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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 01:54

 

 

 

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21 octobre 2011  Juliette Abandokwe

 

En présence d'une salle de Tribunal bondée, l'officier Ismaël Koagou a retrouvé sa liberté aujourd'hui après-midi, 21 octobre 2011, après avoir passé un an exactement en détention pour un délit imaginaire. Après quelques jours de congé, il reprendra le poste qui l'attend depuis une année, à l'Ambassade américaine à Bangui. C'est une victoire contre la violence étatique incarnée par une absence totale de toute forme de justice. 

Mais la lutte continue. La liste des détenus arbitraires dans les prisons centrafricaines est très longue. Pas de chef d'accusation, ou des accusations imaginaires, pas d'auditions, pas de procès, parfois même pas d'avocat. Des détenus qui servent parfois d'appât à des "wanted" qui ont osé désensabler des histoires assassines que Bozizé s'évertue à maintenir dans les oubliettes: Maître Symphorien Balemby - en échange de la liberté de son épouse et des dix autres innocents incarcérés depuis juin 2010. Nous avons affaire à un pouvoir de véritables maffieux, qui agissent en pensant qu'ils ne seront jamais punis. Car il s'agit bien de crimes contre l'humanité que ces détenus sont en train de subir, des crimes du pouvoir contre des citoyens réduits à l'impuissance la plus totale, pour lesquels il pense ne jamais avoir besoin de rendre des comptes.

Le rapport publié ce jour par Amnesty International, "RCA: Après des décennies de violences, il est temps d'agir", dénonce notamment, et avec force, le degré incommensurable de cette impunité qui règne notamment au sein de la classe dirigeante en République Centrafricaine. 

Bozizé et sa troupe devront bien un jour ou l'autre être amené sur le banc des accusés. Pour ceux qui croient encore que le TPI est une institution juste et promotrice de réconciliation, il devra comparaître à La Haye. En attendant que la République Centrafricaine et l'Afrique réussisse un jour à développer les capacités de ses institutions, et à les rendre suffisamment fortes pour qu'elles puissent participer, par le biais notamment d'un système de justice équitable, aux efforts d'émancipation des pays qu'elles représentent.

Pour le moment on ne peut que constater que pour des mêmes délits, à la même période, dans la même zone géographique, certains sont arrêtés mais pas d'autres. Pourquoi Bemba, et pas Patassé et Bozizé! La faiblesse ou même l'inexistence de certains organes vitaux indispensables pour la vie d'un Etat véritablement souverain donne l'occasion aux organismes opportunistes d'assoir leur pouvoir et leur contrôle de ces Etats, et les privent en même temps de toute possibilité d'émancipation. 

Il est donc temps que notamment, la RCA, ainsi que beaucoup d'autres, travaillent sur une nouvelle conception de la justice, où les violations de la loi seront réprimées à leur juste mesure, au lieu d'être dédouanées systématiquement par la corruption et le népotisme. 

En attendant, le général-président François Bozizé, devra tôt ou tard rendre compte de ses actes. Même à titre posthume, comme il a l'air de vouloir partir sans payer sa facture. 

 

http://juliette.abandokwe.over-blog.com/article-centrafrique-fin-d-une-detention-mais-pas-de-l-arbitraire-86933183.html

 

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