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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 23:34

 

 

MINURCAT

 

La République centrafricaine a demandé mardi au Conseil de sécurité de l'Onu de l'aider à faire face aux rébellions qui secouent le pays alors que la Minurcat, la force de paix de l'Onu, doit se retirer de la région d'ici la fin de l'année. "Il est nécessaire de protéger l'avenir de cette partie du pays (...) qui peut à tout moment sombrer de nouveau dans la violence en raison de nombreux facteurs de déstabilisation" a déclaré le ministre centrafricain des Affaires étrangères. "L'annonce du retrait de la mission des Nations unies en République centrafricaine (...) aura de dangereuses conséquences si nous n'y prenons garde" a-t-il ajouté.

JDD 10/08/2010 - 19:44

 

 

Conseil de sécurité 

 

CS/10008                                       

6371e séance – matin

 

LE CHEF DE LA MINURCAT SOULIGNE LA NÉCESSITÉ DE RENFORCER LES FORCES DE SÉCURITÉ TCHADIENNES ET CENTRAFRICAINES EN VUE DU RETRAIT DE LA MISSION, LE 31 DÉCEMBRE 2010

 

Le Représentant spécial et Chef de la Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT), M. Youssef Mahmoud, a assuré, ce matin, les membres du Conseil de sécurité que la Mission, dont le retrait sera achevé le 31 décembre prochain conformément à la résolution 1923, avait entamé la réduction de ses effectifs militaires dans l’est du Tchad et au nord-est de la République centrafricaine. 

 

« La pérennisation du Détachement intégré de sécurité (DIS) au Tchad, qui sera un processus long et laborieux, demandera toute l’attention du Gouvernement et de ses partenaires, et il faudra combler le vide sécuritaire après le départ de la MINURCAT du nord-est de la République centrafricaine », a prévenu M. Mahmoud.

 

Le Chef de la MINURCAT a d’abord souligné qu’en dépit de la complexité persistante de la situation en matière de sécurité dans l’est du Tchad, le Gouvernement tchadien, à la suite de la suspension des patrouilles et des escortes de la Mission avait, le 27 mai, commencé à assumer la pleine responsabilité de la protection des civils et des travailleurs humanitaires dans la zone.  « Le DIS a ainsi accru ses escortes de travailleurs humanitaires à l’intérieur et autour des camps de réfugiés et dans les principales villes de l’est du Tchad », a-t-il précisé. 

 

M. Mahmoud a ajouté que, de son côté, la force conjointe du Tchad et du Soudan avait, au cours de la période considérée, continué à patrouiller le long de la frontière entre les deux pays en vue de juguler le trafic d’armes et le flux de réfugiés soudanais.  La situation humanitaire au Darfour voisin, qui reste préoccupante, a entraîné l’arrivée de réfugiés au Tchad, a-t-il indiqué.  « Quelque 70 ONG fournissent l’assistance à 255 000 réfugiés soudanais et à 168 000 personnes déplacées dans l’est du Tchad ainsi qu’à 150 000 réfugiés centrafricains dans le sud-est du pays », a-t-il rappelé.  Depuis le mois d’avril, 20 000 réfugiés sont retournés dans leur pays, a-t-il ajouté.

 

Le Chef de la MINURCAT a assuré que la Mission poursuivait, dans ce contexte, la mise en œuvre de son mandat dans les domaines de l’état de droit, de la justice, des droits de l’homme, de la protection des civils et de la lutte contre la violence sexuelle.  « La Mission discute avec l’équipe de pays de l’ONU sur les moyens à mettre en place pour absorber ses activités dans le Plan-cadre de l’ONU pour l’aide au développement du Tchad », a-t-il également indiqué. 

 

De l’avis de M. Mahmoud, « le renforcement du Détachement intégré de sécurité devra faire l’objet d’une attention particulière de la part du Gouvernement tchadien ».  Les autorités tchadiennes et l’ONU, a-t-il indiqué, ont créé à cet effet un groupe de travail technique chargé d’établir un plan clair, dont le Gouvernement devrait exposer les grandes lignes au Conseil de sécurité. 

