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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 04:24

 

 

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  Centrafrique : Martin Ziguélé n'est pas candidat (JDD)

Martin Ziguélé, principal opposant en République centrafricaine, n'a pas déposé à temps sa candidature à l'élection présidentielle prévue le 23 janvier prochain. La date butoir avait été fixée au 8 novembre. Mais le chef de file du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) refuse la validité de ce calendrier. "Ce n'est pas que je refuse de me présenter, ou de faire enregistrer ma candidature, mais ce délai m'est étranger parce qu'il est illégal", a-t-il expliqué. Le scrutin présidentiel a déjà été repoussé à trois reprises faute de moyens financiers et du fait de difficultés dans le désarmement des rebelles.

 

Source : http://www.lejdd.fr/International/Afrique/Depeches/Centrafrique-Martin-Ziguele-n-est-pas-candidat-232562/

 

NDLR : Il est évident que des élections aujourd’hui en Centrafrique sans que Martin Ziguélé soit dans les starting-blocks ne peuvent être considérées comme des élections crédibles. De même, des élections aujourd’hui en Centrafrique avec comme seuls candidats Bozizé et Patassé et quelques faire-valoir pour qu’ils n’aient pas l’air trop ridicule tous les deux ne peuvent être  prises vraiment au sérieux, ni par les Centrafricains, ni par la communauté internationale. Bozizé doit revenir à la légalité et cesser de violer la loi en se croyant tout-puissant. Le Code électoral est clair dans les dispositions liées au délai du dépôt de candidature.

 

 

A deux mois des élections, polémique sur les candidatures en Centrafrique

 

 

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Par RFI 10/11/2010 par Carine Frenk

Le collectif des forces du changement, qui regroupe tous les partis de l'opposition centrafricaine, a décidé de déposer ses dossiers de candidature entre le 8 novembre et le 8 décembre 2010, conformément aux délais initialement prévus pour participer aux élections présidentielle et législatives du 23 janvier prochain. Mais entre-temps, la commission électorale a changé les dates et le dépôt des candidatures est clos depuis lundi soir.

Si l'affiche ne change pas et si la date des élections est maintenue, trois principaux candidats seront en lice le 23 janvier prochain pour la présidentielle centrafricaine : l'actuel chef de l’Etat, le général Francois Bozizé, celui qu'il a renversé le 15 mars 2003, Ange-Félix Patassé, ainsi que l'ancien ministre de la Défense, Jean-Jacques Demafouth, qui est aujourd'hui le chef de file des ex-rebelles de l'APRD. « C’est la suite du processus de paix que nous avons engagé. Je représente une catégorie de nos compatriotes qui avaient choisi de s’exprimer par la voix des armes et que j’ai convaincus de revenir sur la voie de la démocratie ».

Refusant de reconnaître la légalité du nouveau calendrier, l'ancien Premier ministre (2001-2003) Martin Ziguélé, qui était arrivé au second tour en 2005, a déposé sa candidature ce mardi 9 novembre « conformément aux délais initialement prévus ».

Emile Gros Raymond Nakombo, qui vient d'être investi par le RDC, le parti de feu le général André Kolingba, compte déposer son dossier en fin de semaine. Le collectif des forces du changement conteste aussi la légalité du découpage électoral et la coalition a déposé le recours devant le conseil d'Etat.

Justin Innocent Wilité, du Congrès centrafricain de la Renaissance, un parti en phase de création, Cleophas Azouroute, membre du KNK le parti du général Bozizé et représentant des jeunes diplômés sans emploi, et Kouet Fodé, un opérateur économique indépendant, ont également déposé leurs candidatures dans les délais reconnus par la CEI. 

 

 

Valider les fraudes électorales en Afrique, un crime contre l’humanité

Juliette Abandokwe

 Personne ne s’attend à ce que les tyrans qui nous gouvernent ne quittent leurs « responsabilités de chef d’état » librement et démocratiquement. Ils sont arrivés au pouvoir par la fraude et le soutien de leurs maquereaux occidentaux, et se maintiennent au pouvoir par la violence et la répression. Ils ne connaissent donc pas d’autres langages que celui-là. Le goût très sucré de la mangeoire pour leur famille et leur clan ne peut d’ailleurs que les dissuader au quotidien d’abandonner le doux pouvoir.  

