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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 12:16




 

Source / auteur : MSF mardi 17 novembre 2009 par jesusparis

Depuis plusieurs mois, MSF intervient dans le sud-ouest de la République Centrafricaine (RCA), alors que de nombreux habitants sont frappés par la malnutrition. Clara Delacre est coordinatrice de l’intervention nutritionnelle d’urgence. Elle nous explique l’évolution de la situation dans la région et les moyens déployés par MSF pour y répondre.

Après trois mois d’intervention d’urgence, comment la situation nutritionnelle a-t-elle évolué dans le Sud-Ouest de la République Centrafricaine ?

A Boda, le nombre d’admissions a augmenté de façon constante, pour s’élever aujourd’hui à 1600 enfants. La moitié d’entre eux souffrait de malnutrition sévère, et l’autre moitié de malnutrition modérée.

A Nola, 750 enfants ont été admis avec une proportion d’enfants sévèrement malnutris égale à celle observée à Boda.

Dans nos programmes de Carnot, Gamboula et Pissa, nous soignons des enfants qui souffrent de malnutrition sévère aiguë. A Carnot, nous avons traité quelque 1600 enfants à ce jour, tandis qu’à Gamboula, ce sont 178 enfants qui ont pu être pris en charge avant que le programme ne ferme en raison d’une diminution sensible du nombre d’admissions.

Au même moment, nous ouvrions un projet à Pissa où 117 enfants ont été admis au cours de la première semaine. Au total, nous avons pu soigner environ 4 250 enfants.

Au cours de cette période, nous avons également mené plusieurs évaluations à travers la région, afin de répondre correctement à cette crise nutritionnelle : je pense que la plupart des enfants malnutris de la région sont à présent pris en charge.

Il y a un mois, les admissions dans le programme ambulatoire de Boda ont soudainement augmenté. 70% environ des 400 enfants reçus en 15 jours étaient originaires de Gadzi et de ses environs. Comment l’expliques-tu ?

Avec le bouche-à-oreille, l’information de notre présence a vite circulé, jusqu’à parvenir à des habitants de zones plus éloignées. Il nous est ainsi arrivé de recevoir des mamans qui avaient parcouru 50 kilomètres à pied avec leur enfant pour venir consulter.

Alors que près de 200 enfants étaient sous traitement à Gadzi, il nous était difficile de les voir tous en s’y rendant tous les 15 jours.

Nous craignions aussi de ne pas atteindre la totalité de la population touchée. Nous avons donc mis en place une équipe médicale mobile présente chaque semaine dans cette zone. A présent, l’équipe reste cinq jours sur place pour mener des consultations mobiles à Gadzi et dans les environs.

Que sait-on du manioc, qui d’après certains rendrait aussi les gens malades ?

En fait il s’agit d’une espèce de manioc dit "amer" qui pousse très vite et dont la culture a été introduite ces dernières années. Le problème est que ce manioc requiert un temps de préparation long. Or, lorsque les gens ont faim, ils ne peuvent se permettre d’attendre trois, voire quatre ou cinq jours.

Cela entraîne souvent un empoisonnement au cyanure, connu également sous le nom de Konzo, qui conduit à des troubles neurologiques. Quoi qu’il en soit, dans la zone où nous travaillons, nous n’avons dénombré que peu de cas à ce jour.

Aujourd’hui, alors que la saison des pluies touche à sa fin, es-tu optimiste sur le sort de ces populations ?

Lorsque le taux d’incidence du paludisme aura diminué, il est probable que le nombre de patients diminuera également, puisque la maladie participe aussi de cette situation. Encore faut-il attendre le résultat des prochaines récoltes.

En ce moment c’est aussi la période à laquelle les gens commencent à revenir de la campagne vers les villes, et nous serons en mesure de recevoir des patients que nous n’avions pas encore vus.

Pour autant, des événements locaux ont contribué à la crise actuelle, privant de nombreuses personnes de leur source de revenu et diminuant leur pouvoir d’achat. Cela vient s’ajouter à l’absence récurrente d’accès aux soins dans une région où 65% des patients que nous voyons sont touchées par le paludisme.

Par conséquent, des projets spécifiques concernant la sécurité alimentaire, l’éducation et l’accès à la santé sont plus que nécessaires à travers une région largement négligée par la communauté internationale, qui a concentré son aide au nord du pays.

 

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