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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 13:23

 

 

Bokassa 1er

 

 

AFP  01/12/2010 | Mise à jour : 12:28

Le président centrafricain François Bozizé a "réhabilité dans tous ses droits" l'ex-président et empereur Jean-Bedel Bokassa décédé en 1996, qui avait été condamné à mort en 1987 (bien 1987) puis gracié et libéré, selon un décret diffusé mercredi par les médias publics.

"A l'occasion de la Fête nationale du 1er décembre 2010 et des festivités du cinquantenaire de la proclamation de l'indépendance de la République centrafricaine, M. Jean-Bedel Bokassa, ancien président de la République condamné, gracié et décédé, est réhabilité dans tous ses droits", indique ce décret daté de mardi lu à la radio nationale.

Mardi dans la soirée, le président François Bozizé avait annoncé dans un message à la Nation en sango (langue nationale en Centrafrique) avoir pris une "décision" concernant "un fils de la Nation reconnu par tous comme étant un grand bâtisseur", expliquant: "Je veux parler de Bokassa".

Jean-Bedel Bokassa, ancien maréchal devenu président à vie puis empereur, est considéré par un certain nombre de Centrafricains comme l'unique "bâtisseur" de l'Histoire de la Centrafrique indépendante, dont témoignent un certain nombre de grands édifices de la capitale.
 

"Il a construit le pays mais nous avons détruit ce qu'il a édifié", a estimé le président Bozizé, affirmant que M. Bokassa "a beaucoup donné pour l'humanité en participant à la guerre d'Indochine".

 Ancien aide camp de M. Bokassa, le président Bozizé lui avait déjà à plusieurs reprises rendu hommage dans des discours officiels.

Chef d'état-major de l'armée centrafricaine, Jean-Bedel Bokassa a pris le pouvoir pendant la nuit du 31 décembre 1965 et s'est fait nommer président à vie le 2 mars 1972. Admirateur de l'empereur français Napoléon Bonaparte, il s'est proclamé empereur le 4 décembre 1977, devenant Bokassa Ier.

Grand amateur de luxe et de femmes, père d'une cinquantaine d'enfants, Jean-Bedel Bokassa avait aussi la réputation d'un homme brutal durant son règne, lui ayant valu le surnom d'"ogre de Berengo", du nom de son palais à 80 km de Bangui. Certains l'ont accusé d'anthropophagie, ce que lui-même a toujours nié.

En 1979, une centaine d'écoliers a été massacrée par sa garde personnelle lors de troubles dans la capitale, contribuant à accélérer sa chute. Le 21 septembre 1979, profitant de sa visite en Libye, des parachutistes français ont installé au pouvoir son prédécesseur, David Dacko.

En exil, il a regagné Bangui en 1986 où il a été condamné à mort en 1987, après sept mois de procès. Après l'avoir gracié et avoir réduit sa peine, le président André Kolingba l'a remis en liberté en septembre 1993. Jean-Bedel Bokassa, qui vivait reclus dans sa villa de Bangui, est décédé le 3 novembre 1996 d'une crise cardiaque.

 

 

 

NDLR : Les considérations électoralistes qui ont conduit Bozizé à prendre cette décision  de réhabilitation de Bokassa transpirent à grosses gouttes derrière cette mesure. C’est évident qu’il s’agit d’un clin d’œil aux ressortissants de la Lobaye mais cela suffira-t-il à redorer le blason de Bozizé et à relever son impopularité dans cette préfecture qui est à son diapason ? Il est permis d’en douter. L’hommage de Bozizé à son maître Bokassa est non seulement un hommage du vice à la vertu de bâtisseur de ce dernier mais et surtout, un aveu de son propre échec à lui Bozizé qui ne laissera à l’histoire de la RCA que sa descente aux enfers et une collection de destructions de toutes sortes, de calamité, de violence sanglante, de famine, de misère et de pauvreté extrême, juste pour étancher sa soif de pouvoir.

 

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