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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 03:41

 

 

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YAOUNDE -(Xinhuanet 23/11/2011) - Dotés d'un système financier relativement intégré, les pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) subiront les effets d'une politique d'austérité en Europe par une réduction de leurs exportations vers ce continent, affirme Raju Jan Singh, économiste en chef à la Banque mondiale à Yaoundé.

 

Dans un entretien à Xinhua, l'économiste présage une baisse des transferts d'argent des ressortissants de la CEMAC en Europe et le risque d'une baisse de l'aide au développement dans cette région africaine, à l'exception du Cameroun, de la Guinée équatoriale et du Gabon, jugés relativement protégés.

 

Question : Monsieur l'économiste en chef, quelle est l'évolution de l'économie camerounaise vue de la Banque mondiale en 2011?


Réponse : L'économie camerounaise se remet progressivement des effets de la crise de 2008-2009. En 2010, la croissance économique du Cameroun est estimée à 3,2%. Cette croissance a été portée par les activités hors hydrocarbures, particulièrement la production vivrière, la construction, les transports et les télécommunications. Sur la base des performances observées durant le premier semestre 2011, nous pensons que cette tendance se poursuivra cette année.

Q : Y a-t-il des risques de répercussion immédiats de la crise de la dette européenne sur les pays de la CEMAC?


R : La situation en Europe évolue rapidement et il est très difficile d'avoir une bonne visibilité sur la trajectoire économique des pays de la zone Euro. Aussi est-il difficile d'évaluer quelles pourraient être les répercussions pour les économies de la zone CEMAC. Nous pouvons noter, toutefois, que la volatilité accrue des marchés financiers due aux incertitudes persistantes quant à l'issue de la crise en Europe représente un risque pour l'économie mondiale, y compris pour les économies qui connaissent pour l'instant un rythme d'expansion soutenu.

 

Ceci dit, l'intégration du système financier de la région CEMAC étant encore relativement limitée, il est vrai que les effets d' une politique d'austérité en Europe se feront sentir plutôt par une réduction des exportations. La zone CEMAC ayant des ressortissants travaillant dans ces pays pourrait également voir une baisse des transferts d'argent. Une baisse de l'aide au développement est également un risque, encore que dans ce cas des pays comme le Cameroun, la Guinée Equatoriale ou le Gabon serait relativement protégé: l'aide au développement ne représentant pas une source de financement important pour le budget de l'Etat.

 

Q : Pour le cas du Cameroun, quels sont les secteurs qui peuvent être estimés comme préoccupants pour la reprise économique? De manière générale, quels sont les défis de l'économie de ce pays?


R : La croissance économique au Cameroun demeure insuffisante pour réduire la pauvreté d'une façon durable. Sur sa trajectoire actuelle, le Cameroun ne pourra probablement pas atteindre la plupart des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

 

Le Cameroun est pourtant riche en pétrole, bois précieux et produits agricoles (café, coton, cacao). Les ressources inexploitées incluent le gaz naturel, la bauxite, le diamant, l'or, le fer et le cobalt. Il devrait être possible d'exploiter ces richesses d'une manière durable. Pourquoi le pays ne connaît-il pas une croissance économique plus grande?


Un cadre des affaires peu favorable, des infrastructures particulièrement inadaptées et des défis sur le plan de la gouvernance empêchent le pays d'avancer. En dépit de la marge de manoeuvre financière ouverte par l'allégement de la dette, les ressources budgétaires demeurent insuffisantes à cause des progrès limités dans la mobilisation de recettes hors pétrole.

L'infrastructure en Afrique centrale (y compris au Cameroun) est la plus limitée en Afrique. Par exemple, malgré les ressources importantes en hydro-énergie, l'Afrique centrale a le secteur énergétique le moins développé du continent. La densité des routes goudronnées est seulement une fraction des niveaux déjà bas observés en Afrique de l'Ouest. En comparaison internationale et par rapport au reste de l'Afrique, les consommateurs en Afrique centrale paient également exceptionnellement cher pour les services en infrastructure. L'accès Internet au Cameroun coûte, par exemple, quatre fois plus que dans d'autres pays en développement.

Des simulations suggèrent que si les infrastructures au Cameroun se mettaient au niveau du meilleur pays africain (Maurice) , la croissance économique par habitant en termes réels serait de quelque 4,5 points de pourcentage plus élevée par an. En d'autres mots, le Camerounais moyen verrait son revenu annuel croître plus de cinq fois plus vite qu'aujourd'hui. 


Par Raphaël MVOGO


© Copyright Xinhuanet 

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Centrafrique-Presse.com - dans Interview