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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 11:52

 

 

 

 

Willybiro et Boz au Hilton

 

 


Il y a une semaine jour pour jour, le 13 aout 2012, le Président Centrafricain, François Bozize   célébrait  en grande fanfare à « Paris sur Oubangui  », département de la Seine (75), le 52è anniversaire de l’accession à l indépendance de la RCA.  Cette bêtise humaine ou « Bamboula était justifiée par le griot patenté et  non moins thuriféraire,  OUAMBO alias Djento, par le fait  que son mentor avait opéré de la même façon dans plusieurs chef-lieu de préfectures en Centrafrique tels BANGASSOU, BIRAO, NDELE, KAKA-BANDORO etc. Par ce raisonnement cartésien,  je me sis vite posé la question de savoir si c’était moi qui n’avait rien compris à l’histoire et  géographie de mon pays ou alors  il y avait des épisodes qui  m’ont échappé. Paris était –il devenu un chef-lieu  de mon bled ? Effectivement, je me suis vite ravivé que ce n’était pas moi le problème, mais, le véreux d’en face. Paris (sur Seine) n’est pas Paris sur Oubangui. Face a cette situation, je me suis posé une série de questions auxquelles j’ai tenté d’apporter certaines réponses  à travers l’interview factice de Bozize qui suit.

 


Moi : Monsieur le  Président bonjour,  comment justifiez vous le fait de venir fêter l’anniversaire de l’accession à la souveraineté dans l’ex pays colonisateur ?


Bozize Yangouvonda François (BYF) : J’ai déjà fait la même chose en RCA et je viens le faire ici et en même temps rencontrer tous les fils du pays.  Souvenez-vous, j’avais déjà traité la diaspora  centrafricaine en France de « VAURIEN ». Mais je vais leur donner à boire et à manger, et certains vont vite l’oublier. C’est comme ça ma politique. Corrompre par l’argent, la boisson, la nourriture et par les femmes. Et ca marche. Je vais vous dire que je suis venu ici à Paris parce que la RCA est proche de France, et si le Président Hollande le voulait, il pourrait fêter le 14 juillet sur l’avenue des Martyrs à Bangui et loger dans le nouvel hôtel de Bangui.

 

Moi : mais, Monsieur le Président, ça ne se fait pas, et aucun chef d’état dans le monde, à ma connaissance, n’a osé le faire et vous  en êtes  le premier


BYF : en toute chose il faut un premier. Là, on peut dire que je suis « premier » (pour une fois dans sa vie).

 

Moi : mais que représente Paris pour vous ?


BYF : Parsi, c’est tout pour moi. C’est comme Bangui. J’y viens pour mes affaires notamment, vendre quelques diamants que je ramène de Centrafrique, rencontrer entre autre mes amis tels BALKANY et ceux d’Anvers, placer quelques pécules sur mon compte pour assurer mon exil, car on ne sait jamais, me soigner, parce qu’on a dit que je suis malade et souffrant et moi je ne sais pas.


Moi : Monsieur le Président, actuellement  la  RCA végète dans les profondeurs du classement des pays les plus pauvres de la planète. Une aperçue de la situation en dit long : pénuries de viande, d’eau,  d’électricité, de denrées alimentaires, de médicaments dans les hôpitaux publics, infrastructures routières délabrées, retard de paiement de pensions, insécurité sur toute l’étendue du territoire en Centrafrique, corruption au sommet de l’Etat et dans toutes les catégories socioprofessionnelles, le favoritisme clanique, le despotisme,  le « villagisme » est la marque de votre politique, grèves perlées dans certains secteurs  privés et  publics, espérance de vie en baisse, taux mortalité de toutes les couches sociales en hausse, dégradation des comptes publics  dues à des détournements de vos proches et vous, etc. Face à ce sombre tableau, qu’est ce que vous en dite ?

 

BYF : Je vois ce que vous voulez dire. Mais moi, j’ai du mépris pour ceux  qui ne sont pas d’accord avec moi, par exemple les intellectuels, certains politiques comme ceux de l’opposition, les militaires d’autres ethnies, les journalistes, les « mangeoiristes », tous les pasteurs d’autres églises que la mienne etc.

