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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 10:43

 

 

 

Bozize-putschiste.JPG

 

 

Voici ce qu’a dit Bozizé au micro de Christophe Boisbouvier au lendemain de son coup d’État en 2003 (http://www.sangonet.com/ActualiteC16/Bozize_non_candidat-Pt_sauf.html)


« J.A./L'INTELLIGENT: Cela vous gêne-t-il de lire ou d'entendre « le président autoproclamé »?


FRANÇOIS BOZIZÉ: Je ne peux pas empêcher les journalistes de l'écrire ou de le dire, mais le peuple, lui, adhère à mon action et ne me considère pas comme un président autoproclamé.


JAI: Pourquoi pas une transition plus courte ?


FB: Nous pourrions organiser des élections d'ici à trois mois. Mais si l'on veut en finir avec ces secousses permanentes, il faut préparer les choses plus sérieusement. Plus vite la communauté internationale nous aidera, plus vite nous sortirons de la transition.


JAI: Promettez-vous des élections transparentes ?


FB: C'est inévitable. Le contexte international est tel qu'on ne peut pas faire autrement. Et la transition repose sur un consensus politique au sein du gouvernement, du CNT et de l'armée.


JAI: Est-ce qu'il ne sera pas rompu le jour où vous vous présenterez à la présidentielle ?


FB: Je n'ai pas l'intention d'être candidat. À la fin de la transition, j'aurai mis en place les institutions démocratiques et ramené la paix. J'aurai donc rempli ma mission. Après, je me retirerai. Sauf si le peuple me demande le contraire. Je ne veux pas être candidat, je ne veux gêner personne. Cependant, si certaines circonstances poussent le peuple à me demander de l'être, je ne pourrai pas le décevoir.


JAI: Existe-t-il en Afrique un modèle dont vous pourriez vous inspirer ?


FB: Il y a l'exemple d'Amadou Toumani Touré en 1992. Ma démarche est proche de la sienne. Mais il ne faut pas confondre les deux situations. La République centrafricaine n'est pas le Mali. En tout cas, je ne ferai pas comme Robert Gueï en Côte d'Ivoire. Je ne bloquerai pas un processus pour essayer de m'imposer contre la volonté du peuple.


JAI: Quand l'ancien président Kolingba pourra-t-il rentrer d'exil ?


FB: Il le peut à tout moment. Il faut qu'il prenne contact avec moi. Je lui enverrai un émissaire pour mettre au point les modalités de son retour en toute sécurité. Il faut savoir notamment où il entend s'installer.


JAI: Patassé pourra-t-il faire de même sans être poursuivi par la justice ?


FB: Non, ce n'est pas possible. Il est responsable de l'état catastrophique du pays. S'il échappe à la justice, le peuple se retournera contre le nouveau pouvoir.

 

JAI: Avant votre arrivée au pouvoir, certains doutaient de vos capacités. Ont-ils tenté de vous manipuler ?

 

FB: C'est possible. Ils se croyaient plus malins que moi, mais je leur ai prouvé le contraire. Il est vrai que je ne parle pas beaucoup. C'est la longue fréquentation de la Grande Muette. Mais on reconnaît le bon maçon au pied du mur. »

 

Ainsi au lendemain de son coup d’État, Bozizé Yangouvonda François (BYF) a promis des élections transparentes auxquelles il ne sera pas candidat. Il poussa l’audace jusqu’ajouter qu’il ne fera pas comme Robert Gueï en Côte d’Ivoire, qu’il sera l’Amadou Toumani Touré (ATT) Centrafricain. Neuf ans plus tard, on est très loin du compte. BYF a organisé deux élections sujettes à caution, forgé une Assemblée familiale où trône Bozizé himself, ses cousins, ses enfants, ses soi-disant neveux, ses sœurs et cousines, son épouse et ses maîtresses officielles et officieuses. Oui, la République centrafricaine n’est pas le Mali, BYF n’est pas ATT. ATT, lui, a respecté sa parole d’officier. Il a organisé des élections libres, transparentes et crédibles ayant abouti au passage du flambeau au Professeur Alpha Oumar Konaré lequel a vainement tenté de dissuader Bozizé d’être candidat aux élections (aux résultats connus d’avance) de 2005. 


Bozizé n’a pas non plus balayé la maison Centrafrique. Il l’a, au contraire, salie davantage. Bozizé a transformé une bergerie en une porcherie. C’est en fait le grain de poussière qui souille la fleur RCA. Bangui la Coquette n’est plus que l’ombre d’elle-même. La RCA, jadis un pays où il fait bon vivre, un pays où les gendarmes sont des oiseaux, les avocats sont des fruits et les capitaines, des poissons, est aujourd’hui le 10ième pays le plus dangereux au monde (le 4ième en Afrique), et le 29ième pays le plus corrompu au monde.


Jour après jour, semaine après semaine, mois après moi et année après année l’espace République centrafricaine se rétrécit comme la peau de chagrin de Balzac avec une constance déconcertante de gestion d’un butin de guerre. La compétence a fait place aux liens de parenté et d’amitié. L’homme qu’il faut à la place qu’il faut est devenu le plus proche parent au poste le plus juteux. Des va–nu–pieds  et des valets sans référence aucune sont faits ministres voire ministres d’État. L’administration centrafricaine dans son entièreté est pourrie. L’impunité a transformé la corruption en arnaque. La RCA est devenue un no man’s land où le clan Bozizé fait régner ses ordres et lois.


