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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 03:16

 

 

 

Yangouvonda Bozizé F

 

http://www.cameroonvoice.com  24/03/2013 17:51:52

 

 

La situation qui était déjà très tendue hier à la tombée de la nuit, s’est précipitée ce matin 24 mars, avec la reprise des combats au pk 12, où ils s’étaient arrêtés. Les combats opposaient les forces de la coalition Seleka aux éléments du contingent sud-africain qui tenaient le barrage.

 

Très vite, les hostilités ont progressé vers le centre-ville, sans que les rebelles ne rencontrent une réelle opposition. Vers la fin de la matinée, après quelques tirs à l’arme lourde, les rebelles annonçaient déjà avoir pris le palais présidentiel, sans y trouver le maitre de séant. Des témoins annoncent avoir aperçu le cortège de François Bozizé, traversant le fleuve Oubangui, en direction de la République Démocratique du Congo.

 

Côté rebelles, les combats étaient dirigés par le chef des opérations, le général Arda Hakouma.

Les alliés n’ont pas bronché

 

 

On savait déjà les Forces Armées Centrafricaines (FACA) sous équipées et délabrées, donc, incapables de contenir toutes seules, la foudroyante progression des rebelles de la Seleka, depuis l’offensive lancée le 10 décembre 2012.

 

Le stationnement à Bangui de 400 éléments sud-africain qu’on disait bien équipé et d’un contingent de la Fomac ( force multinationale d’Afrique Centrale), faisait penser que Bangui serait épargné de l’assaut des rebelles. Cette opinion était d’autant plus objective, que ces forces, avaient interdit à Seleka de franchir  Damara (75 km de Bangui), sous peine de subir leurs réactions croisées. La formule avait marché, la menace avait permis de geler l’avancée des rebelles, jusqu’à la signature des accords de Libreville le 11 janvier dernier.

Alors question : pourquoi les alliés ont-ils choisi de lâcher Bozizé, sans lever le petit doigt, devant l’avancée des rebelles ? on peut risquer une piste d’explication. Les homologues sous régionaux de Bozizé et le partenaire sud-africain, peuvent avoir été agacés par la volonté manifeste du maitre de Bangui, de tordre le coup aux accords de Libreville, qui n’étaient rien d’autre qu’une passerelle dorée à lui offerte, pour rester au pouvoir, jusqu’à la fin de son mandat en 2016.

 

Contrairement à l’esprit des accords donc, François Bozizé n’avait pas jugé utile de transférer effectivement ses pouvoirs exécutifs au premier ministre, ni de renvoyer les troupes étrangères, ni même d’autoriser le stationnement de 2000 éléments de la Seleka à Bangui, pour la protection de leurs chefs admis au gouvernement d’union nationale. Il n’avait pas saisi non plus  l’opportunité que lui offraient les circonstances, d’associer au gouvernement, des membres de l’opposition politiques.

 

Au-delà de cet agacement, des tensions personnelles entre  Bozizé et certains chefs d’Etat d’Afrique centrale, comme Idris Deby Itno du Tchad, pourraient aussi justifier cette inaction des alliés. Après les premières débâcles des FACA sur le terrain, les troupes tchadiennes étaient arrivées à la rescousse dès le 18 décembre. On imaginait alors qu’elles auraient stabilisé le front, que non.

 

La Seleka avait eu l’outrecuidance de prendre Bambari, puis tout récemment Damara, sans que les forces tchadiennes qui y étaient pourtant stationnées n’y opposent une résistance particulière. Au début du mois de février, François Bozizé avait remplacé le tchadiens par les sud-africains dans sa garde immédiate. Pourtant, c’est Deby qui l’avait porté au pouvoir en 2003, pourtant, ce sont les troupes tchadiennes qui avaient sauvé Birao (Nord Est) en 2010 , des coups de boutoir d’une autre rébellion, la CPJP.

 

Et demain la Centrafrique ?

 

Ainsi se ferme la parenthèse Bozizé, exactement comme elle s’était ouverte le 23 mars  2003, à l’issue d’un coup de force qui avait renversé Ange Félix Patassé.

 

A la différence de 2003, l’identité des nouveaux maitres de Bangui est d’autant plus floue que la coalition Seleka, est un agrégat de forces et d’intérêts disparates, qui ne nourrissaient  en commun qu’une haine viscérale pour François Bozizé. En ce moment précis, aucun leader n’émerge clairement, en termes de charisme  ou d’unanimité, capable de s’imposer véritablement à la tète du pays.   Maitre Nicolas Tiangaye, dernier premier ministre issu des accords de Libreville, n’était qu’une solution de substitution à un moment précis de l’histoire, qui pourrait avoir du mal à s’imposer encore.

 

Si la Sekeka prenait le pouvoir dans sa configuration actuelle, elle comporterait fatalement les gènes de son implosions, ce qui installera davantage le pays dans un cycle interminable de coups de force et de contre coups de force.

 

Joli-Beau Koube

 

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