 

MOI : Ca voudrait dire que vous méprisez tout le peuple centrafricain ?

 

BYF : TOUT, saufs mes proches, mes enfants, neveux, cousins, maitresses, mes  sulfureux  amis hommes d’affaire, les « prédateurs » des caisses de l’Etat, tels LAPO, NDOUTIGNAÏ, BESSE, GOUANDJA etc. D’ailleurs nous sommes tous protégés par ma garde rapprochée tchadienne très bien équipée et le reste du peuple surveillé par les FACA sous équipées.

 

MOI : Cette méfiance envers les FACA et le sous équipement de celles-ci expliquent  t-ils en grande partie l’insécurité sévissant dans l’ensemble du  territoire centrafricain ?

 

BYF : Oh vous savez, on parle d’insécurité en RCA, ce n’est qu’une vue de l’esprit. Il y a la paix en RCA. Sauf que quelques  uns qui font des exactions  à travers le pays. Je n’ai pas vu ceux que vous appelez les rebelles à Bangui, ni le LRA, ni ceux de BABA LADDE, ni les « Coupeurs de routes ». Il y a la paix de PK12 à au Camp Kassai, et de PK9 à Boy-Rabe.

 

Moi : Mais Excellence, il y a quand même eu les manifestations de mécontentements  le 2 aout 2012, dans les quartiers sud et nord de Bangui contre vous et votre fils  Francis, suite aux  résultats truqués de concours  d’entrée à la gendarmerie ? Votre buste a été déboulonné et jeté par terre, piétiné, souillé par les urines, la maison d’arrêt de Ngaragba saccagée, les prisonniers libérés, Boy-Rabe en ébullition. Et c’est une première où  le buste d’un chef d’Etat en exercice soit ainsi traité. Quelle a été votre réaction ?

 

BYF : Ca ne me regarde pas, c’est  le ministre délégué à la Défense, Francis Bozize, mon fils qui gère ça. Ma maitresse et moi avions demandé à avoir la liste en question avant publication. Nous  avions apporté des modifications  nécessaires et fait publier par mon fils. Ces jeunes manifestants ont été manipulés par l’opposition ; je n’ai pas encore de preuve mais, je vous le dirai. D’ailleurs, je me moque de l’opposition, l’assemblée nationale est monocolore (orange-KNK)  et  à mes bottes, ca me suffit. J’ai aussi demandé au maire de Bangui de faire faire illico presto un autre buste et le remettre en place, ce qui a été fait avec les deniers publics. Pour le reste je n’ai rien à dire.

 

MOI : mes dernières questions Excellence : aujourd’hui, vous êtes Pasteur, Président de la république, Ministre de la Défense, PDG de toutes les sociétés d’Etat, TGP (Trésorier Général  Payeur), Premier Ministre, Ministre des Mines, Ministre de la Communication (radio et télévision d’Etat) etc. Il y a des affaires en cours qui attendent  de passer au tribunal : RAYAN, SONATU, AREVA, et d’autres encore, qu’en est il ?

 

BYK : oui, j’assume tout, car il y a beaucoup de prédateurs en RCA, dont ma famille et moi (rire). Pour les affaires en cours, ne vous en faites pas, il n’est pas question de salir mes amis et moi, car leur intérêts et les miens sont en jeu. Et puis pour corrompre il faut avoir les moyens. La seule façon de le faire, c’est de gérer la cagnotte de l’état et de se mouiller avec quelques hommes d’affaires étrangers sulfureux et le tour est joué. Je songe modifier la constitution de la RCA pour remballer en 2016 sinon j’arrangerai ça pour  un des mes  rejetons de fils.

 

MOI : Je vous remercie Monsieur le Président pour cette interview

 

BYK : Pas de quoi. Au revoir

 

Cette Interview est purement  factice

 

Paris 20 aout 2012


Signé : Molengue ti Béafrica 

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