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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 00:26




 

Mutations 23 Oct 2009

Paul Biya est rentré au Cameroun mercredi 21 octobre. Cela faisait exactement 33 jours qu'il avait quitté son pays pour la 64 ème assemblée générale des Nations unies qui se tenait à New York. Selon un communiqué de la cellule de communication de la présidence de la République, Paul Biya avait quitté le siège des Nations unies le 28 septembre pour l'Europe. Depuis lors, le grand public camerounais avait " perdu " les traces de son président jusqu'à ce que le décor habituel soit planté tout le long de la route qui relie Nsimalen au palais d'Etoudi, décor qui annonce souvent le retour ou la sortie du Chef de l'Etat.

Ce mercredi, les responsables municipaux et les militants du Rdpc avaient parsemé le parcours présidentiel de palmes, symbole des réjouissances et de fête. Comme à l'accoutumée, la police a revêtit sa tenue d'apparat ; les différentes forces de sécurité balayant le parcours dans les deux sens des véhicules d'escorte et de ceux des sirènes. Ce spectacle en se prolongeant jusqu'en fin de journée, confirmait que le président devait rentrer effectivement car, la veille, un décor similaire avait été planté alors que fut une fausse alerte.
Avant-hier au salon d'honneur de Nsimalen, les mêmes personnes qui avaient salué le président en embarquant étaient là pour l'accueillir. Comme il avait parlé à chacun d'eux en partant, donnant le sentiment de leur prescrire de précieuses instructions, il a recommencé la même cérémonie, cette fois comme pour s'enquérir de la santé de la nation, dans la portion de pouvoir que chacun gère ou bien observe. A travers le petit écran de la télévision, les Camerounais ont pris l'habitude de regarder ce spectacle de Nsimalen dans une indifférence rieuse, car ils semblent vivre à chaque départ ou retour du président de la République, de rares moments où Paul Biya échange réellement avec ses proches collaborateurs.

Dans tous les pays où l'on se donne les moyens de suivre au quotidien la progression des affaires de la nation, un conseil de ministres se tient chaque semaine. C'est le moment idoine où la coordination gouvernementale est possible; où les chefs des départements ministériels exposent les obstacles qu'ils rencontrent dans leur travail, ils en emportent évidemment des solutions. Des pays comme la Rca, le Burundi, la Tanzanie ou le Botswana vont jusqu'à tenir deux conseils de ministres par semaine, présidés bien entendu par le chef de l'Etat en personne. Au Cameroun, les gouvernants ont produit l'ingénieuse idée de substituer au conseil de ministres que préside le président, le conseil de cabinet, ce conclave monocorde qui se passe de temps en temps sous l'égide du Premier ministre, apparaît aux yeux de certains comme un parfait échappatoire que Paul Biya a imaginé pour ne pas avoir à subir régulièrement la présence de ses ministres.

Nos dirigeants ont toujours la France pour pays de référence sur beaucoup de domaines. Là bas, les présidents qui passent, toute tendance confondue, savent que la journée de mercredi est sacrée; ce jour-là, se tient le conseil de ministres. Le président de la République organise son emploi de temps de façon à ne pas être hors de son pays le mercredi. Nicolas Sarkozy, lui, parle tout le temps, explique ses actions, communique sur son état de santé et sur le planning de ses vacances. Nous avons récemment une illustration de cette volonté de faire et d'être présent : en mai dernier, François Fillon le premier ministre français, invité à prendre part au défilé du 20 Mai, se contenta de la réception du soir au palais de l'Unité parce qu'il avait tenu à assister au conseil de ministres à Paris.

 Partout en Afrique, les chefs d'Etat voyagent à l'intérieur de leur pays, ils échangent avec leurs concitoyens; ils assistent aux cérémonies traditionnelles; ils tiennent des conférences de presse. Le Cameroun est devenu une curiosité par la seule volonté de Paul Biya. Il avait tenu son dernier conseil de ministres en juin après la constitution de son dernier gouvernement; à cette occasion, il avait prescrit à son nouveau Premier ministre de produire des résultats dans un délai de six mois; puis, plus rien!

Doit-on encore évoquer ici les vacances à l'intérieur de ce pays doté de sites touristiques naturels et abondants qui ne sont pas du tout du goût de Paul Biya? Ou alors des sommets de la Cemac, de la Ceeac ou de l'Ua qu'il dédaigne, leur préférant ceux de l'Onu, de la Francophonie ou le traditionnel France Afrique?

La fonction de président de la République oblige son détenteur à faire ce que sa personne n'aime pas; à ne pas aller où lui aimerait se rendre, pourvu que la fonction le contraigne à cela, quitte à l'exposer aux risques du métier. Il faut que Paul Biya s'oblige à cet impérieux devoir.

De Xavier Messè

 

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