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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 18:05

 

 

 

CEEAC

  NDJAMENA 18 janvier (Xinhua) - Avec la moitié des dirigeants ayant choisi de se faire représenter, l'intégration régionale a poursuivi sa marche lente lors du 15e sommet des chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) tenu dimanche et lundi à N'Djamena, plus de deux ans après le précédent en octobre 2009, estiment les observateurs.

Sans justement la présence de l'Angolais Eduardo dos Santos, du Camerounais Paul Biya, du Congolais (Kinshasa) Joseph Kabila, du Gabonais Ali Bongo Ondimba et du Sao Toméen Fradique de Menezes, ces assises ont, comme à l'accoutumée depuis la création de la CEEAC en 1983 et sa relance en 1994 après une dizaine d'années de léthargie, ont enregistré davantage de déclarations d'intention que d'avancées significatives.

Pour l'essentiel, l'attention a été retenue par la désignation de l'ex-Premier ministre et ex-président de l'Assemblée nationale (Parlement) tchadien Nassour Guélengdouksia pour remplacer au poste de secrétaire général de l'organisation régionale, l'ex-général d'armée congolais Louis-Sylvain Goma dont le deuxième et dernier mandat de quatre ans avait expiré depuis 2010.

Pour la réalisation de ses activités de son secrétariat général, la CEEAC s'est dotée d'un budget de 52,7 milliards de francs CFA (105,4 millions USD) pour l'exercice 2012, mais 33,2 milliards de francs (66,4 millions USD) devront provenir des apports des partenaires.

 Ajouté à la défection de nombreux dirigeants au sommet, ce dispositif financier traduit "un faible intérêt manifesté par les leaders de la CEEAC pour l'intégration régionale", a commenté à Xinhua le politologue camerounais Firmin Mbala, enseignant à l'Université catholique d'Afrique centrale (UCAC) à Yaoundé.

Comme preuve supplémentaire à cette analyse, le Tchadien Idriss Deby Itno, ses homologues burundais Pierre Nkurunziza, congolais (Brazzaville) Denis Sassou Nguesso, centrafricain François Bozizé, équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, et les représentants angolais, camerounais, congolais (Kinshasa), gabonais et sao-toméen ont fixé au 1er juillet 2012 le démarrage de la mise en œuvre de la zone de libre-échange pour qu'elle soit effective en 2014.

Contrairement aux quatre autres régions du continent où ce processus connaît des progrès notables, la CEEAC confirme son retard dans l'exécution des recommandations de l'Union africaine (UA) ayant fixé en 2012 le délai butoir pour la mise en place des ZLE, étape cruciale pour l'intégration économique continentale, dans chacune de ses 5 communautés économiques régionales que sont l'Afrique centrale, l'Afrique de l'Ouest, l'Afrique australe, l'Afrique de l'Est et l'Afrique du Nord.

Concernant la libre circulation des personnes et des biens, autre défi majeur, le sommet tenu dans la capitale tchadienne s'est contenté d'inviter, sans calendrier contraignant, les Etats de la communauté à ratifier ou adhérer à un certain de nombre textes, relatifs à la convention de coopération et d'entraide judiciaire, et à l'accord de coopération en matière de police criminelle.

"Les défections au sommet de N'Djamena le démontrent, l'intégration régionale n'intéresse pas beaucoup de monde parmi les dirigeants d'Afrique centrale", a noté Firmin Mbala pour qui le leadership dans cette région d'environ 140 millions d'habitants pour une superficie globale de 6.640.000 km² se caractérise par des jeux d'intérêts et des rivalités.

Les jeux d'intérêts ainsi déclarés font que "la frontière est considérée comme une ressource en Afrique et c'est plus criard en Afrique centrale", a expliqué le politologue. Selon lui, en raison des avantages procurés par les disparités des taux de change, bien des acteurs économiques sont peu favorables à la disparition des frontières. C'est pareil pour des administrations comme les douanes qui y tirent d'énormes recettes.

Affectée par la violence et l'instabilité entretenues de part et d'autre des différents Etats membres par des mouvements rebelles et des groupes de bandits armés, véritables spécialistes du crime organisé à l'instar de l'Armée de résistance du seigneur (LRA), mystérieuse organisation en provenance de l'Ouganda et assimilée au terrorisme international, c'est finalement autour des enjeux sécuritaires que la CEEAC focalise son attention, éclaire Mbala.

Présente dans trois autres pays dont deux d'Afrique centrale, la République centrafricaine (RCA) et la République démocratique du Congo (RDC), la LRA a été l'un des principaux sujets dans l'agenda officiel du 15e sommet ordinaire des chefs d'Etat de la CEEAC. Il y était question de réfléchir aux efforts d'accompagnement de la stratégie de lutte régionale de l'UA et des Nations Unies pour l'élimination de ce mouvement.

De l'avis de Firmin Mbala, l'occasion a donné lieu au Tchad de confirmer son ambition de se positionner comme un leader émergent d'un point de vue absolument sécuritaire, dans une stratégie à moyen et long terme à travers laquelle, après avoir déjà volé avec l'Angola au secours du Congo de Denis Sassou Nugesso, il prête main-forte aujourd'hui à la RCA en assurant la garde rapprochée de François Bozizé.

Pendant ce temps, regrette l'analyste, la RDC, pays le plus peuplé et le plus vaste de la région qui aurait pu sans conteste tenir le rôle de chef de file régional mais devenue extrêmement fragile, poursuit une convalescence dont il n'est pas assuré qu'elle débouchera sur la stabilité tant les divisions aujourd'hui criardes se sont accentuées avec l'élection présidentielle querellée tenue de décembre 2011.

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