 

Se référant ensuite au rapport* du Secrétaire général, M. Mahmoud a évoqué les deux options que pourrait examiner le Conseil à la suite du retrait de la MINURCAT du nord-est de la Centrafrique.  Il a expliqué que le Président centrafricain, M. François Bozizé, et le Secrétaire général privilégiaient l’option prévoyant le renforcement des capacités des Forces de sécurité nationales plutôt que le déploiement d’une opération de maintien de la paix dans la zone, dont les coûts de fonctionnement, a-t-il dit, seraient compris entre 98 et 122 millions de dollars par an. 

 

Le Ministre des affaires étrangères, M. Antoine Gambi, qui prenait part à la réunion de ce matin, a confirmé que le Président Bozizé appuyait cette option.  Les efforts visant à renforcer les capacités nationales dans les domaines de la sécurité et de l’état de droit auront, a-t-il estimé, un impact plus durable dans cette partie encore fragile du territoire centrafricain qui risque, de nouveau, de basculer dans la violence, le banditisme, l’insécurité transfrontalière et le conflit interethnique ».  M. Gambi a indiqué que le Président centrafricain avait demandé au Secrétaire général que des instructeurs et observateurs issus de la MINURCAT aident son Gouvernement à former et à appuyer logistiquement les Forces armées centrafricaines.  Il a insisté sur l’importance de cette aide dans la période cruciale de transition que traversent son pays et la sous-région. 

 

Le Ministre a ainsi évoqué la préparation des élections générales de janvier prochain dans son pays, la mise en œuvre du programme de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), la persistance de l’insécurité régionale, marquée par la crise du Darfour et la présence d’éléments de l’Armée de résistance du Seigneur, le référendum à venir sur l’indépendance du Sud-Soudan ou encore les contraintes financières auxquelles est confronté le Gouvernement centrafricain.  « C’est au Conseil de sécurité d’assurer le maintien de la paix et de la sécurité internationales et c’est pourquoi, la République centrafricaine compte sur son appui pour faire face aux nombreux défis auxquels elle est confrontée », a affirmé M. Gambi.  Il a conclu en estimant que « la paix n’a pas de prix dans un contexte où la vie de milliers de personnes est menacée ».

 

À son tour, le Représentant permanent du Tchad auprès de l’ONU, M. Ahmad Allam-Mi, a réaffirmé  que son pays était engagé à protéger les civils, notamment les réfugiés et les personnes déplacées jusqu’à leur retour volontaire dans leur foyer d’origine.  « Cela implique, sans l’ombre d’un doute que le Détachement intégré de sécurité, qui avait été créé par le Tchad avec l’appui du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), soit maintenu et renforcé en effectifs, en moyens financiers et techniques et en soutien des Forces de défense et de sécurité tchadiennes », a-t-il insisté.  M. Allam-Mi a demandé que les infrastructures promises soient réalisées au profit du Détachement intégré de sécurité et des institutions judiciaires et pénitentiaires.  Le Fonds d’affectation spéciale doit, a-t-il estimé, continuer à fonctionner après le retrait de la Mission pour répondre aux besoins du Détachement intégré de sécurité.

 

* S/2010/409

 

LA SITUATION AU TCHAD, EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE ET DANS LA SOUS-RÉGION

 

Rapport du Secrétaire général sur la Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT) ( S/2010/409)

 

Dans ce rapport, le Secrétaire général aborde en particulier les conséquences du retrait militaire de la MINURCAT de la République centrafricaine, qui devrait être terminé d’ici au 31 décembre 2010.  Il rappelle que la Mission, dans le cadre du mandat qui lui avait été confié par le Conseil de sécurité dans sa résolution 1861 (2009), devait, au nord-est du pays, effectuer des opérations de caractère limité en vue d’extraire des civils et des travailleurs humanitaires en danger et protéger le personnel et les locaux des Nations Unies. 

 

Il note que la situation générale en matière de sécurité dans la zone continue de pâtir du conflit interethnique, du banditisme et des activités criminelles transfrontières.  L’absence d’autorité de l’État, la faible présence et les capacités limitées des Forces armées centrafricaines (FACA) ainsi que le manque de progrès réalisés dans la mise en œuvre des accords de paix entre le Gouvernement et les groupes rebelles de la République n’ont pu contribuer à améliorer la situation de manière durable, estime-t-il. 

