Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 02:05

 

 

F Saragba

 

« Le pays le plus riche du monde en terme de potentialités et d’opportunités avec la meilleure constitution du monde ne mènera à rien s’il n’y a pas d’hommes sages et vertueux pour présider à sa destinée  alors qu’un pays démuni de tout peut être  érigé en une citée prospère et un havre de paix grâce aux talents et à la volonté d’hommes sages et vertueux » -A propos de la constitution et des gouvernants-

 

La question fondamentale sinon vitale qui se pose aujourd’hui à la nation centrafricaine est celle de la mal gouvernance dans tous les sens du terme. Si elle met en évidence et accuse directement d’une manière générale les différents gouvernants et régimes qui se sont succédé à la tête de notre pays depuis plus de cinquante ans, elle pose par ailleurs ouvertement la question du rôle et de la fonction du président de la République dans un régime « semi-présidentiel »  selon les caractéristiques  définies par la constitution de 2004 mais qui dans le fonctionnement n’a pas d’appellation appropriée, tant le président de la République s’est accaparé de tous les pouvoirs faisant du régime politique centrafricain, un régime particulier sinon singulier. Si cette singularité  nous amène à remettre en cause l’ensemble de la constitution du fait qu’elle est inadaptée à notre quotidienneté, davantage encore à nos réalités d’aujourd’hui, elle nous permet d’autre part de souligner et de porter  un regard critique sur la fonction de président de la République. En tenant compte de nos qualités et de nos capacités,  nous sommes au regret de constater que notre pays semble être dépourvu d’hommes sages et vertueux pour présider à sa destinée. Autrement dit, à quoi sert véritablement le président de la République dans un système comme le nôtre ? Doit-on conserver la fonction de président de la République ? Faudrait-il en redéfinir le rôle ? Comment et pour quelles raisons ? Le débat semble plus que jamais aujourd’hui ouvert au moment où le général Bozizé par son incompétence et un sens inqualifiable d’irresponsabilité a démontré au grand jour toutes les tares et les déviances liées à la fonction au point d’en dégouter nos concitoyens qui sont animés de bonne volonté. C’est pourquoi, il est urgent d’éduquer la grande masse de la population sur la démystification et la désacralisation de la fonction de président de la République et au-delà toutes les autres fonctions représentatives.

 

La nécessité de démystifier et de désacraliser la fonction de président de la République.

 

La fonction de président de la République constitue une entorse  au concept de la démocratie représentative et à la modernité d’où la nécessité de démystifier et de désacraliser la dite fonction afin que nul ne procède à la personnalisation du pouvoir.

 

Indiscutablement, le règne du général-président  Bozizé aura été celui qui a permis à nos concitoyens de comprendre combien la fonction de président de la République est une véritable entorse au concept de la démocratie représentative. Par les dispositions qui sous-tendent son fonctionnement, elle constitue une entrave à la modernité. Trop de prérogatives et de liberté ont été octroyés par les constituants au président de la République pour faire de celui-ci « un demi-dieu » alors qu’il n’est qu’un simple élu, dépositaire d’un mandat limité dans le temps pour représenter et garantir la vie de  la nation. Le président de la République, brillant soit-il dans le modèle représentatif qui est le nôtre n’est qu’une personne humaine à qui le peuple a fait confiance à un moment donner par conséquent il peut la lui retirée. Cela dit, le président de la république  n’est ni un mythe encore moins un dieu qui a droit de vie et de mort sur la population. S’il a accédé à la fonction de président de la République, c’est parce que le peuple l’a bien voulu.  Il est donc au service de celui-ci. La politique étant la gestion des problèmes qui se posent aux hommes et entre les hommes dans la cité, elle  est à séparer du domaine du sacré. Ce n’est alors que la dimension républicaine, démocratique et laïque qui s’inscrit dans la modernité aura un sens. Le président de la République ne peut pas par conséquent jouir de toutes ses prérogatives et de ses appellations surannées, galvaudées et aliénantes tels que : père de la nation, chef suprême, le sauveur, grand visionnaire, le grand berger…   Raisons pour lesquelles nous devrions apprendre à notre population à démystifier et à désacraliser la fonction de président de la République. Aussi, le moment est venu de redéfinir la fonction et la mission du président de la République pour une nouvelle république Centrafricaine.

 

Propositions pour la redéfinition de la fonction et le rôle du président de la République.

 

Au regard des différentes constitutions que notre pays a connues depuis son accession à l’indépendance en faisant la part belle au président de la République, la grande majorité des centrafricains pense que l’heure est venue de redéfinir la fonction et le rôle du président de la République. Notre pays est obligé de faire des réformes en profondeur pour s’adapter au nouveau monde qui se dessine sous nos yeux à commencer par les fonctions représentatives parmi lesquelles celle du président de la République.  

 

En premier lieu, le rôle du président de la République doit essentiellement demeurer symbolique. Nous devons prendre au pied de la lettre son caractère « représentatif ». Le président de la République doit être la représentation physique et morale de la nation centrafricaine en ce qu’il a de meilleur. Il doit avoir la stature et le charisme d’incarner l’unité de la nation. Par son intégrité et sa loyauté indiscutable, il est le garant de la constitution. Enfin, l’accent ou les critères qui participent à son élection doivent êtres mis sur une morale infaillible à l’heure où notre pays souffre de l’immoralité des gouvernants. S’il ne dispose d’aucun pouvoir de gouvernement, il exerce par conséquent une magistrature morale.

 

Nous devrions instaurés dans notre constitution un mode de suffrage indirect pour l’élection du président de la République. Elu par un collège électoral (Députés, conseillers régionaux, conseillers départementaux, chefs de quartiers et chefs de villages)

 

Le président de la République  doit être élu pour un mandat supérieur à celui des députés. (On pourrait fixer la durée du mandat à 7 ans pour le président de la République et de 5 ans pour les députés.)

 

Le candidat à l’élection présidentielle doit remplir l’une des conditions suivantes :

 

-          Exercer  au moins deux mandats électifs consécutifs,

-          Avoir exercé une fonction de président de l’Assemblée nationale

-          Avoir été président d’un conseil régional ou départemental,

-          Avoir été président de l’une des commissions de l’assemblées nationales.

      -    Limité l’âge à au moins 50 ans. La fonction doit être évidemment incompatible avec d’autre fonction.

 

 

Franck SARAGBA

 

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Politique