Bénéficiant d’exception sur exception, Bozizé a fini par croire que l’exception est la règle alors que pour le commun des mortels, l’exception confirme la règle. A l’origine du coup d’État de Bozizé, il y aurait donc l’état catastrophique de la Centrafrique. Notre bon Samaritain s’est alors donné pour mission la mise en place des institutions démocratiques et le retour de la paix. Après 10 années de règne, j'allais dire sans partage du clan Bozize, caractérisé par une abjecte propension à procéder aux enlèvements et disparitions des citoyens, l’évangéliste suprême (équivalent de cardinal dans la hiérarchie catholique) nourrissait la lubie de faire sauter le verrou constitutionnel limitant dans le temps et en nombre le mandat présidentiel qui ne souffre d’aucune ambiguïté. Acculé par l’avancée de SELEKA, Bozizé nie publiquement n’avoir jamais songé à tripatouiller la constitution centrafricaine. Ne nous méprenons guère! En 2003 cette phrase de Bozizé « Je n'ai pas l'intention d'être candidat… Sauf si le peuple me demande le contraire » était passée inaperçue et on connait la suite. Toujours au lendemain du coup d'Etat opéré par un certain Idriss Déby pour l'installer à Bangui, Bozizé a déclaré, entre autres, que l'on juge un maçon au pied du mur. Cela fait bientôt 10 ans que le mur ne s'élève guère. Est-ce la peur de notre jugement qui empêcherait le (franc) maçon de s'exécuter? Qu'à cela ne tienne, nous l’avons sévèrement, très sévèrement jugé en 2005 et plus récemment en 2011. Mais fidèle à lui-même le général d’armée évangéliste suprême nous a fait une grossière démonstration que ce qui compte, ce n’est pas qui vote, c’est qui compte les votes (Joseph Staline). Les compteurs des votes furent, tour à tour, le policier Jean Willibyro Sacko et le chauffeur-mécanicien Joseph Binguimalé, présidents (sans blague!) des commissions électorales dites indépendantes de 2005 et 2011. 

      

L’avancée de SELEKA est salutaire pour la majorité silencieuse de la zone CEMAC en général et centrafricaine en particulier. L’UE, l’ONU et surtout l’UA ne sauraient condamner cette révolution catalysée par les mêmes causes qui ont justifié l’acceptation de la rébellion particulièrement destructrice du pays en 2003 par un certain Bozizé Yangouvonda François (BYF). On ne peut pas non plus désigner l’ineffable Célestin Leroy Gaombalet pour gérer la transition quand le très compétent président de la LCDH, Me Nicolas Tiangaye s’est joint au professeur Abel Goumba pour refuser à Apollinaire Dondon Konamabaye ses prérogatives constitutionnelles. En 10 ans, Bozizé a fait pire que Zine el-Abidine Ben Ali en 24 ans de présidence de la Tunisie. En 10 ans, Bozizé n’a rien à envier à Hosni Moubarak en 30 ans de pouvoir en Egypte.  En 10 ans Bozizé égale le score de Muammar Kadhafi en 41 ans de règne sans partage sur la Libye. La France, l’UE, l’ONU et les Etats-Unis d’Amérique qui ont supporté et aidé le CNT libyen ne sauraient ignorer et négliger les exigences et objectifs du SELEKA centrafricain. C’est notre saison sèche centrafricain à l’instar du printemps arabe.

 

Les jets de pierres contre l’ambassade de France et l’agence Air France sont téléguidés par Louis Oguéré Ngaïkoumon, Christian Guénébem et compagnie (http://centrafrique-presse.over-blog.com/article-rca-les-rebelles-du-seleka-entrent-dans-bambari-113746084.html). La force du désespoir face à la fulgurante avancée des rebelles a fait perdre à ces apprentis intellectuels toute notion de civisme et surtout le respect des conventions consulaires. Il est à souhaiter qu’en représailles, la France expulse immédiatement de son territoire tous les activistes KNK nonobstant leur statut en France. Ces ouvriers tueurs (koua na koua) ne comprennent que le langage de la brutalité. C’est quand même paradoxal qu’un parti fondé par un évangéliste suprême, géré au quotidien par un pasteur prône la violence.


Je rappelle aux amnésiques que l’état du pays est plus catastrophique aujourd’hui qu’il n’était en 2003. Que la CPI les réclame ou pas, Bozizé, Lévy Yakité et compagnie lui seront livrés au lendemain du 15 mars 2016 si par l’impossible SELEKA laisse Bozizé en place.  On évoque ça et là la validité du mandat de Bozizé qui court encore. De quel mandat parle-t-on ? Appelons un chien, un chien et un chat, un chat. Bozizé n’a pas eu de mandat en 2011. Il a fait un grossier hold-up électoral ; c’est ça la vérité! Mais dites-moi, n’est-ce pas qu’il restait encore deux années au mandat de feu président Ange Félix Patassé, lorsqu’aidé par Idriss Déby, Bozizé l’a brutalement contraint à l’exil? Bozizé doit maintenant savoir que la critique est aisée mais l’art est difficile. 

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion