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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 04:19




Boureima Diallo L’Observateur Paalga

29 Novembre 2009

 

La Centrafrique entre de nouveau dans une zone de turbulence, à l'approche de la présidentielle. Sauf report de dernière minute en effet, le premier semestre de 2010 verra la tenue de la présidentielle en République centrafricaine (RCA). Et déjà, les états-majors des partis politiques y fourbissent leurs armes pour ne pas être gros-jean comme devant quand l'heure aura sonné.

Il y a quelques jours seulement, on notait le retour au bercail du président Ange Félix Patassé après un exil de six ans au Togo. Sitôt rentré que le fondateur du Mouvement patriotique pour la libération de Centrafrique annonçait officiellement sa candidature à la confrontation de 2010 et ceci, à 71 ans bien sonnés. Mais il n'est pas le seul, ce vieux briscard de la politique centrafricaine, à se positionner pour cette échéance électorale.

Il y a aussi et surtout Martin Ziguélé, son ancien Premier ministre avec lequel il ne parle plus le même langage et qui, on s'en souvient, avait failli mettre en ballottage le général Bozizé lors de la dernière élection à la magistrature suprême.

Avec ces deux poids lourds du landernau politique centrafricain, inutile de dire que Bozizé a du pain sur la planche, pour ne pas dire un vrai souci à se faire. Mais ses tracas ne s'arrêtent pas seulement là : une rébellion dénommée Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) refait parler d'elle depuis quelques jours. Cette rébellion armée, qui n'a toujours pas conclu d'accord de paix avec Bangui et qui, par conséquent, n'a pas intégré le processus de paix, est dirigée par Charles Massi.

Cet ancien ministre du gouvernement Patassé avait d'ailleurs annoncé à grand renfort de publicité avoir pris jeudi dernier la ville de Ndélé dans le nord du pays, à 100 km de la frontière tchadienne, lors de combats à l'arme automatique. A la clé, trois morts côté rebelle contre une dizaine dans les rangs gouvernementaux selon la CPJP.

Charles Massi, cet officier supérieur de l'armée centrafricaine, n'est autre que celui-là même qui avait été arrêté en mai dernier en territoire tchadien, près de la frontière centrafricaine, sous l'accusation de tentative de déstabilisation de la RCA. Libéré un mois plus tard par les autorités de N'Djamena, cet homme de 57 ans entend renverser coûte que coûte le président Bozizé qu'il accuse d'être à la base de la situation chaotique dans laquelle végète le pays.

L'homme ne démord aucunement de cet objectif. Et, naturellement, l'actuel chef d'Etat n'entend pas se laisser faire et ne manque aucune occasion pour qualifier Massi et ses amis d'assoiffés du pouvoir qui tentent par tous les moyens d'assouvir leurs intérêts égoïstes.

C'est dire donc que les hostilités sont ouvertes et que les pauvres populations vont de nouveau payer les pots cassés. Après la première attaque de 2008 et celle bien meurtrière de juin 2009 qui avait entraîné d'importants mouvements, les derniers combats vont davantage désorienter la population et la conduire vers une paupérisation avancée.

En seulement quelques heures de combats, on compte déjà plus de 600 réfugiés. On imagine bien que Bozizé, qui pour rien au monde ne se laisserait ravir son fauteuil moelleux de chef d'Etat, va puiser dans les maigres ressources publiques pour se réarmer conséquemment. La Centrafrique, qui, déjà, n'était pas si bien lotie en matière de prospérité, de développement, et ce, en dépit de ses fabuleuses ressources naturelles, va de nouveau sombrer dans les profondeurs du classement de l'indice du développement humain du PNUD.

Copyright © 2009 L'Observateur Paalga. Droits de reproduction et de diffusion réservés.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique