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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 14:05

 

 

 

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Mon odyssée en Centrafrique, en juillet 2012, à l’occasion de l’ordination épiscopale des quatre nouveaux évêques du pays, m’a véritablement permis de saisir in situ l’ampleur de l’agonis du peuple centrafricain. Devant un tel chaos, l’interpellation de l’Eternel dans la Genèse face au crime fratricide de Caïn trouve ici toute sa résonnance et m’amène à hurler d’exaspération : « Caïn où est ton frère Abel ? »  Abel, c’est le peuple centrafricain qui se meurt inexorablement écrasé par ses sinistres bourreaux dans un abject dessein  habilement planifié depuis les événements de 2003 de sinistre mémoire.

« Caïn où est ton frère Abel ? »

La terrible question de l’Eternel à Caïn m’a hanté et m’a taraudé durant tout mon séjour banguissois, les yeux embués de larmes, la pensée et l’âme en berne, la joie de vivre et l’espérance envolée.

Bangui une ville fantomatique ; Bangui la coquette est devenu Bangui la roquette ; une triste cité sans foi ni loi, privée de lumière et d’eau courante, bardée de ruines et de ponts coupés.

De fait, le pays s’éteint sous la férule implacable de multiples groupes armés qui le pillent, le rançonnent sous le regard impuissant et complice de ses soi-disant dirigeants. Bangui a subi une dégringolade d’un demi-siècle depuis l’apothéose de 1960, la mémorable année de son indépendance.

« Caïn où est ton frère Abel ? »

C’est au Magistrat suprême, le Chef de l’Etat, que s’adresse d’emblée cette question à laquelle il s’est toujours dérobé arguant de son « immunité si impériale d’être élu démocratiquement » et de ne pas être « le gardien de son frère », donc des centrafricains.

« Caïn où est ton frère Abel ? »

Et les magistrats et les autres hauts dirigeants de dénier leurs responsabilités. Que dire ?

Ils ne sont que des exécutants passifs voués à l’élaboration et à l’application stricte des lois et décrets au bon vouloir de la Très Haute Autorité.

 « Caïn où est ton frère Abel ? »

L’opposition et la société civile doivent être vigilantes et engagées en se gardant de se faire phagocyter par un pouvoir démagogue et vorace ; elles doivent donc œuvrer pour une alternance responsable, évitant ainsi de s’engluer dans cette vertigineuse descente aux enfers du pays.

« Caïn où est ton frère Abel ? »

Les responsables religieux de toutes les confessions ne sont guère épargnés par cette interpellation divine, eux qui, tout en montrant des mains, prient et bénissent Caïn tous les jours que Dieu fat.

« Caïn où est ton frère Abel ? »

Que dire des parents ? Leur mutisme, leur   dérobade face aux désespérés de leurs enfants qui sont assassinés comme Abel !                                                                                                                                                                 

« Caïn où est ton frère Abel ? »

A chacun de nous tous, à toute la diaspora centrafricaine mesurons nos responsabilités et demandons-nous ce que nous pouvons faire pour soutenir et aider notre pays en dérive. Prenons garde à l’œil d’Abel implacablement fixé sur chacun de nous. Personne ne peut se défausser. En chacun de nous, Caïn peut se loger prêt à tuer sans remords son frère Abel, en reniant par exemple notre, en déniant nos responsabilités dans les facilités, les complicités, les compromissions, l’indifférence, la soumission, la peur…

Soyons des êtres libres, responsables, résolument debout pour le développement et la prospérité de notre pays et le triomphe de la démocratie.

Faute de nationalisme, de militantisme, d’abnégation, d’altruisme et de solidarité, la Centrafrique poursuivra inévitablement sa descente aux enfers avec la troublante question divine adressée à nous tous « Caïn où est ton frère Abel ? »


 NGARO Socrate

Homme de la rue

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