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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 00:05

 

 

 

 Bozizé honoris causa

 

En présidant le 20 avril dernier la cérémonie de la rentrée judiciaire 2012-2013, François Bozizé visiblement de très mauvaise humeur ce jour, (il a quitté les lieux sans même dire au revoir aux présidents des différentes juridictions ni pris un verre au cocktail qui a été servi à la fin de la cérémonie), a invité l’ensemble de l’appareil judiciaire du pays à « retrouver un climat de confiance avec la population ».

Poursuivant sa brève allocution, il devait encore déclarer : « Il temps que le corps judiciaire, dans sa mission, fasse renaitre confiance avec sa population. Une des voies pour l’avancée de l’Etat de  Droit ».

Pour peu qu’on observe l’évolution de la RCA depuis que Bozizé est à la tête de ce pays, on ne peut que faire le constat que Bozizé raconte des balivernes et des mensonges car contrairement à ses affirmations, c’est lui-même qui est le principal obstacle à l’existence d’une justice sereine en Centrafrique. Il n’a eu de cesse d’entrer en guerre avec les magistrats et de contrevenir aux décisions de justice pourtant rendues au nom du peuple centrafricain.

Un cas reste encore vivace dans mémoire des Centrafricains, celui de Mamadou Raikina, l’ancien préfet de Bria Raymond Béhorou et autres qui avaient été acquittés au bénéfice du doute par le tribunal et qui, au lieu de retrouver la liberté, avaient néanmoins été déportés de la maison d’arrêt de Ngaragba à la prison spéciale et personnelle de Bozizé de Bossembélé avant d’être définitivement libérés quelques jours après en raison des fortes pressions des avocats du barreau de Centrafrique entrés en grève.

Un second cas assez significatif de l’attitude de défiance permanente de Bozizé à l’égard des magistrats et de sa capacité d’entrave au bon déroulement de la justice, est l’affaire des personnes arbitrairement arrêtées et détenues jusqu’aujourd’hui dans les prisons de la capitale (bientôt deux années) après avoir passé près d’une année pour rien à la prison spéciale de Bossembélé. Ces personnes, parmi lesquelles Albertine Balemby l’épouse du bâtonnier Me Symphorien Balemby, croupissent encore en prison en dépit de l’ordonnance de mise en liberté de la chambre d’accusation de la cour d’Appel. Est-cela prendre le chemin de l’Etat de droit ?  

Tout dans son comportement et ses réflexes montrent que Bozizé ne comprend rien au fonctionnement de la justice dans un Etat démocratique moderne et à ce qu’on appelle l’Etat de droit. Avec sa conception moyenâgeuse, il a toujours voulu que les juges soient à sa botte et lui obéissent au doigt et à l’œil. C’est à cause de cela qu’il est souvent à couteaux tirés avec les magistrats, encouragé en cela par son piètre conseiller juridique de l’ombre, son parent Firmin Findiro, l’actuel ministre de la justice et ex-procureur de la République en service commandé.  

On a encore vu récemment avec la rocambolesque arrestation de Demafouth et du député de Birao 2, le premier dans le bureau du même ministre Findiro, du jamais vu, et le second sans que son immunité parlementaire n’ait été levée. Ils viennent d’être libérés mais placés sous contrôle judiciaire après plus de trois mois de détention purement arbitraire et inculpés seulement plus d’un mois après l’expiration du délai légal de garde à vue. En réalité, le manque de confiance des populations dont parle Bozizé est vis-à-vis de sa personne et non à l’égard de la justice de leur pays. Pour ce qui est de l’Etat de droit, Bozizé se moque du peuple et parle de quelque chose qu’il ne connaît pas.

Rédaction C.A.P

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique