l'opposition que de ceux au pouvoir.

 

A un moment où les hommes politiques de l'opposition devaient comprendre depuis bien longtemps que le pouvoir en place n'entend rien de tous les cris de détresse, de toutes les  lamentations qu'ils peuvent exprimer pour solliciter telle ou telle correction dans la gestion des affaires publiques, à un moment où en dernier lieu ils devaient comprendre que le pouvoir en place n'avait que faire des résolutions du Dialogue Politique inclusif auquel ils avaient contribué, avec le pouvoir, à organiser pour le mener à bon port, à un moment où les résolutions de ce dialogue inclusif, en dépit de leur bon sens, n'ont été que de la fumée qui devait se dissiper dans le ciel ombrageux de Centrafrique, comme la fumée d'autres conférences nationales jetées aux oubliettes ou perdues dans les archives nationales, à un moment où des élections, présidentielle et législatives ont été honteusement organisées et  frauduleusement remportées par ceux qui avaient les parcelles de pouvoir souvent soumises à caution et au questionnement, à un moment où un organe s'est constitué pour demander l'annulation et la reprise de ces élections contestées, comment ne peut-on pas comprendre l'autisme et l'aveuglement du pouvoir en place, face aux revendications de l'opposition ?

 

Peut-on être aussi indulgent pour ne pas dire aussi naïf pour laisser le pouvoir vous mener par le bout du nez, en sachant bien entendu que vous finirez par perdre votre nez par la force des choses, à force de le voir tiré avec l'extrême vigueur qu'on connaît de la part des inconditionnels du pouvoir en place ?

 

La République Centrafricaine est un bateau ivre car on voit l'image que le pays affiche aujourd'hui à travers la dégradation extrême de ses voies de communication, la souffrance extrême de son peuple à travers les affres d'une famine quotidienne, les douleurs des maladies en tous genres qui font le calvaire de sa population, l'abandon à leur triste sort de cette génération d'enfants sans éducation ou à l'éducation hasardeuse et aléatoire.

 

Quand la plupart des pays qui entourent le Centrafrique font des efforts dans l'amélioration des conditions de vie de leurs populations, le Centrafrique, lui, croule sous les coups de boutoir d'un pouvoir qui n'a aucune complaisance pour ses malheurs, il croule sous les coups de boutoir d'éléments effarouchés venus de tous les horizons pour se paître de la chair appauvrie du peuple centrafricain.

 

Au vu de cette situation catastrophique, l'exigence d'un autre dialogue politique inter centrafricains n'est qu'une stratégie de courte vue, pour ne pas être une autre manipulation du peuple centrafricain si ce n'est la manipulation de l'opposition politique elle-même. Situation fort lamentable et qui fait verser des larmes.

 

L'opposition n'a plus rien à demander au pouvoir, car le pouvoir a décidé depuis bien longtemps de n'en faire qu'à sa tête. Tout ce qu'elle a à faire, comme il y a tellement de partis politiques au point qu'on a beaucoup de mal à savoir qui fait quoi, qui pense quoi réellement, c'est de se passer de toutes les envies et de toutes les faims, pour constituer une seule et grande force de frappe certaine d'ébranler le pouvoir autiste de Bangui. Le linge sale se lave en famille dit-on. Le pouvoir n'a jamais voulu laver ce linge avec les partis de l'opposition. Donc l'opposition devait comprendre que s'il y a un linge sale en son sein, il lui appartient de se ressaisir, de se retrouver pour le laver afin de se donner les moyens  d'offrir au CENTRAFRIQUE, la voie de sortie de toutes ses misères.

 

Mawa na vundu

 

 

 

 

NDLR : Le dialogue est préférable aux armes que certains ont cru devoir prendre depuis dix ans bientôt que Bozizé est au pouvoir, sans jamais apporter le changement que souhaitent ardemment les Centrafricains. Il est vrai que Bozizé exaspère les fils du pays avec ses nombreuses roublardises politiques et sa mauvaise façon de jouer la montre mais l'opposition démocratique doit rechercher la meilleure manière de le contraindre à mettre absolument en oeuvre les décisions prises par consensus à l'issue d'un dialogue politique. Aujourd'hui où Bozizé est objectivement affaibli par les purges successives de certains piliers importants de son pouvoir (cf le limogeage de Ndoutingaï et le départ en exil de Firmin Findiro notamment) et qu'il est fragilisé par ailleurs par le retrait de ses anges-gardiens tchadiens, ce serait de la cécité politique et particulièrement stupide de ne pas profiter de cette situation quand l'adversaire est désormais dos au mur. 

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion