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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 03:42

 

 

 

bozize-2

 

© camerounactu.net : Jean-Marie Nkoussa

 

Dans une interview accordée à Canal 2 international, le président centrafricain réfugié au Cameroun réfute toute demande d’asile. Il accuse par ailleurs les tchadiens d’avoir participé au push qui l’a renversé le 24 mars 2013.

 

François Bozizé ne se fait aucun doute sur la question. Le Tchad a pris une part active à son renversement. « Mon pays a été attaqué par la Sélaka composé majoritairement d’éléments armés venus du Tchad », lâche t-il.

 

S’il n’incrimine pas directement les autorités tchadiennes, celui qui est arrivé au pouvoir en 2003 après avoir renversé Ange Félix Patassé, pointe du doigt, à des maux à peine voilés, le pays d’Idriss Deby. « Le matériel militaire que la Séléka a utilisé est neuf, une trentaine de pick-up. Ce n’était pas la Séléka, elle n’a pas la capacité de se renouveler aussi rapidement », affirme-t-il, laissant entendre que la rébellion centrafricaine a bénéficié du soutien de l’armée tchadienne.

 

Deby sur répondeur

 

Pour appuyer sa thèse, Bozizé soutient qu’après le coût d’Etat il a essayé de s’entretenir avec ses homologues de la sous-région Afrique centrale. A ce propos, il affirme avoir rencontré Paul Biya. Le président camerounais, a-t-il dit, « voulait comprendre ce qui s’est réellement passé. Il m’a donné des conseils d’un grand-frère ».

 

Par contre, le président centrafricain n’a pas pu avoir au téléphone le président tchadien. Il indique que le réceptionniste du palais présidentiel de N’Djamena s’est joué de diversion pour lui opposer une fin de non-recevoir. Bozizé affirme d’ailleurs que le directeur du protocole de la présidence tchadienne s’est opposé à sa présence lors du sommet de crise des leaders de la Ceeac qui s’ouvre ce 3 avril dans la capitale tchadienne.

 

Contre-attaque

 

Refugié au Cameroun depuis maintenant une dizaine de jours, François Bozizé était resté jusqu’ici peu bavard sur la situation politique dans son pays. Il a décidé de rompre le silence et de passer à l’offensive. Outre son entretien avec Canal 2 international, le président fondateur du Knk (Kwa Na Kwa), a accordé une interview à BBC et commis une déclaration envoyée à plusieurs autres médias.

 

Dans sa déclaration, il rejette « toute participation au nom de notre grand parti Knk, à l’actuel gouvernement d’union nationale de Maitre Nicolas Tiangaye », appelle notamment au « rétablissement de l’ordre constitutionnel » en Rca et sollicite « davantage l’implication effective de l’Union Africaine, des Nations Unies et de la Ceeac pour une évaluation progressive et objective des accords de Libreville afin de garantir une paix durable en Centrafrique ».

 

Un avenir en suspens

 

Pour le moment François Bozizé reste évasif sur sa future destination même s’il dément toute demande d’exile au Bénin. « Je n’ai pas demandé d’asile politique quelque part mais si le je faisais il n’y a pas de doute que le Bénin me l’accorderait ».

 

La sortie médiatique de Bozizé intervient alors que la presse nationale fait état d’une nouvelle attaque de rebelles centrafricains à l’Est du Cameroun. Selon Le Quotidien de l’Economie qui traite de l’information, les assaillants ont attaqué le camp du Bataillon d’intervention rapide de Kette, petite localité située à 80 km de Batouri. S’étant heurtés à la riposte des forces de défense camerounaise, ils auraient pris la suite en délivrant le message ou ils s’insurgeaient  contre l’hospitalité accordée par le Cameroun à l’ex-président, Bozizé.

 

 

 

 

NDLR : Bozizé raconte des histoires. S'il n'y avait pas de doute que les autorités béninoises lui accorderaient automatiquement l'asile dans leur pays, Yayi Boni n'aurait pas pris part exprès au sommet de la CEEAC de N'djaména afin de solliciter l'autorisation préalable des chefs d'état de l'Afrique centrale pour accueillir Bozizé dans son pays. Le ministre des affaires étrangères du Bénin avait déclaré auparavant que s'il était vrai que Bozizé avait sollicité l'hospitalité du Bénin, son cas était "délicat" et que les autorités n'avaient pas encore donné suite à la requête du déchu. C'était lorsque le présidnet Yayi Boni se trouvait encore en Afrique du Sud. Bozizé doit maintenant cesser de prendre ses désirs pour la réalité. Les décisions du sommet de N'djaména, notamment l'autorisation accordée à Yayi Boni d'héberger Bozizé au Bénin, est une façon très élégante des chefs d'état de l'Afrique centrale de tourner la page Bozizé en RCA. Donc ses illusions et prétentions de revenir au pouvoir et à la prétendue légalité constitutionnelle se sont définitivement envolées.

 

Il doit maintenant se préparer et s'attendre à la perspective de poursuite judiciaires devant les tribunaux centrafricains et la Cour Pénale Internationale de La Haye où se déroule toujours le procès de Jean-Pierre Bemba dont il est un des témoins essentiels et pour divers crimes de guerre et crimes contre l'humanité couvrant ses multiples tentatives armées de prendre le pouvoir par rébellions calamiteuses ayant totalement détruit le pays et occasionné la mort de plusieurs Centrafricains, dont il doit inévitablement répondre, ainsi que la responsabilité qu'il porte dans plusieurs assassinats et massacres comme à Paoua ou la triste fin telle que celle de Charles Massi et bien d'autres fils du pays qui ont mystérieusement disparu jusqu'à ce jour et dont on est toujours sans nouvelle. Ses bras armés et exécutants comme Vianney Semndiro, Eugène Ngaikoisset alias "le boucher de Paoua" et autres Olivier Koudémon alias Gbangouma ne dormiront plus en paix et seront maintenant traqués partout où ils se cacheront. L'impunité et la protection de Bozizé dont ils ont joui jusqu'ici sont terminées. De même, certains de ses délinquants de rejetons comme Francis, Papy, Djodjo, Kévin, Teddy et autres Franklin et Giscard, doivent également s'attendre à quelques comptes à rendre devant la justice pour les nombreux forfaits et exactions qu'ils ont aussi commis dans l'ivresse du pouvoir de leur ex-président de père.  

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