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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 00:29

 

 

 

Yangouvonda-Bozize.jpg

 

 

LIBREVILLE, Gabon Samedi, 30 Mars 2013 09:42 AEM - AFP- En fuite après la prise de Bangui par la rébellion du Séléka, l'ex-Président centrafricain François Bozizé semble avoir été "lâché" par les Tchadiens, qui l'avaient pourtant aidé à prendre le pouvoir en 2003 et à combattre des rébellions du Nord en 2010.

 

En janvier, une source occidentale parlait d'une relation "biodégradée au fil des années" entre le président déchu de Centrafrique et l'ami de toujours, le président tchadien Idriss Déby. Mais désormais, certaines sources n'hésitent pas à mettre directement en cause le Tchad dans la chute de Bozizé.

 

Selon une source proche de la rébellion, des sympathisants tchadiens ont participé au financement de la rébellion: "Il est difficile de croire que Déby n'ait pas été au courant. S'il ne l'a pas encouragé, il a en tout cas laissé faire".

 

"La position du Tchad dans ce conflit est pour le moins ambiguë et le pouvoir tchadien est soupçonné d'entretenir des relations coupables avec le Séléka", commente pour sa part l'International crisis group (ICG) dans un récent rapport.

 

Selon ICG, le "lâchage" de Bozizé est plus largement du ressort de tous les pays de la sous-région: "L'absence de réaction de la Micopax (la Mission de consolidation de la paix de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale en République centrafricaine) lors de l'avancée des rebelles sur Bangui peut être interprétée comme un abandon par la région".


"Lors de la réunion de Libreville (en janvier), Bozizé a été sermonné par ses pairs de la région qui l'ont forcé à accepter nombre de concessions et lui ont reproché de ne pas avoir ouvert d'espace de dialogue avec l'opposition", souligne l'ICG.

 

Pourtant, le Tchad a été le premier en décembre 2012 à projeter des "troupes d'interposition", alors que la crise ne faisait que débuter.

 

Un "jeu bizarre" juge une source militaire, rappelant que la colonne tchadienne de 400 hommes qui avait pénétré en Centrafrique dès le début des évènements avant de rejoindre la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac), n'a jamais affronté les rebelles.

 

Le président Bozizé, arrivé au pouvoir grâce au soutien massif du Tchad en 2003, croyait pourtant pouvoir compter sur eux.

 

Seule l'armée sud-africaine - dont un contingent de 200 hommes positionnés à Bangui depuis janvier dans le cadre d'accords de coopération - a payé un lourd tribut lors de l'entrée du Séléka dans Bangui le 23 mars, avec 13 morts dans des accrochages aux portes de la ville.

 

"L'armée tchadienne a laissé faire"

 

"Pour des questions de sécurité, le Tchad n'acceptera jamais qu'un régime qui ne lui est pas favorable s'installe à ses frontières sud", analyse un officier supérieur tchadien pour qui "le Tchad n'a pas soutenu militairement le Séléka, mais le Séléka a montré patte blanche, et l'armée tchadienne a laissé faire".

 

"Bozizé et quelques-uns de son entourage pensaient que le Tchad s'immisçait dans leurs affaires intérieures, surtout quand en mai 2012, le président Déby lors d'un séjour à Bangui, avait demandé au président Bozizé de négocier avec son opposition. C'était de trop pour les Centrafricains", a confié à l'AFP un proche collaborateur du Président Déby.

 

Du côté de la classe politique tchadienne, la chute de "Boz" semble ne pas beaucoup émouvoir.

 

"Personne ne se plaint de son départ, tant il n'a pas su capitaliser toutes les chances qu’il a eues à son arrivée au pouvoir alors qu'il a été aidé par le Tchad pour prendre le pouvoir. Il est le seul chef d'Etat à avoir bénéficié des moyens et du soutien des chefs d'Etats de la sous-région", estime un haut diplomate tchadien.

 

"C'est par lassitude que le Tchad a laissé tomber Bozizé", ajoute-t-il.

 

Bozizé, "l'ami embarrassant", pour l'instant réfugié au Cameroun, ne devrait pas y rester longtemps, et pourrait être accueilli très prochainement au Bénin où il a demandé asile.

 

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