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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 15:14

 

 

 

rebelles artilleurs Séléka

 


LIBREVILLE AFP / 20 mars 2013 15h13- La coalition rebelle centrafricaine du Séléka a annoncé mercredi qu'elle allait reprendre les armes après l'expiration de son ultimatum de 72 heures au président François Bozizé à qui elle demande le respect des accords de paix de Libreville du 11 janvier.


L'ultimatum est terminé. Nous allons retourner aux armes, a affirmé à l'AFP le colonel Djouma Narkoyo, un des chefs militaires rebelles, précisant toutefois que cela ne veut pas dire que nous allons attaquer maintenant ici ou là. On est sur (on étudie) la stratégie.

Le Séléka avait pris les armes le 10 décembre pour exiger l'application d'accords de paix précédents et notamment l'intégration dans l'armée d'anciens combattants.


Lors d'une offensive éclair, ils avaient mis en déroute les Forces armées centrafricaines (FACA) pour finalement s'arrêter aux portes de Bangui, la capitale, sous la pression internationale.

Les rebelles ont finalement signé le 11 janvier les accords de Libreville qui ont abouti à l'entrée de ministres issus de leurs rangs dans un gouvernement d'union nationale dirigé par un Premier ministre venu de l'opposition Nicolas Tiangaye.


L'accord prévoyait aussi la libération de tous les prisonniers de part et d'autre et le départ du pays des forces étrangères notamment sud-africaines appelées à la rescousse par le président Bozizé.

Mais une partie des rebelles sont mécontents de la manière dont sont appliqués ces accords et, depuis dimanche, des éléments du Séléka retiennent cinq ministres issus de la rébellion à Sibut, à 160 km au nord de Bangui.


Ils avaient donné 72 heures au président Bozizé pour libérer tous les prisonniers politiques, faire partir les forces étrangères et faire lever des barrages (policiers et de partisans du président) à Bangui.


C'est cet ultimatum qui expirait mercredi.


La France qui avait envoyé des soldats à Bangui pendant la crise demandé mercredi à toutes les parties de s'abstenir de tout recours à l'option militaire, qui n'aurait pour effet que de dégrader encore la situation sécuritaire et humanitaire.


Mais le colonel Narkoyo a répondu qu'il revenait au gouvernement de respecter les accords de paix.


Nous, on respecte les accords de Libreville. Nous demandons à la France de mettre la pression sur Bozizé et pas sur nous. C'est Bozizé qui peut amener la paix mais il amène la guerre.



Ce matin on a encore eu des informations selon lesquelles les FACA avaient encore arrêté des gens à Bangui, a-t-il ajouté.


Quant aux cinq ministres du Séléka, retenus à Sibut, M. Narkoyo a déclaré qu'ils n'ont plus leur mot à dire. Ils ont été au gouvernement, ils ont travaillé et rien n'a changé. C'est la base qui décidé, c'est le général Issa (Issaka) qui est le chef d'Etat-major qui dirige.



(©) 

 

 

 

NDLR : L'ultimatum aura expiré sans que Bozizé à qui Séléka avait adressé plusieurs revendications, n'ait bronché. Il faut donc en déduire qu'il veut vraiment la guerre et que le sang de ses compatriotes continue de couler. Les Centrafricains qui croyaient avec beaucoup d'espoir mais sans doute trop naïvement, que la signature des Accords de Libreville allait faire revenir durablement la paix dans leur pays vont donc croiser les doigts pour voir qu'est-ce que les prochaines heures vont leur réserver. Si Séléka ne bluffe pas, elle fera encore parler les armes avec son cortège de souffrances et désolation. Toutes les dix années à la tête du pays depuis son coup d’état dont Bozizé vient de célébrer le 15 mars dernier l'anniversaire, n’auront été marquées que de misère, de pauvreté extrême, de souffrances de toutes sortes et de sans inutilement coulé pour les Centrafricains. Dès lors on se demande vraiment pourquoi continue-t-il à s’accrocher au pouvoir avec l’intention de briguer encore un troisième mandat en 2016. A présent, seul son départ du pouvoir abrègera le martyr du peuple centrafricain dans toutes ses composantes. Selon ce qu'une source proche de Séléka a soufflé à la rédaction de Centrafrique-Presse, il est fortement conseillé aux Banguissois de faire des provisions en prévision de la reprise des hostilités qui devraient intervenir. 

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