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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 00:08

 

 

 

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Léger Ntiga  Quotidien Mutations de Douala 8 Avril 2011

Celui qui se voulait le petit frère de Jésus est mort sans reconnaitre la victoire de François Bozizé. L'ancien président centrafricain Ange-Félix Patassé âgé de 74 ans, est donc décédé à l'Hôpital de Douala, au Cameroun, mardi 05 avril 2011, dans l'après-midi. Selon des sources médicales l'ancien président de la république de Centrafrique a été terrassé par un diabète.

Pour ses proches, le président Patassé est décédé pour n"avoir pas bénéficié par trois fois d'une évacuation sanitaire prompte. Les enfants de fondateur du Front pour l'annulation des résultats du scrutin présidentiel et de la reprise des élections (Fare-2011), accusent le président François Bozizé d'avoir laissé mourir leur père «interdit de sortie du pays alors qu'il allait déjà très mal».

Mais pour de nombreux observateurs avertis, le vieux président déchu par le coup d'Etat de 2003, en se présentant à la présidentielle de cette année 2011, a livré un combat de trop. En clair, la bataille politique a eu raison de lui.

Car, âgé de 74 ans, affaibli par la maladie, Ange Félix Patassé s'est énormément épuisé durant la campagne électorale qui l'a vu parcourir le pays du Nord au Sud et de l'est à l'Ouest. Bien plus, déterminé à revenir aux affaires, le président Patassé s'est donné à fond.

Au point de solliciter des financements du guide libyen Kadhafi contre une hypothèque sur les diamants de la République centrafricaine. Une ambition à laquelle François Bozizé a mis fin en se faisant proclamer vainqueur du scrutin au terme duquel «le moustachu» (comme on le nommait à Bangui), s'est rallié à Martin Ziguélé l'ancien Premier ministre du pays et candidat malheureux à la présidentielle de janvier dernier.

Chef d'Etat de 1993 au 15 mars 2003, date du coup d'Etat du général Bozizé, Ange-Félix Patassé était alors parti en exil au Togo. A Lomé où il est accueilli par son beau-frère, le président Eyadema, il perd l'une de ses deux épouses. Revenu dans son pays à la faveur du dialogue politique de décembre 2008, il a été déclaré deuxième à la présidentielle du 23 janvier 2011.

Dénonçant des fraudes massives, il n'avait pas reconnu la victoire du président Bozizé dès le premier tour. Avec deux autres opposants, Ange-Félix Patassé avait créé le Front du refus et de l'annulation du scrutin. Malade, son départ de Bangui avait été empêché par le pouvoir à trois reprises. Il avait finalement pu prendre un avion la semaine dernière.

Jésus

Et pourtant à son retour d'exil, il annoncera d'entrée de jeu, sa candidature à la présidentielle de 2011. Au cours du meeting d'annonce de cette aventure finalement périlleuse, il adressera son salut et la bienvenue à l'auditoire avant de le remercier pour avoir répondu massivement présent à son invitation.

Par la suite l'homme dira avoir décidé sur la demande de Jésus, de qui il se proclama le petit frère, de livrer deux ou trois messages. Pour l'agronome et ancien allié de l'empereur Jean Bedel Bokassa dont il sera successivement Premier ministre et opposant, il s'agissait des messages simples mais très profonds qui devaient interpeller les Centrafricains et les amis de Centrafrique qui «se sont mobilisés pour nous accompagner afin que nous allions tous à ces élections», avait-il affirmé.

Sans rancoeur di véritable récrimination contre son tombeur, François Bozizé qu'il pardonnera, il remercia par la même occasion, «du fond du c?ur toute la communauté internationale présente à Bangui et ailleurs pour son appui et son implication dans la recherche de la paix en Centrafrique et dans le processus électoral.

Si ces amis se sont mobilisés à nos côtés, nous les Centrafricains, sommes-nous capables d'oublier le passé et de nous tourner vers l'avenir? s'interrogea-t-il. A la demande du Seigneur, il avait demandé pardon aux Centrafricains et à Dieu.

Le Seigneur lui a alors demandé de livrer trois messages au peuple centrafricain à savoir que «le peuple centrafricain doit se convertir car Dieu est prêt à déverser sa grâce en abondance sur lui», que toutes les confessions religieuses (catholiques, protestants et musulmans) se repentent et que Bozizé, Kolingba et lui-même puissent au stade Barthélémy Boganda demander pardon au peuple centrafricain.

Proclamant qu'il a subi 10 coups d'Etat, dès lors, il s'est mis à pourfendre «les coeurs de pierre qui cherchent à faire couler le sang en Centrafrique. Nous devons nous remettre à Dieu pour tout».

Se voulant légaliste et constitutionnaliste, Ange Félix Patassé s'est montré obstiné durant son parcours politique. «Aujourd'hui, l'histoire me donne raison car l'opposition, qui voulait entrer dans un gouvernement de transition, s'est rangée sur ma position de laisser Bozizé et son gouvernement boire le vin jusqu'à la lie. J'en félicite l'opposition et Bozizé pour avoir signé cet accord par consensus», avait-il déclaré au lendemain du dialogue national. Une détermination et des convictions qui ont trahi son avidité du pouvoir. Sa soif de grandeur aussi.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique