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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 00:54

 

 

 

Bozizé met les galons de colonel à son fils Francis

 

Depuis le coup d’état qui l’a porté au pouvoir en mars 2003, Bozizé a jusqu’ici montré aux Centrafricains et la communauté internationale qu’il n’est pas un homme d’honneur qui tient sa parole. Dans l’immédiat après son putsch et son auto-proclamation comme président de la République, il avait prétendu qu’il était venu juste pour nettoyer la maison Centrafrique et qu’il allait remettre le pouvoir au prochain président élu.

Or, lorsqu’il fallait normaliser la situation du pays après deux ans de régime de transition avec les élections de 2005, reniant ses promesses, ne voilà-t-il pas qu’il a fait organiser une « marche spontanée de jeunes » à travers la capitale qui réclamaient comme par hasard sa candidature à cette élection présidentielle. On connaît la suite.

Comme tout semble en ce moment inciter à le croire, Bozizé, à présent confronté à l’insurmontable difficulté constitutionnelle, est encore en train de vouloir recourir à la même recette de la « marche spontanée de jeunes » dans la ville dans le cas où la voie parlementaire très risquée pour modifier la constitution n’aboutirait pas, pour briguer encore sa succession en 2016 alors que théoriquement, son dernier mandat s’achèvera cette année-là.

Bozizé est en réalité dans une course désespérée au pouvoir à vie alors que tout semble jouer contre lui. Son impopularité est proportionnelle à sa paranoïa. Le bilan de sa gestion des affaires du pays en près de dix ans de pouvoir est plus que catastrophique. Presque tous les clignotants socio-économiques sont au rouge. La RCA est dans presque tous les domaines en queue de peloton si ce n’est la dernière de tous les classements. Or, plus Bozizé échoue, moins il a envie de quitter le pouvoir suprême car lâcher le pouvoir est pour lui et sa famille et surtout ses délinquants enfants, synonyme de descente aux enfers car ils auront immanquablement à répondre à la justice, perspective qu’ils redoutent  terriblement.

C’est dans cette logique que Bozizé joue son va-tout en faisant de la provocation comme le fait d’élever contre toute règle son fils Francis au grade de général de brigade sachant très bien que cela déplairait énormément aux Centrafricains et en particulier dans les rangs de l’armée. Est-il besoin de rappeler que ce même Francis Bozizé a été bloqué à l’école de gendarmerie de Kolongo le 2 août dernier par les jeunes mécontents du recrutement non seulement chaotique mais discriminatoire dans l’armée. Il a fallu dépêcher en catastrophe des zodiaques par le fleuve depuis le centre-ville pour pouvoir exfiltrer celui-ci. C’est un fait d’une extrême gravité qui doit être apprécié. comme tel.

De même, toujours le même 2 août dernier, le buste de Bozizé au Jardin du Cinquantenaire a été non seulement arraché mais enterré par les mêmes jeunes mécontents du recrutement dans l’armée alors même qu’il est toujours au pouvoir. C’est du jamais vu. Si on y ajoute l’incendie de la villa de Sassara de la première dame, la maman du même Francis en novembre 2011, tous ces faits majeurs, replacés dans le contexte du pays, sont de mauvais présage et annonciateurs d’une fin de règne et d’un prochain départ certain du pouvoir de Bozizé.

La rédaction 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique