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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 00:21

 

 

 

soldats-fcais-a-Bangui.jpg

 

 

Isabelle Lasserre  Le Figaro 01/01/2013 à 23:20


C'est la première fois depuis l'indépendance de la Centrafrique que les troupes françaises renoncent aussi clairement à leur rôle d'acteur principal dans une crise politico-militaire. http://www.lefigaro.fr/icones/coeur-.gif


Comme l'a réaffirmé le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, depuis Kaboul lundi, la mission des 600 militaires stationnés en Centrafrique, à l'aéroport de Bangui, est de protéger les ressortissants français et européens et de les évacuer en cas de besoin. Officiellement, ces derniers sont 1200 - dont un tiers de binationaux - même si certains sont déjà partis. L'attaque de l'ambassade de France à Bangui par des manifestants le 26 décembre a montré que la situation pouvait rapidement dégénérer et se retourner contre les Français. C'est la raison pour laquelle, affirme Paris, des renforts ont été envoyés de la base militaire de Libreville au Gabon ces jours derniers.


Pendant longtemps, les troupes françaises sont intervenues en Centrafrique pour y faire ou y défaire les régimes qui se sont succédé depuis la décolonisation en 1960. L'intrusion la plus spectaculaire dans les affaires centrafricaines fut l'opération «Barracuda», menée par des commandos français en 1979 pour renverser l'empereur Bokassa. Mais elle ne fut pas la seule. En 1996, les troupes françaises sont intervenues trois fois pour sauver le pouvoir en place. En 2007, les parachutistes ont sauté sur le nord-est du pays pour soutenir les forces armées contre un mouvement rebelle.


Révision des accords de défense

 

«Ce temps-là est terminé», assure François Hollande. «Si nous sommes présents, ce n'est pas pour protéger un régime, c'est pour protéger nos ressortissants et nos intérêts et en aucune façon pour intervenir dans les affaires intérieures d'un pays.» Le chef de l'État a opposé une fin de non-recevoir aux demandes d'intervention faites par le président centrafricain François Bozizé.


La France n'est plus le gendarme de l'Afrique francophone, elle le prouve aujourd'hui à Bangui. Amorcée sous Nicolas Sarkozy, qui a renégocié les accords de défense entre Paris et ses anciennes colonies, les débarrassant de clauses secrètes qui permettaient à l'armée française d'intervenir militairement, la fin de la Françafrique a été réaffirmée par le nouveau gouvernement. La France «n'a pas vocation à intervenir directement» avec ses troupes combattantes en Afrique, avait promis l'équipe au pouvoir en mai dernier.


La discrétion n'exclut cependant pas l'influence. Avec ses 600 militaires sur le terrain, la France voudrait aussi favoriser, comme l'a dit François Hollande, «l'ouverture d'un dialogue» entre les autorités et la rébellion. Dit autrement, Paris espère que la présence militaire française aura un effet stabilisateur sur la situation et freinera les ardeurs des deux parties. Un rôle d'arbitre armé, en somme. Les prochains jours diront si cette nouvelle posture est ou non persuasive. 

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