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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 00:00

 

 

 

combattants Séléka à Sibut

 

 

Le Monde.fr | 22.03.2013 à 17h51 • Mis à jour le 22.03.2013 à 22h58

 

Le traité de paix de Libreville qui avait mis un terme à la poussée des rebelles de la Séléka en direction de la capitale, Bangui, menaçant le pouvoir de François Bozizé n'aura tenu qu'un peu plus de deux mois. Vendredi 22 mars, des éléments de la rébellion ont forcé le dernier verrou militaire sur la route menant à Bangui, tenu jusqu'alors par des soldats tchadiens et gabonais de la force africaine de stabilisation.

 

La présidence de la république a démenti à la radio cette poussée rebelle : "Le verrou de la Ceeac [Communauté économique des Etats d'Afrique centrale] à Damara n'a pas sauté. Je viens au nom du président de la République demander aux habitants de Bangui de garder le calme, la tranquillité et de vaquer à leurs occupations. Ils ne doivent pas céder à la panique."


Mais le ministère des affaires étrangères français a annoncé vendredi soir que les rebelles centrafricains "ne seraient plus qu'à quelques kilomètres de Bangui". "Nous appelons toutes les parties à faire preuve de retenue et à respecter les populations civiles", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay, Philippe Lalliot.

 

Plusieurs témoignages recueillis par téléphone auprès d'habitants de la ville, et d'expatriés français confirment cette avancée. "L'ambassade de France nous a dit que les rebelles se trouvent à une vingtaine de kilomètres de la capitale", a témoigné un Français installé de longue date en Centrafrique.

 

FORCES MAL ÉQUIPÉES

 

 

"Ils nous ont conseillé de rester chez nous et de mettre nos voitures en panne. Les rebelles sont friands de 4×4", ajoute-t-il, décrivant des rues de Bangui désertée par la population.

 

Plusieurs barrages de l'armée et de la gendarmerie centrafricaines sont installés sur la route menant de Damara à Bangui. Mais ces forces centrafricaines sont notoirement mal équipées et peu efficaces. Elles avaient été balayées lors de la précédente offensive de la Séléka, à la fin de décembre et au début de janvier, dans le nord du pays. Les forces de la rébellion s'étaient arrêtées à 70 km de Bangui, dissuadées par le déploiement de plusieurs centaines de soldats étrangers. Paris avait ainsi envoyé en renfort environ quatre cents parachutistes pour protéger les ressortissants français. Environ deux cent cinquante soldats français sont stationnés dans la zone de l'aéroport, situé au nord de la ville.

 

Le Tchad voisin y avait également dépêché des troupes. Des éléments sud-africains avaient été appelés par le président François Bozizé dans le cadre d'un accord de défense. Ils sont aujourd'hui positionnés au nord de la capitale, près du "PK 12" (point kilométrique 12), qui est la véritable porte d'entrée de la ville. Enfin, la Fomac, constituée de Tchadiens, Gabonais, Camerounais et Congolais (Brazzaville) compte environ cinq cents soldats.

 

Malgré cela, la Séléka est donc repartie à l'attaque. Dimanche, la rébellion avait donné soixante-douze heures au pouvoir pour respecter les accords de Libreville du 11 janvier. Parmi les points d'achoppement figurent la libération de prisonniers politiques, la présence des troupes sud-africaines et ougandaises dans le pays et l'intégration des combattants de la Séléka dans l'armée.

 

Mercredi soir, le président Bozizé avait signé deux décrets portant sur ces revendications, et a notamment fait libérer "tous les prisonniers politiques et de guerre mentionnés dans les accords de Libreville". Un geste jugé insuffisant par le colonel Djouma Narkoyo, importante figure de la rébellion. Parallèlement à l'offensive sur Bangui, la rébellion a pris le contrôle, vendredi, de Bossangoa, importante ville de quarante mille habitants, dans le nord-ouest du pays.

 

Par Christophe Châtelot

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