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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 11:16

 

 

des-manifestants-devant-lambassade-de-france-c3a0-bangui

 

 

Par LEXPRESS.fr le 31/12/2012 à 08:19

 

Le régime du président centrafricain François Bozizé souffle depuis le début de la crise le chaud et le froid sur le sentiment anti-français d'une population partagée sur l'ancienne puissance coloniale. 

 

afp.com/Georges Gobet

 

Le caillassage de l'ambassade de France à Bangui le 26 décembre symbolise la brusque montée du sentiment anti-français en Centrafrique. Sentiment sur lequel le régime, acculé par la rébellion, souffle le chaud et le froid. La population reste partagée sur l'ancienne puissance coloniale... que le président François Bozizé sollicite dans la crise à laquelle il fait face depuis quelques semaines.

 

Certes, de nombreux Centrafricains et des membres de forces de l'ordre ou de l'administration ont une attitude ouvertement hostile, voire menaçante contre les "Blancs". Ils ne comprennent pas la non-intervention de la France voire la jugent responsable de la situation. Mais beaucoup de Centrafricains restent toutefois francophiles comme Ulrich Maglos, éleveur, qui estime: "Tout le monde est content de la France mais on voudrait qu'elle intervienne pour nous protéger". 


Des braises savamment entretenues

 

Depuis le début de la crise, François Bozizé tente d'obtenir une intervention française pour stopper l'alliance rebelle Séleka, qui menace Bangui et son pouvoir après avoir pris plusieurs villes au nord de la capitale. S'étant vu opposer une fin de non-recevoir sans appel de la part de François Hollande et du gouvernement français, il a soufflé sur des braises savamment entretenues ces dernières années. Le régime a souvent reproché à la France de l'empêcher d'exploiter son sous-sol, notamment depuis la suspension de l'exploitation de la mine d'uranium de Bakouma en 2011, estime un journaliste centrafricain. 


Les gens ont été instrumentalisés par le pouvoir qui ne comprend pas que la France n'intervienne pas comme par le passé 


Les jets de pierre sur l'ambassade sont survenus 15 jours après le début de l'offensive rebelle Séléka dans le nord, deux jours après la prise de Bambari, considérée comme une place forte. "Avant, il n'y avait pas ce sentiment. Les gens ont été instrumentalisés par le pouvoir qui ne comprend pas que la France n'intervienne pas comme par le passé", estime un ressortissant français proche du dossier. 


"Il n'y a pas de sentiment anti-français", s'énerve le principal opposant centrafricain Martin Ziguélé. "Nous n'avons aucun intérêt ni à court ou long terme à développer un sentiment anti français, américain ou occidental". "Il y a une manipulation. On dit: 'La France veut prendre, l'or, les diamants, l'uranium' et ça marche", analyse un autre opposant sous couvert de l'anonymat. 


Un ton plus apaisant depuis dimanche


Depuis, le président Bozizé a fait machine arrière, s'excusant auprès de Paris et demandant dimanche à rencontrer François Hollande. Des hauts fonctionnaires multiplient aussi les propos apaisants à l'égard de la France. 


Le ministre de l'Administration territoriale Josué Binoua, qui a la double nationalité centrafricaine et française, s'insurge des accusations de manipulation. "Le président s'est étonné de la passivité de la France mais de là à dire que c'est le gouvernement qui pousse... (...) Le sentiment anti-francais est récurrent dans tous les pays colonisés. Dès que ça va mal, on se tourne vers le papa ou la maman qui s'appelle France". "C'est instinctif: la France, c'est l'ennemie, l'amie, c'est la maman le papa", pense-t-il, 34 ans après le renversement avec l'aide de la France de 'l'empereur' Jean-Bedel Bokassa, qui appelait le général de Gaulle 'papa'. 

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