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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 03:13

 

 

 

Bozizé et ses partisans

 

 

Au moment où toutes les délégations impliquées dans les négociations prévues à Libreville en vue de trouver une porte de sortie honorable de la crise qui secoue le CENTRAFRIQUE depuis plusieurs semaines,, il n'y a rien de plus surprenant que de voir BOZIZE prendre l'avion pour se rendre à Brazzaville, afin d'y rencontrer son homologue congolais. L'on pourrait se demander quel pourrait être l'objet de cette visite hâtive lorsque l'on sait dans quelle angoisse vit aujourd'hui le peuple centrafricain, un peuple qui ne sait pas et qui se demande à quelle sauce il sera mangé demain.


En effectuant le déplacement à un moment si tendu de l'histoire de CENTRAFRIQUE, BOZIZE, qui n'a jamais cessé de montrer combien ce pays et son peuple ne comptaient que pour des prunes pour lui, montre une fois de plus qu'il ne sera jamais à leurs côtés, surtout lorsqu'ils sont plongés dans la détresse, détresse dont il est lui-même le principal auteur.

 

Que va-t-il chercher auprès du Président congolais sinon de probables conseils de guerre, de probables ficelles pour réussir à sortir victorieux, indemne et encore plus puissant et plus féroce envers les centrafricains dont il n'a cessé de rendre la vie insupportable ? Que va-t-il chercher à Brazzaville si ce n'est que pour chercher à garder le pouvoir dans ce pays qu'il n'a pas hésité à qualifier de pays pauvre parmi les derniers du monde? Laisser à d'autres le soin de traiter votre pays avec de tels qualificatifs se comprendrait. Mais un chef d’État qui se permet ce dérapage verbal ne le fait pas de manière gratuite. Par sa conduite, sa gestion du pays et son aveuglement face aux calamités qui jonchent la vie quotidienne des centrafricains, BOZIZE n'a jamais eu la moindre compassion.

 

Les billets de banque qu'il a jetés à son passage dans les rues de BANGUI, en croyant soulager le peuple de ses turpitudes, n'étaient que l'expression du mépris qu'il a (avait) pour ce peuple qu'il considérait et qu'il considère comme un chien affamé à qui il fallait jeter un os pour se distraire ensuite en le voyant courir après ce reste.

 

BOZIZE s'est toujours cru bien rusé au point de penser continuer à berner à volonté le peuple centrafricain et une bonne partie de sa classe politique. Il n'a pas compris qu'il n'était rien de cela et que le peuple centrafricain était un peuple endurant, patient et tolérant. Il n'a pas compris que la patience et la tolérance avaient leurs limites. Et ces limites, il n'a pas vu qu'il les avaient franchies depuis, à plusieurs reprises.

 

En tant que chef d’État arrivé au pouvoir par les armes et maintenu à ce pouvoir grâce à des élections diaboliques cafouilleuses et honteusement gagnées, il en a assumé les fonctions, qui englobent aussi celles de chef des forces armées du pays.

 

Après avoir mis l'économie centrafricaine dans un état inqualifiable en dépit des flots d'aides financières internationales octroyées au pays pour lui permettre d'avoir une certaine respiration budgétaire, BOZIZE a désorganisé à dessein l'armée nationale centrafricaine, en le privant d'hommes valables qu'il a su écarter ou éliminer, comme il l'a fait à travers sa gouvernance politique, où il n'a pas hésité à se passer des hommes de grande valeur pour s'entourer de silhouettes bougeant au rythme de sa voix et de ses gestes, des acolytes civils ou militaires, au buffet desquels il n'a cessé d'accrocher des titres et des galons, où le plus petit soudard se retrouvait colonel ou général en l'espace d'un temps record passé à titre de militaire dans l'armée centrafricaine, ou le plus petit diplômé du secondaire se retrouvait bombardé ministre sans en connaître les responsabilités. Tous ces grades, financés avec l'argent qui aurait servi à mettre en place une véritable armée nationale pouvant assurer efficacement la sécurité du pays et à organiser un service public proche des populations et tout autant efficace.

 

Face à l'avancée des rebelles que l'armée n'a pas pu contenir, il n'a fallu que de quelques centaines de soldats tchadiens pour stopper cette progression. Quelle autre démonstration peut-on demander pour savoir que le CENTRAFRIQUE n'a jamais été protégée depuis que BOZIZE était chef d’État-major avant de devenir Président ?

 

L'incompétence et l'ignorance même de BOZIZE, si ce n'est son indifférence, ne lui permettent pas de savoir qu'en tant que chef de l’État, il est de facto chef des forces armées du pays et qu'il n'a pas besoin de se couvrir du manteau de ministre de la défense.

 

En déclinant la responsabilité de l'échec de son armée sur son fils et son chef d’État-major, il n'a fait que confirmer sa propre faillite. C'est sa faillite personnelle, caractérisée par son incapacité à gouverner, qui le rend coupable de haute trahison. Et cette responsabilité, il doit maintenant l'assumer. On voit mal comment un tel personnage peut encore demander à s'abriter derrière le bouclier constitutionnel pour revendiquer l'exercice de la suite d'un mandat qu'il ne mérite pas, lui qui s'est moqué à maintes reprises des prérogatives qui lui octroyait la constitution, en oubliant de remplir ses fonctions telles que le préconisait la loi fondamentale.

 

En permettant que le pays soit poreux à toutes les infiltrations armées, BOZIZE a failli à sa mission et sa place n'est même plus à défendre lors des négociations qui se tiendront à LIBREVILLE. Il faut penser sérieusement à une administration transitoire sans BOZIZE, (avec ses contre-vérités et sa roublardise), qui œuvre à la mise en place d'organes chargés d'amener la paix au pays et d'organiser de futures élections générales, vraiment libres et transparentes.

 

Le CENTRAFRIQUE n'est pas un pays pauvre comme se targue de le dire BOZIZE. Il est très riche de ses hommes et de ses ressources, qui n'ont été jusque là que bâillonnés, étouffés et mal exploités.

 

WOWI Dedéa

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion