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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 02:17

 

 

 

 

 

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Cameroun- Vendredi, 05 Octobre 2012 12:42 Très peu de gens, y compris les ressortissants de ce peuple de l’Ouest-Cameroun, peuvent dire avec exactitude ce que signifie ce curieux nom qui désigne pourtant un royaume bien connu de par le monde.


Beaucoup de thèses ont été avancées jusqu’ici sans pouvoir convaincre. De révélations en révélations, soit quatre au total, on a fini par dénicher la bonne signification. Lisez plutôt !


Le débat sur l’origine du nom Bamiléké s’est engagé au grand jour pour la première fois lors du premier Festival national des arts et de la culture(Fenac) tenue à Douala en 1988. A cette occasion, deux versions s’étaient affrontées, soutenues par deux chercheurs convaincus chacun de détenir la seule vérité.

 

La bataille des deux premières versions


Selon le premier, nommé Prince Mbou, c’est un interprète Duala du temps des Allemands, du nom d’Elame, qui serait à l’origine de ce nom, du fait qu’il appelait les populations de l’Ouest, « Baboté ba leke » c’est-à-dire littéralement « les porteurs des masques au visage ». Ce qui en réalité paraissait curieux aussi bien dans sa consonance que sur le plan des habitudes vestimentaires, au quotidien, de ce peuple venu des montagnes. Ce caractère peu vraisemblable ders résultats de ses recherches n’a pas du tout été apprécié par le second chercheur, Justin Mouafo, ancien délégué provincial de la culture à l’Ouest, très imprégné dans la recherche des origines culturelles Bamiléké.


Selon ce dernier, tout serait parti de la langue Foto par Dschang. En effet, il déclare avoir rencontré, au cours de ses investigations, un interprète indigène du village Foto, du nom de Yalo, aujourd’hui décédé. Lequel reconnaît avoir reçu en mars 1916 un « minisater » (entendez administrateur). En le promenant, ils s’arrêtèrent au bord d’une rivière où des hommes courbés ramassaient de l’eau de leurs pommes de mains et buvaient. Le Blanc lui demanda ce qu’ils faisaient, il répondit « menoue » qui veut dire « ils boivent ». Le Blanc qui prenait des notes écrivit dans son calepin Menoua, qui a donné le nom au département. Plus loin ils rencontrèrent des gens entrain de se disputer. A la question du Blanc il répondit « tsang » qui veut dire « palabre ». Le visiteur nota Dschang qui devint le nom de la ville. Ils arrivèrent ensuite au sommet de la colline qui jouxte l’Université de Dschang. De ce sommet, le Blanc regarda les cases qui s’étendaient au loin dans les bas-fonds et demanda comment on appelait ceux-là. Yalo répondit, toujours en langue Foto « pe me lekeu » littéralement « les habitants des montagnes et des ravins ». C’est Bamiléké qui fut noté, car le visiteur écrivait plutôt le son, ou la phonétique comme disent les linguistes.


Alors qu’on croyait le débat clos, celui a rejailli en au 2ème festival national des arts et de la culture qui se tint en mars 1994 toujours à Douala, avec pour priorité la force des arguments. Pendant que Prince Mbou soutient que les Blancs étant arrivés au Cameroun par la côté littoral, c’est un Duala (Elame) qui leur servait d’interprète, Mouafo démontre que cela ne pouvait pas être vrai, que les colons prenaient un interprète indigène là où ils arrivaient. A défaut du consensus, les débats furent renvoyés, et reprirent de plus belle au troisième festival en décembre 1996 à Ngaoundéré, avec l’intrusion des universitaires qui soutiennent un camp comme l’autre et le débat est plus houleux. Une fois de plus, l’affaire est au quatrième festival de décembre 1998 à Ebolowa.


L’épisode d’Ebolowa commence par un incident. Alors que Prince Mbou est retenu comme conférencier, son adversaire Justin Mouafo est curieusement « oublié », et n’a même pas accès à la salle, sans qu’on ne sache exactement quelles étaient les intentions des organisateurs. Logique dans sa témérité pour faire éclater la vérité, il a été obligé de se déguiser pour accéder à la salle, raconte-t-il.


Sûr qu’il n’avait plus personne en face, Prince Mbou avait exposé sa théorie et s’attendait à la victoire. C’est alors que Justin Mouafo surgit du fond de la salle et s’inscrit en faux. Il expose sa version de l’histoire, et est contre toute attente soutenu par le recteur de l’Université libre de Bruxelles, participant au colloque. Celui-ci s’appui sur le dictionnaire Larousse de 1947/48, en page 1477 qui définit Bamiléké comme étant « les populations des montagnes de l’Ouest-Cameroun ». Il démontre ensuite que les correspondances phonétiques et paradigmatiques entre Ba mi léké et pe me lekeu sont plus convaincantes (trois syllabes) qu’en Ba mi léké et ba bote ba léké. En plus, les masques étant réservés à une certaine catégorie de personnes chez les Bamiléké, l’on ne saurait désigner le tout par une partie. Raison a donc été donnée à Justin Mouafo qui n’a pas trouvé mieux à faire que de protéger ce nom à l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi) sous le couvert d’une association créer en janvier 1994, dénommée Association culturelle du peuple Bamiléké (Assocpba). Le numéro d’enregistrement 31012 lui a été attribué le 14 juillet 2003.

 

La version de Jean Marie Tchegho


Selon les investigations de Jean Marie Tchegho publié dans son livre « Bienvenue chez les Bamiléké », le terme Bamiléké vient de l’expression en langue Foto(Dschang) « Ba meleke » qui signifie « la maison(Ba) des Blancs (meleke)». En effet, raconte-il, les populations locales qui passaient devant la résidence des premiers colons qui, de par son modèle de construction et les lumières qui y brillaient, tranchait nettement avec les cases traditionnelles, s’exclamaient en ces termes « Ba meleke ». A cause de la grande fréquence de cette expression, l’ensemble des populations de la région fut appelé les « Ba meleke » par les colons. Cette expression se francisa en Bamiléké.


La version de Selon l’abbé Thomas Ketchoua


La version soutenue par l’abbé Thomas Ketchoua, dans son livre « Les peuples de l’Ouest-Cameroun en diaspora depuis 3000 ans », le nom Bamiléké découlerait de l’expression « Mbuo me le ku » qui signifierait « les habitants de dépression ». L’auteur prétend que cette expression est le nom que les habitants de Fontem, par Mamfé, accompagnants les Allemands donnèrent aux habitants de la vaste dépression herbacée qui s’étendait à perte de vue de Fontem aux sommets des massifs. Par déformations successives, « mbuo me le ku » devint Bamiléké au Cameroun français. De même, les Allemands appelèrent cette vaste dépression « Grassfeld », terme qui devint « Grassfield » au Cameroun anglais.


Si toutes ces versions tournent autour de Dschang, c’est certainement parce que c’est à cet endroit et précisément à Foto que fut installé le premier poste administratif colonial. De nos jours, on retrouve encore des noms similaires du côté de Dschang où, effectivement, ceux venus des hauteurs appelés généralement les F4, proche de Fontem, appellent ceux du côté de la ville les « bele keu »(les habitants des bas-fonds).


Pierre-Marie PONE, Ai Douala - Cmeroun

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