 

M. Ban Ki-moon souligne qu’il faudra quelque temps au Gouvernement pour renforcer ses capacités et que, dans l’intervalle, « il est à craindre que le retrait du contingent de la MINURCAT ne renforce les groupes armés de la région et se traduise par une aggravation de la criminalité et une dégradation de la situation humanitaire ».  « Pour remédier à ces problèmes, il faudra une volonté politique, des progrès importants au niveau de la réconciliation nationale et l’appui des partenaires internationaux de manière à ce que le Gouvernement puisse asseoir son autorité dans la région, notamment en renforçant les forces armées, la police et le régime de droit », indique le Secrétaire général.

 

M. Ban évoque ensuite les deux options que pourraient envisager le Conseil de sécurité pour ce qui est du nord-est de la République centrafricaine.  Le Conseil pourrait soit créer une force de maintien de la paix pour prévenir l’insécurité dans la région, soit continuer d’appuyer les efforts déployés pour renforcer les capacités de l’État dans le domaine de la sécurité et à prendre des mesures pour améliorer les moyens d’action des forces armées dans la zone.  Le Secrétaire général note que le Président centrafricain, M. François Bozizé, estime qu’une option qui miserait sur les capacités nationales « aurait un impact plus durable que le déploiement de personnel de maintien de la paix ».

 

Dans ses observations, le Secrétaire général considère que les problèmes humanitaires et les problèmes de sécurité dans l’est du Tchad et dans le nord-est de la République centrafricaine continueront à retenir « sans aucun doute » l’attention du Conseil de sécurité après la fin de la Mission.  « Néanmoins, l’amélioration des relations entre le Tchad et le Soudan, l’efficacité grandissante des patrouilles communes le long de leur frontière commune et les efforts entrepris par le Gouvernement tchadien pour renforcer les capacités nationales de protection augurent bien de l’avenir », fait-il remarquer. 

 

M. Ban se félicite du fait que le Gouvernement tchadien et l’ONU ont depuis l’adoption de la résolution 1923 (2010) entretenu des relations constructives pour résoudre les problèmes persistants de protection de la population dans l’est du Tchad.  Saluant ce qu’a fait le Gouvernement tchadien pour s’acquitter de ses obligations internationales en la matière, il déplore toutefois la poussée récente de criminalité qui a conduit des travailleurs humanitaires à suspendre leurs opérations dans l’est du pays.  « Je demande instamment aux autorités locales et centrales de continuer à adresser des signaux sans ambiguïté, pour bien convaincre ces criminels que les attaques contre la vie et les biens des travailleurs humanitaires et des populations vulnérables ne seront pas tolérées », prévient ainsi le Secrétaire général.

 

Le Secrétaire général demande aux Gouvernements tchadien et centrafricain de continuer à apporter le soutien voulu à la restructuration en cours de la Mission et au retrait des militaires.  Il convient en outre, « avec le Président Bozizé », que le maintien de la paix n’est pas le meilleur instrument pour résoudre les problèmes auxquels est confrontée la République centrafricaine.  M. Ban encourage, par conséquent, le Gouvernement centrafricain et les acteurs multilatéraux et bilatéraux de la consolidation de la paix et du développement à continuer à étudier la deuxième option.  Il se dit prêt à les aider en exerçant ses bons offices.

 

 

 

 

NDLR : Depuis que la question du départ de la MINURCAT avait été soulevée par le Tchad, les autorités centrafricaines sont toujours restées mutiques comme si le problème ne les concernait pas. C'est donc maintenant qu'elles se réveillent pour commencer à poser le problème des inévitables conséquences de ce retrait sur la situation dans leur pays. Il a d'ailleurs fallu que ce soit Mme Zewde du BINUCA qui puisse attirer leur attention et plaidé auprès de la communauté internationale pour la nécessité du maintien de la MINURCAT pour la RCA. Peut-on appeler cela des dirigeants d'un pays ?

PLUS QUE JAMAIS BOZIZE DOIT PARTIR !

 

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