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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 20:20

 

 

 

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                          François Bozizé

 

 

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                                        Charles Massi

 

 

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                     Denise Neris Massi

Source : continentalmag.com n° 90 en cours

Annoncée pour ce mois d’avril, l’élection présidentielle en Centrafrique n’aura pas lieu. Pour autant, l’heure est au bilan de l’action menée par le président François Bozizé, au sommet de l’État depuis cinq ans.

VIOLENCES D'ETAT

Denise Massi n’avait plus eu de nouvelles de son mari depuis le 18 décembre 2009. Charles Massi, plusieurs fois ministre sous les régimes d’Ange-Félix Patassé et de François Bozizé et ancien président du Fodem (Forum démocratique pour la modernité), s’était rapproché depuis août 2009 du mouvement rebelle CPJP (Convention des patriotes pour la justice et la paix) pour entreprendre des négociations, toujours rejetées par le président Bozizé, entre les parties en conflits. «Contrairement à ce que veut faire croire l’entourage du président, mon mari n’a jamais été un chef rebelle, il n’a jamais porté une arme, affirmait Denise Massi. Sa seule rébellion consistait à lutter contre toutes les injustices et pour la démocratie dans son pays.»

Dans le but d’obtenir des explications sur la soudaine disparition de son conjoint, elle s’était rendue le 14 janvier dernier à Bangui. Quelques heures après son arrivée, des agents de la police avaient fait irruption à son domicile, lui intimant l’ordre de les suivre. Emmenée dans un véhicule de la police à l’aéroport, sans aucune explication ni procédure légale, elle sera contrainte d’embarquer dans un avion à destination de Paris. Expulsée et bannie de son pays, elle était déterminée à se battre « jusqu’au bout » afin que la vérité se fasse jour sur le sort de Charles Massi.

Cette affaire, parmi tant d’autres, porte la marque du pouvoir en place en Centrafrique. Brutalités, intimidations, terreur organisée, banalisation du crime politique sont devenues l’ordinaire dans ce pays où les acteurs politiques non inscrits dans le cercle du pouvoir, sont menacés quotidiennement par diverses formes de violence érigées en système de gouvernement. Sans compter les affidés d’hier tombés en disgrâce et que le régime de François Bozizé a méthodiquement bannis de la scène politique. Politiquement liquidés, ceux-là se sont retrouvés soumis à l’errance dans les capitales d’Afrique ou d’Europe où ils ont trouvé refuge.

Selon des sources proches de la présidence centrafricaine, Charles Massi, après avoir été enlevé par les sbires du pouvoir, aurait été placé en détention et soumis à de multiples séances de tortures, dont le détail défie l’entendement. L’horreur, la barbarie et l’inhumanité se sont donné rendez-vous dans les geôles du régime Bozizé ! Des témoins rapportent, sous le sceau de l’anonymat, qu’après un ultime interrogatoire, il aurait été abattu d’une balle. Le corps aurait été brûlé, et les restes jetés dans une rivière. Les autorités de Bangui, interpellées, ont démenti toute implication dans la disparition de l’ancien ministre.

Tenu pour premier responsable dans cette affaire, l’État centrafricain, incapable d’apporter la moindre preuve de vie de Massi, joue la montre, espérant que le temps efface le souvenir de ce qui s’apparente à un crime d’État. Une plainte devrait être déposée par les avocats de Denise Massi auprès de la Cour pénale internationale pour crime de guerre et tortures ayant entraîné une exaction extrajudiciaire. L’épouse de Charles Massi a également adressé une lettre au président français, Nicolas Sarkozy, réclamant son intervention pour faire la lumière sur cette disparition. Dans sa réponse, le chef de l’État français indique que si l’exécution de Charles Massi s’avérait, « cette violation de l’État de droit ne pourrait rester sans conséquence ». Denise Massi ne connaîtra pas l’épilogue de son combat. Elle est décédée le 19 mars 2010 dans un hôpital de la région parisienne, des suites d’une hémorragie cérébrale.

S. H. et F.L.

 

 

NDLR : En vue des élections présidentielles qui auront lieu tôt ou tard en Centrafrique, Centrafrique-Presse informe ses lecteurs que la rédaction publiera bientôt le véritable bilan de la gouvernance François Bozizé (2003-2005-2010).

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique