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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 18:57

 

 

 

Bozizé et Thomas Yayi Boni

 


Oublié, la visite de Thomas BONI YAYI Président en exercice de l’UA venu à Bangui ce dimanche 30 décembre 2012 lui demander de quitter le pouvoir ;


Passé, l’époque où François Bozizé aux abois appelait son « cousin » le président de la République Française François Hollande et son « frère » Barack OBAMA à son secours ;


Oublié aussi ces nuits d’insomnies qu’il passait où avec l’imminence annoncée d’un assaut des troupes de la Séléka sur la capitale Banguissoise, la préoccupation majeure du tyran était d’évacuer ses multiples maîtresses et rejetons dans les capitales voisines ;


Oublié enfin, le temps où la Séléka et l’opposition démocratique faisaient de son départ du palais de la renaissance et de sa traduction devant la Cour Pénale Internationale un préalable à toute négociation ;


Sauvé désormais par ses pairs de la Communauté Économique des États de l'Afrique Centrale (CEEAC) grâce à la signature à Libreville le 11 janvier 2013 d’un accord de cessez le feu et d’un accord politique sur la résolution de la crise politico-militaire .


Aujourd’hui trois semaines après la signature de ces accords, alors que tout le monde le disait réduit, François Bozizé comme dans un instinct de survie revêt à nouveau son treillis et bombe le torse prêt au combat foulant au pied au passage comme à l’accoutumer les engagements pris devant la communauté internationale.


On voit bien que la résolution de la crise militaro-politique centrafricaine traîne en longueur, avec toute une myriade d’accords (Accords de Paix Global le 21 juillet 2008 Libreville ; Dialogue Politique Inclusif le 8 décembre 2008 Bangui), parce que François Bozizé n’a jamais voulu respecter un seul instant, les accords signés, encore moins, consentir au moindre partage de pouvoir.


En effet, je prétends qu’on a rien compris à la nature de l’homme sournois ; violent ; méprisant et mauvais qu’est François Bozizé, pour penser qu’au regard de la manière dont il est parvenu au pouvoir, il puisse se débarrasser de son instinct de dictateur.


Plutôt que d’aider à trouver une solution négociée et durable à la crise sécuritaire et sociale afin d’améliorer le bien être de ses citoyens, François Bozizé fait de son maintien pouvoir une fixation, à tel point qu’il prend aujourd’hui le peuple centrafricain et la communauté internationale en otage en retardant la formation du nouveau gouvernement d’union nationale que doit diriger le Premier ministre de transition Me Nicolas TIANGAYE. En se comportant de la sorte, François Bozizé fait montre d’une volonté délibérée de braver et fouler aux pieds les accords de Libreville et par-delà, d’aller vers un affrontement avec la rébellion et l’opposition démocratique centrafricaine grâce à l’appui des troupes sud-africaines que Jacob ZUMA lui a promptement dépêchées selon d’obscurs accords de défense qui les lient.


Nous avons chaque jour au moins une nouvelle et tangible occasion d'en vérifier la véracité et la liste commence à être longue. Il y a notamment le maintien encore en détention des prisonniers politiques réclamé en vain par Séléka et pourtant exigé dans les accords de Libreville ; la présence dans la capitale centrafricaine des soldats sud africains et ougandais plus de sept (7) jours après la signature des accords demandant leur retrait .


Sa volonté de vouloir coûte que coûte conserver tous les ministères de souveraineté mais aussi celui des finances et des mines où l’opacité est érigée en mode de gestion par son clan, de façon à réduire toute marge de manœuvre du nouveau Premier Ministre qui dispose de réelles prérogatives de l’exécutif que lui confère les accords de Libreville.


Le Président François Bozizé refuse les concessions indispensables à l’instauration d’une démocratisation véritable en République centrafricaine, au point d’apparaître aujourd’hui aux yeux de la communauté internationale  comme la cause et la solution du mal centrafricain.  Sa volonté de cadenasser le Gouvernement d’Union Nationale et de torpiller la transition voulue par les chefs d’Etat de la sous-région, mais aussi par la France et l’Union Européenne a pour conséquence la montée perceptible de température ces dernières heures dans la capitale centrafricaine qui, si elle ne redescend pas, pourrait enrayer définitivement ces fragiles efforts de paix initiés à Libreville.


Otage d’un premier cercle de parents, de ses enfants et quelques partisans jusqu’au-boutistes et irréductibles, coupables de graves exactions mais qui jouissent encore hélas d’une totale impunité par sa seule présence à la tête de l’état.


Maintenant, reste à savoir jusqu’à quant  durera la patience de la coalition Séléka qui contrôle 80% du territoire du pays et qui préserve encore intacte sa puissance de feu? Les jours passent et se ressemblent à Bangui ; le « pasteur » de la secte du christianisme céleste François Bozizé croit en toute inconscience gagner du temps, attitude qui commence de plus en plus à irriter voire agacer ses pairs de la sous-région qui n’ont cessé de ménager leurs efforts pour lui sauver son fauteuil et qui se sentent aujourd’hui trahis, mais aussi également Paris, qui avec la perspective d’un passage de flambeau aux forces africaines au Mali, n’hésiterait pas le cas échéant à face à l’entêtement et aveuglement de François Bozizé à siffler la fin de la récréation avant qu’il ne soit trop tard.

 

 

Gervais MOKOM NGAÏNDIRO (Paris)

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