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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 10:53

 

 

 

 

 Ntsimi 2012

Par RFI mardi 10 avril 2012

 

L'affaire Antoine Nstimi, diplomate camerounais, président de la commission de la Cémac qui a été interdit de séjour en Centrafrique alors que le siège de la Cémac se trouve à Bangui, connaît un nouvel épisode. Alors que la Cémac, Communauté économique des Etats d'Afrique centrale, cherche à régler la crise diplomatique ouverte par cette expulsion, une nouvelle «affaire dans l'affaire» éclate à présent : l'AFD, l'Agence française de développement affirme que son directeur général Dov Zerah a décidé de porter plainte contre Antoine Nstimi. Cette plainte intervient après des révélations de l'hebdomadaire Jeune Afrique.

L’hebdomadaire, dans sa première livraison d'avril, a en effet publié toute une série documents bancaires où l'on découvre une «multiplication hors normes» de retraits en espèces ainsi que des locations d'avions et des frais de missions présentés par le diplomate camerounais. Jeune Afrique publie ainsi une note de frais de près de 20.000 euros pour une réception qui aurait été donnée en l'honneur et en présence du patron de l'AFD. Or Dov Zerah nie avoir participé à ce repas. On soupçonne une fausse facture.

Si l'on en croit la facture publiée par Jeune Afrique, onze convives se trouvaient autour de la table le 14 février dernier dans le restaurant de l'hôtel Méridien Etoile de Paris. Parmi eux Dov Zerah, le patron de l'Agence française de Développement.

Mais le document pose question. D'abord le nom du restaurant : il est écrit «Arnoc» au lieu de «L'Orenoc.» Puis bien sûr le montant exorbitant de la facture : 19.940 euros (plus de 13 millions de Francs CFA), payés cash par Antoine Ntsimi en personne. Jeune Afrique s'est amusé à faire un petit calcul d'après la carte du restaurant : imaginant que chacun des 11 convives aient dégusté les plats les plus chers et bu chacun 2 bouteilles de vin ou de champagne des meilleurs, la facture n'aurait pas dépassé les 7.000 euros. On est loin des 20.000 présentés comme note de frais.

Autre problème : il est écrit sur le document que la réception a été donnée dans le cadre de la signature d'une convention de financement AFD-CEMAC. Or aujourd'hui, l'AFD explique que cette convention n'a été signée que neuf jours plus tard à Bangui, par le représentant local de l'Agence, que Dov Zerah n’a jamais participé à ce repas, que son titre a été utilisé à ses dépens et qu'il compte porter l'affaire en justice.

 

 

CEMAC : Antoine Ntsimi poussé vers la sortie ?

mardi 10 avril 2012  par L’Agence de Presse Xinhua

En empêchant le Camerounais de débarquer d’avion dans leur capitale « de retour d’un voyage à l’étranger », selon les termes d’un communiqué officiel du pouvoir camerounais publié le 22 mars, les autorités centrafricaines ont révélé au grand jour des velléités jugées par les observateurs sans élégance et inopportunes pour le contrôle de la gestion des institutions régionales.

« On peut reprocher des choses à Antoine Ntsimi comme individu et comme président de la Commission de la CEMAC. L’Etat de droit suppose que la procédure doit être suivie comme c’est prévu. Le mandat est supérieur est à l’individualité », analyse le politologue Joseph Vincent Ntuda Ebodé.

Des sources concordantes annoncent que le pouvoir centrafricain réclame le départ d’Antoine Ntsimi, nommé en 2007 pour cinq ans, au profit d’un Centrafricain, en application du principe de rotation géographique consacré par le sommet des chefs d’Etat de la région en janvier 2010 à Bangui pour les postes de responsabilité au sein des institutions régionales.