Par conséquent, tous les moyens et subterfuges sont bons pour forcer le peuple à accepter soit la monarchisation, soit la passation du pouvoir à l’intérieur du clan. Les contestations sont écrasées dans la répression avec la bénédiction des maquereaux, les leaders dérangeant assassinés. Cela fait 50 ans que ça dure.

« Comment peut-on organiser des élections, y participer et les perdre en Afrique ? » disait Omar Bongo.

 Les pays de la communauté françafricaine usent d’une machine déjà parfaitement bien huilée depuis l’avènement des pseudo-indépendances, installée par un colonisateur qui avait bien l’intention de garder la main mise sur ses colonies, afin de continuer à faire main basse sur des ressources naturelles devenues indispensables pour son fonctionnement. L’Occident est bel et bien obligé de piller là où il peut sinon il est mort. Un changement de conditions dans les contrats miniers provoquerait de grandes difficultés économiques en Europe. Quand on vous demande soudain d’acheter quelque chose que vous avez l’habitude depuis un demi-siècle d’obtenir avec d’énormes rabais, votre économie va forcément en souffrir. On peut donc comprendre l’acharnement occidental à vouloir préserver des conditions économiques garanties par les lascars que nous connaissant.

 C’est ainsi que le gouvernement français se porte garant de résultats électoraux à la hauteur des espérances du « président » sortant, en échange de la bonne garde du pré-carré que tout le monde connait. Les petites variantes locales viennent en tête de la parade en vue de la fraude électorale massive que nous connaissons dans les pays de la Françafrique, et qui se répète à chaque échéance électorale.  Nous nous préparons déjà à assister à plusieurs élections présidentielles en 2011, dont les vainqueurs sont certainement déjà connus au Quai d’Orsay à Paris.

Le premier petit moyen est la manipulation systématiquement du nombre des personnes qui auront le droit de déposer leur bulletin de vote. En République centrafricaine, Bozizé a décrété publiquement et devant les médias internationaux, que le recensement du corps électoral  était un petit problème et qu’il peut se faire en un mois.  Or, malgré une population de 4 millions et de nombreux déplacés internes, ce n’est que des fabrications de listes électorales qui peuvent être produites en si peu de temps.

Ensuite, la manipulation de sous-préfets, préfets, chefs de village et maires de plusieurs préfectures  en province, ainsi que dans les faubourgs de la coquette capitale, a été largement constatée, et prouve largement les tentatives de malversation en termes de recrutement électoral, et de listes parallèles et non conformes, donc illégales.  Ainsi l’établissement de la base même du processus, est sujet à des tentatives  systématique de sabotage, ce qui ne présage pas grand-chose de bon pour une suite transparente.

 Au Cameroun, on trouvera la variante locale constituée par les chahutages continuels au sein d’Elecam. Les représentants locaux en charge des élections sont critiqués de manière véhémente, tant leur choix se dessine clairement dans une chronique de fraude massive annoncée. Les sous-préfets, favorables au parti au pouvoir, accusés de truquages des listes électorales et de falsification des procès-verbaux consignant les dépouillements des élections sont autant de signes que les élections seront tout sauf transparentes et démocratiques. Ceux qui vont dépouiller les bulletins de vote vont donc éliminer les bulletins qui disent NON, et brandir les bulletins qui disent OUI. Les fraudes se font au nez et à la barbe des citoyens.

Ce ne sont que des petits exemples de la falsification du droit de vote du peuple. Une fois de plus on ne pourra que constater l’échec du peuple dans sa volonté d’exercer son droit le plus fondamental, sa liberté de penser et de manifester son opinion.

 Or « un OUI n'a de sens que si celui qui le prononce, a la capacité de dire NON » disait Lamine Gueye.

Les Africains sont en droit de s’attendre à un recensement électoral fait ouvertement et dans les règles, par la voie officielle, et surtout sur toute l’étendue du territoire national, effectué par une commission électorale indépendante comme le stipule la loi constitutionnelle.  Les listes vérifiées et définitives sont les seules listes légales. Le peuple a le droit au respect de la loi garantie par la Constitution. Mais au fond en Afrique, une Constitution n’a qu’une valeur très limitée en comparaison avec la Constitution française par exemple.

