Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 03:38

 

 

Déby et Bozizé

 

 

 

Lorsqu’il était venu à Bangui le 5 mai dernier, le président tchadien avait clairement fait comprendre à Bozizé l’impérieuse nécessité d’un dialogue avec l’opposition centrafricaine afin de décrisper la situation politique complètement bloquée depuis le hold-up électoral de la mascarade de janvier 201. Même si Idriss Déby n’est pas un démocrate modèle, Bozizé aurait dû suivre ses conseils qui pouvaient être profitable au pays et apaiser le climat politique tendu de la RCA.


 Le problème est que Bozizé, très imbu de sa personne et très méprisant à l’égard de l’opposition et ses principaux leaders, a fait semblant de suivre les conseils de Déby mais a tourné en rond jusqu’ici sans que le processus de ce dialogue inter-centrafricain que même la communauté internationale réclamait de ses vœux n’a jamais connu le moindre début de commencement. Bozizé se croyait toujours maître du jeu, gonflé qu’il est de son fameux pouvoir discrétionnaire prétendument conféré par la constitution qu’il cherche actuellement à modifier.


Bozizé a toujours naïvement cru à l’idée bidon assez répandue en RCA selon laquelle les Centrafricains étaient des ânes et que tant qu’un régime qui les dirige s’arrange pour payer toujours à terme échu les salaires des fonctionnaires, personne n’osera revendiquer quoi que ce soit et on pourrait dès lors leur faire avaler n’importe quoi. Là où le bât blesse est qu’en dehors de la question du paiement des salaires des fonctionnaires, Bozizé n’a aucune autre vision pour le pays qu’il est censé diriger.


La preuve, il n’a manifestement pas prévu que le même vent venu de Birao qui avait déjà failli emporter son pouvoir en 2007 n’eût été l’intervention de l’armée française ordonnée par Jacques Chirac à la demande du gabonais Omar Bongo qui avait stoppé net l’avancée de la rébellion de l’UFDR, allait encore souffler fort en décembre 2012. L’inventaire à la Prévert de ses engagements non tenus dressé par les forces rebelles coalisées ainsi que les exigences de celles-ci, sont assez éloquents et n’ont rien à voir avec les questions de paiement de salaires. Il est surtout question de restitution des diamants pris de force aux collecteurs et bureaux d’achat dans les zones et villes minières par les brigades minières et commandos de Ndoutingaï en 2008.


Comment est-ce possible qu’après avoir passé presque dix ans à la tête du pays, le pseudo général d’armée François Bozizé Yangouvonda n’ait pas été fichu de structurer ne serait-ce que l’embryon d’une armée digne de ce nom, à même de défendre le territoire national ?  Qu’il soit réduit encore aujourd’hui à pleurnicher aux pieds d’Idriss Déby pour qu’il puisse voler à sa rescousse, son semblant d’armée nationale n’existant que de nom, a quelque chose de vraiment pathétique et particulièrement humiliant mais Bozizé n’en est pas à une humiliation près, lui qui est désormais prisonnier de son propre jeu consistant à ne compter que sur des mercenaires et des troupes étrangères pour se tirer d’affaire et garder le pouvoir.

 

La mystérieuse disparition encore dans la nuit de lundi à mardi d’une importante quantité d’armes et de munitions de l’armurerie du camp Beal en dit long sur la réalité de la situation de cette armée nationale centrafricaine qui est à l’image de ce que lui-même et son fils qui en est le commandant en second, en ont fait. Le long entretien en tête à tête que lui a accordé récemment Idriss Déby en marge du sommet ACP la semaine dernière à Malabo puis la rencontre du lundi 17 décembre de Bozizé avec l’ambassadeur du Tchad à Bangui, ont ficelé l’intervention en urgence des troupes tchadiennes qui est actuellement en cours pour tenter de stopper l’avancée des rebelles.


Cette grossière ingérence tchadienne dans les affaires centrafricaines n’a curieusement suscité jusqu’ici aucune réaction ni de la CEMAC, ni de l’Union Africaine, ni de l’UE et du BINUCA. Tout le monde a l’air de trouver normal cet interventionnisme militaire de Déby. Aucune réunion spéciale de ces institutions n’est annoncée dans les prochains jours. Leur silence est assourdissant. Tout cela, pourquoi ? Or Bozizé est le problème et la cause de la crise. Seul son départ en est aussi la solution car tant qu’il continuera d’être au pouvoir avec ses méthodes d’un autre âge et sa mauvaise gouvernance, il n’y aura jamais de paix dans ce pays. Idriss Déby ne peut gérer deux pays à la fois. Lui aussi devrait se faire une raison.

 

La rédaction  

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Editorial