Deux noms sont mêmes avancés pour remplacer le Camerounais. Celui de l’ex-Premier ministre Elie Doté, jugé proche du président François Bozizé, et celui d’Enoch Dérant-Lakoué. Certes, Ntsimi est déclaré candidat à sa propre succession, mais quelques indicateurs pourtant perceptibles dans certaines décisions des instances supérieures de la CEMAC laissent peu penser à son maintien.

Par exemple, le communiqué final publié au terme de la 22e session ordinaire du Conseil des ministres le 19 décembre 2011 à Brazzaville au Congo, pays assurant actuellement la présidence tournante de l’organisation régionale, a fait état de la réaffirmation de ce principe « tel qu’adopté par la Conférence des chefs d’Etat ».

En outre, après avoir adopté le budget 2012 de l’institution, ces assises présidées par le ministre d’Etat congolais, coordonnateur du Pôle économique, ministre de l’Economie, du Plan, de l’Aménagement du territoire et de l’Aménagement, Pierre Moussa, ont indiqué que « ce budget doit prendre en compte (..) l’impact de l’indemnité de départ des responsables des institutions, organes et institutions spécialisées ».

En clair, à la suite de la nomination à la tête de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC, basée à Yaoundé) de l’Equato-guinéen Lucas Abaga Nchama, premier bénéficiaire du processus institué par les chefs d’Etat, qu’il s’agisse d’Antoine Ntsimi ou des autres responsables des institutions de la CEMAC, les possibilités de renouvellement de mandat sont vraisemblablement peu probables.

Pour rappel de mémoire d’ailleurs, une disposition (art.2) de la Déclaration du sommet des chefs d’Etat du 17 janvier 2010 avait clairement affirmé « l’application de la règle de rotation par ordre alphabétique équitable des postes entre les Etats membres, notamment la bonne gouvernance et le non cumul desdits postes par un Etat ».

« Le présent Acte Additionnel qui abroge toutes les dispositions antérieures contraires, notamment le consensus de Fort-Lamy, entre en vigueur pour compter de la date de son adoption », avait par ailleurs précisé le texte.

Mais en marge du débat déclenché par l’affaire Ntsimi, le politologue Ntuda Ebodé estime que les leaders d’Afrique centrale ont accompli un travail partiel en omettant de porter leur réflexion sur la rotation infrastructurelle. « Il ne peut pas y avoir de rotation du personnel sans rotation des sièges. Dans chaque capitale, on doit construire un siège de la CEMAC », dit-il.

Pour l’universitaire camerounais enseignant à l’Université de Yaoundé II, « si on veut promouvoir la gouvernance sous-régionale, on doit tenir compte du fait que le non-respect des textes ( concernant le refoulement de Bangui du président de la Commission de la CEMAC, ndlr) vient davantage du côté de l’exécutif centrafricain. S’il faut maintenir le siège de la CEMAC à Bangui, les autorités centrafricaines doivent considérer que ce qui est à Bangui est pour la sous-région ».

Le malaise créé par cet incident a entraîné un ballet diplomatique entre les capitales de la région. A Yaoundé, le ministre d’Etat congolais Pierre Moussa et le ministre secrétaire général de la présidence centrafricaine Albert Besse ont tour à tour été reçus le 29 mars et le 2 avril par le président Paul Biya pour faire baisser la tension.

Un communiqué du ministre camerounais des Relations extérieures Pierre Moukoko Mbonjo annonçait déjà le 22 mars que « le président Denis Sassou Nguesso du Congo, président en exercice de la CEMAC, a été saisi aux fins de règlement de la situation ainsi créée, dans le souci de préserver la dynamique de l’intégration régionale chère à nos pays et à nos peuples ».

Depuis lors, la gestion du dossier se fait directement au palais de l’Unité, à en croire des sources proches du pouvoir de Yaoundé. Ici comme dans les autres pays de la région, tous les regards sont tournés vers le prochain sommet des chefs d’Etat dont aucune date n’est encore fixée, pour trancher le débat sur le maintien ou le départ d’Antoine Ntsimi et d’autres responsables en fin de mandat.

 

 

 

 

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