 Au terme des élections, la communauté internationale est sensé valider un résultat obtenu dans la transparence et la légalité. Mais l’opinion publique internationale est très silencieuse, inconsciente et désintéressée du sort des peuples africains. Le racisme institutionnalisé en Occident a bel et bien aidé à transformer le sort de l’Africain en détail de l’Histoire.

 On sait que Biya passe le plus clair de son temps à l’Intercontinental de Genève en Suisse, et en Europe on se dit « et alors…. ». Les autorités suisses pourtant, dans l’acceptation de cette situation, se rendent coupables de recel et de blanchiment d’argent volé à autrui. Mais qui va sanctionner la Suisse. Qui va sanctionner la France dans son soutien systématique de la logistique civile et militaire des dictateurs-voleurs.

 Qu’elle est loin cette misère et cette famine que les médias étalent. Le Darfour, l’Ethiopie, la Somalie, les rebellions et coups d’état chez feu Bokassa, le choléra au Cameroun, les guerres au Congo, et tant d’autres choses qui finalement se mélangent dans l’inconscience occidentale;  les gouvernements occidentaux profitent de l’ignorance et de l’indifférence générale pour valider l’inacceptable, et feignent l’ignorance des malversations malgré tous les cris de protestation des peuples qui ont été dépouillé de leur droit à la parole et à la respiration mentale.

 Les pouvoirs occidentaux valident des pratiques qui ne pourraient jamais être validées en Europe, et c’est bien parce que ces pratiques en Afrique sont systématiquement  validées, qu’elles ont fini par constituer la normalité sans questionnement aucun. Une normalité profondément indécente et coupable.

 En RCA, la communauté internationale a validé une élection présidentielle basée sur des inscriptions clandestines de citoyens par des chefs de village et des maires aux ordres des autorités du régime sur des cahiers d'écoliers, pour constituer des listes électorales parallèles et piratées. Ce sont pourtant des pratiques inacceptables. Et tout le monde le sait parfaitement. Les gouvernements occidentaux acceptent et valident.

 En fin de compte, les commissions électorales deviennent des commissions auxquelles « on impose de fausses données  pour légitimer de faux résultats ».  De quoi valider largement un faux président à la même occasion !

Cette situation est inacceptable, et elle à  prendre avec le plus grand des sérieux, par une communauté internationale qui ne se cesse de déverser des milliards dans les poches des uns des autres, fer de lance d’un colonialisme humanitaire rampant, renforçant ainsi le poids d’une dette imaginaire sur les frêles épaules d’un peuple qui n’a même jamais vu le capital. Les vraies questions de fond ne sont jamais posées.

 La communauté internationale refuse de comprendre et d’accepter  que les peuples africains aspirent désespérément  à la paix, et à des élections paisibles et correctement menées. Dans cette perspective, il serait hautement souhaitable que le déroulement du processus électoral soit mené dans la transparence et le sérieux, en laissant de côté les grossières manipulations. Il est également indispensable et normal que le scrutin exprime la libre expression du peuple, que le résultat soit crédible, et surtout acceptable avant d’être validé automatiquement par des puissances prédatrices qui ne voient que l’effet du scrutin sur les contrats miniers ou pétroliers dont ils se maintiennent bénéficiaires depuis 50 ans.

 Ces procédés de manipulation des listes électorales sont donc répandus de façon institutionnalisée en Françafrique. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg.  Nous ne parlons là que des fraudes pré-électorales. Les urnes bourrées ou brûlées, les intimidations et menaces envers les électeurs, la présence omniprésente des forces armées au moment du vote, le black-out communicationnel dans le pays, ainsi que les répressions dans le sang d’électeurs qui manifestent leur réprobation à la violence politique des autorités, ne sont qu’une faible image de la réalité du terrain. Les fraudes électorales sont massives à tous les niveaux, afin de garantir que le « bon candidat » sera bien le vainqueur. 

 En fin de compte, valider de tels résultats équivaut bel et bien à un crime contre l’Humanité.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique