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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 01:36

 

 

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Avec les propos de Francis Bozizé tenus samedi 4 septembre à Boali devant ses agents de renseignement et autres « tontons macoutes » sur sa détermination et celle de son candidat de  père à procéder à l’élimination physique des opposants et en particulier de Martin Ziguélé, est bien la preuve si besoin en était encore, que Bozizé n’acceptera jamais le verdict des urnes s’il était battu à l’issue des prochaines élections de janvier et mars 2011.

Paradoxalement c’est même cette perspective qui conduit déjà certains au sein de la classe politique à tenter de nouer dès maintenant une alliance avec Bozizé et le KNK afin, soit de faire leur entrée dans son prochain gouvernement post électoral, ou comme par exemple dans le cas de Désiré Kolingba qui est déjà en campagne dans la Basse-Kotto fief de son défunt père, appeler à voter Bozizé, afin de se donner les chances de continuer à demeurer ministre dans le gouvernement de Bozizé.

Les avantages colossaux et les délices du pouvoir que tire Francis Bozizé de l’exercice du pouvoir suprême de son père conquis par la force des canons sont tels que pour rien au monde, il ne peut consentir à accepter un verdict sorti des urnes qui soit défavorable à son père et lâcher ce pouvoir. Partis de rien, la fortune que lui et son père ont très rapidement amassée du fait de leur position à la tête du pays est des plus enviable. Alors que rien ne pouvait le laisser supposer, Bozizé gère aujourd’hui l’armée par son fils interposé. Contre toute attente, il l’a illégalement bombardé colonel dans les Faca et projette d’en faire bientôt un général pour commander les Faca. Du jamais vu sauf en Centrafrique de Bozizé.

Malgré son impopularité réelle dans les Faca, (beaucoup d’officiers le prennent pour un civil dont le directeur de cabinet est aussi de surcroît civil), Francis Bozizé se sert de l’armée comme une source d’enrichissement. Au sein du camp Béal, siège de l’état-major des Faca et où se trouvent également le ministère de la défense et le cabinet de ministre délégué, il fait tenir une boutique d’approvisionnement des bidasses en diverses marchandises. Layettes pour les épouses enceinte des soldats, téléphones portables, motocylettes et on en passe, octroyés à crédit aux soldats contre retenue à la source sur leur solde. C’est aussi Francis Bozizé qui a attribué moyennant commissions le marché de fourniture aux Faca de produits alimentaires divers (manioc, huile, viande, poisson etc…Une vraie mafia.

Comment accepter tranquillement de  renoncer à un tel fromage ! Lors des élections de 2005, contre toute évidence, Bozizé tenait absolument à gagner dès le premier tour, conscient des risques et du danger du second tour, emporté du reste en vérité par Martin Ziguélé. Bozizé et ses compagnons de maquis surnommés « libérateurs » mais en vérité de vulgaires assassins,  ont ouvertement eu recours à l’intimidation des citoyens et à la violence armée dans les bureaux de vote pour imposer un autre verdict. Le représentant du PNUD (organisme qui avait la charge du traitement informatique des résultats électoraux), de l’époque à qui il avait exigé la victoire dès le premier tour et qui a naturellement refusé d’accéder à son exigence, l’a appris à ses dépens. Bozizé l’a littéralement chassé du pays dès après la proclamation des résultats des élections. Tout cela montre que Bozizé qui est très loin d’être un démocrate n’acceptera jamais d’être battu dans les urnes par quelqu’un d’autre.

Quelle que soit la durée dans l’eau d’un tronc d’arbre, il ne deviendra pas un crocodile a dit un sage africain. Il a beau troquer le treillis contre des costumes rayés cravates, Bozizé restera un dictateur sanguinaire. Bientôt un an que Charles Massi aura disparu dans des conditions pour le moins obscures et toujours non élucidées. Bozizé et son fils rêvent de faire connaître le même sort à certains leaders de l’opposition qui l’empêchent de dormir comme Me Nicolas Tiangaye et surtout Martin Ziguélé qui a de réelles chances de le battre, voire même dès le premier tour de l’élection présidentielle.

En dépit des égoïsmes de certains qui voient midi à leur porte - l’idée qui fait son chemin qu’il soit désigné comme le candidat unique de l’opposition afin d’offrir à celle-ci toutes les chances de triompher plus facilement sur Bozizé qui ne compte en réalité que sur ses milliards pour plomber ces élections par l’achat massif des Centrafricains - sème une véritable panique dans le camp du pouvoir. D’où les rodomontades et autres menaces de Francis Bozizé.

Il est donc temps que tout en préparant la tenue des élections, on songe également à la nécessité de faire signer aux candidats à la présidentielle un engagement à respecter scrupuleusement le verdict des urnes sauf dans le cas où des fraudes massives avérées de nature à remettre notablement en cause ou fausseraient les résultats seraient objectivement constatées et établies. La communauté internationale qui aura financièrement permis la tenue de ces élections ne devrait pas rester les bras croisés devant un cas de refus délibéré de Bozizé d’accepter le verdict sorti des urnes qui lui serait défavorable. Elle doit prendre ses responsabilités.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique