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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 15:37

 

 

armes de guerre de Bozizé 1

 

Par Sandra Titi-Fontaine | Infosud | 10/02/2011 | 12H53 repris par Rue89.com

Dans l'indifférence générale, le président sortant, François Bozizé, vient de se faire réélire à la tête de la Centrafrique. Et n'exclut pas de modifier la Constitution pour briguer d'autres mandats. Pour l'opposition, « c'est un hold-up électoral, avec des fausses listes, des bureaux de vote factices, des bourrages d'urnes, et une intimidation des autorités locales par le parti au pouvoir. »

Plus d'une semaine après la proclamation des résultats de l'élection présidentielle du 23 janvier, qui a marqué la victoire du président sortant François Bozizé dès le premier tour, avec 66% des voix, l'un de ses plus virulents opposants, Martin Ziguélé, n'en démord pas : ni lui ni les trois autres candidats - dont l'ancien président Ange-Félix Patassé renversé par le même Bozizé en 2003 - ne reconnaissent les résultats de ce scrutin, déjà reporté à deux reprises.

D'après RFI, près d'un quart des bureaux de vote, soit presque 500 000 des 1,8 million de votants officiellement recensés, n'ont pas été pris en compte par la commission électorale indépendante (CEI). Et cela sans que la communauté internationale ne réagisse. A commencer par le comité de pilotage des élections placé sous la houlette du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Pourtant, la mission d'observation de l'Organisation internationale de la francophonie, déployée dans les bureaux de vote, avait aussi relevé « toutes sortes de difficultés et de dysfonctionnements », selon son responsable, l'ancien président du Burundi Pierre Buyoya.

Réunie sous la bannière du Collectif des forces du changement, l'opposition veut rapidement porter plainte contre Joseph Binguimalé, président de la CEI, devant le tribunal correctionnel pour fraude électorale. « Nous ne sommes pas naïfs au point de croire que le pouvoir va le condamner, concède Ziguélé. Mais nous voulons tirer la sonnette d'alarme. »

« Dictature familiale »

Et l'annonce, lundi, des résultats des législatives qui se déroulaient en même temps, n'a fait qu'ajouter de l'huile sur le feu : le KNK (Kwa Na Kwa, soit « le travail rien que le travail » en langue sangö, ndlr), parti présidentiel, voit une partie de ses candidats dès à présent élus, et semble en bonne position pour remporter la majorité absolue à l'Assemblée nationale le 20 mars, lors du second tour. Ziguélé s'insurge :

« Nous sommes aujourd'hui confrontés à une dictature familiale. Au moins la moitié de ces députés déjà confirmés sont des proches du président. Ils ne visent que le maintien de Bozizé au-delà des deux mandats autorisés par la Constitution. »

Des intentions que ne nie pas le porte-parole du gouvernement Fidel Gouandjika :

« Le président ne compte pas s'éterniser au pouvoir. Mais si jamais il fait un programme bien [sic], que le pétrole jaillit et que le train vient, alors le peuple aura le droit de demander à changer de Constitution pour garder Bozizé à sa tête. Cela passera par un référendum. Nous sommes dans un Etat de droit, pas sur une autre planète. »

Reste que les espoirs de paix et de stabilité suscités par cette double élection, semblent s'éloigner de jour en jour. Si les ambitions législatives du KNK se confirment dans les urnes et sur les sièges de l'Assemblée, « alors l'opposition n'aura pas d'autre choix que de reprendre les armes », craint une source onusienne à Bangui.

Personne, dans la capitale centrafricaine, n'a jamais ignoré que le désarmement si laborieusement mis en place depuis quelques années est un échec, que les populations craignent tout autant leurs propres militaires que les milices rebelles, et que les zones de non-droit, surtout dans le Nord et l'Est, sont de véritables poudrières.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique