Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 15:37

 

 

 

centrafrique-copie-1.gif

 

 

 

Les Brèves de N’djaména  DEB ou le trio infernal

Source : Tchadactuel lundi 9 mai 2011

Le trio Deby, El-Béchir et Bozizé à la recherche des solutions machiavéliques aux vrais problèmes. Oumar El-Béchir est très amer, déçu et frustré. Il pensait avoir conclu un bon deal avec les américains : « tu laisses le Sud Soudan se séparer tranquillement, démantèle la rébellion tchadienne, réconcilie toi avec le Tchad et on suggèrera à la CPI d’annuler ses poursuites et on obligera les rebelles du Darfour de signer un accord avec toi sans majeur condition ». Dans la même optique et pour réassurer El-Béchir, les américains ont fortement conseillé aux sud-soudanais de ne pas aider les rebelles du Darfour sous quelle forme que ce soit. C’est ainsi que Salva Kiir, le Président du Sud-Soudan, demanda très gentiment à Minny Minnawi et au Dr Khalil, qui ont entre-temps déployé leurs forces au sud, de repartir au nord.

Traduit en langage de la rue, c’est à peu près le deal qu’El Béchir pensait avoir conclu avec Oncle Sam et ses satellites européens. Or après le referendum passé de manière plus que soft avec des résultats reconnus par El Béchir avant même leur publication officielle, ce dernier n’a rien vu venir : au contraire le Gal Scott Cration, l’envoyé spéciale américain pour le Soudan et qui était l’interlocuteur principal d’El-Béchir, a pris le même jour l’avion pour son nouveau poste d’Ambassadeur. La CPI n’a pas bronché, les rebelles de Darfour se sont renforcés.

Du coup, El-Béchir se rend compte qu’il a été berné et réagit. Sans laisser le temps aux faucons de son régime de l’accabler pour avoir bradé le Sud, il fomente un mini coup d’Etat interne pour se débarrasser des officiers supérieurs islamistes et en temps interne de nouveau leur chef spirituel en la personne de Dr Hassan El Tourabi, puis commence un vaste travail de sape à l’encontre du gouvernement du Sud soudan : création des milices opposées au régime. Des milices qui se sont étrangement vite développées et qui ont pris depuis des proportions inquiétantes. Il existe à l’heure actuelle plus de 4 mouvements armés qui luttent contre le pouvoir de Salva Kiir. Dirigés par des anciens célèbres maquisards, souvent proches du défunt Chef historique de SPLA, John Garang, donc des chefs de guerre plus fédéralistes que séparatistes, soutenus fermement et de manière ouverte par Khartoum. Ces mouvements sont devenus une menace sérieuse pour le nouveau régime du Sud Soudan. Le régime d’El-Béchir ne s’est pas arrêté à cela. Il traîne les pieds pour entamer des discussions sur les points encore en suspense et vient même de déclarer publiquement que la région d’ABYEY, région pétrolifère du Sud Soudan, mais habitée majoritairement par des nomades venus du Nord, appartient au Nord. Pire, la région a subi un nettoyage ethnique systématique.

Selon plusieurs sources concordantes, le régime d’El Béchir est en train de durcir sa position vis-à-vis du Sud et beaucoup craignent un regain de violence généralisée qui retarderait la proclamation de l’indépendance du Sud soudan.

Dans cette lancée machiavélique, El Béchir semble trouver deux acolytes qui vont le soutenir dans cette œuvre de destruction du Sud Soudan avant même la naissance de celui-ci : Deby du Tchad et Bozizé de la RCA. Ces deux doivent soutenir El Béchir dans ses desseins de déstabilisation : les rebelles antis Salfa Kiir doivent trouver une base arrière sûre. Par l’intermédiaire de Deby, Bozizé accepta de mettre à la disposition des rebelles la région de l’extrême Nord-Est comme centre de décision et d’accueil les villes de Birao et OBO. On rappelle que cette région est aussi la zone des opérations des rebelles centrafricains : Bozizé pense ainsi faire contenir ses propres rebelles par les rebelles du Sud Soudan, tandis que les armes partiront du Tchad via la RCA.

Dans cette opération tragi-comique, chacun dupe l’autre. Deby, qui a reçu en audience très récemment une délégation des sud-soudanais et qui leur a promis l’ouverture d’un consulat général, était pourtant un opposant acharné contre l’indépendance du Sud-Soudan. Il a aussi trouvé une occasion en or pour montrer à l’opinion internationale sa reconnaissance du nouvel Etat. Mais avant que l’incendie de la case du voisin n’atteigne la sienne, il donne un coup de main très intéressé à El Béchir qui a entre-temps démantelé sans vergogne l’opposition politico-militaire tchadienne sur son territoire ! Pour ce faire, Deby embarque dans ses manigances le pauvre Bozizé pour que son pays serve de base arrière aux contras soudanais, étant entendu qu’aucun pays de la sous-région de l’Afrique orientale n’est prête à accueillir une opposition au nouvel état. Au contraire, tous sont contre, à des degrés divers au nord musulman. Le Gal Bozizé sera présenté aux soudanais par son mentor comme le nouvel allié inconditionnel dans la déstabilisation du Sud-soudan, et naturellement ces sacrifices consentis par le peuple centrafricain pour le Gl El Béchir méritent d’être récompensés. Comment, de quelle nature ? Et combien ? Ce sont les sujets à discuter lors du prochain sommet, à moins que Mr Deby n’en décide autrement.

La convivialité retrouvée entre Deby et El Béchir cache beaucoup des en-dessous. En effet, contrairement à Deby qui agit et réagit sans constance ni consistance, les soudanais n’ont pas une culture de réaction instantanée mais agissent comme le cancer. En d’autres termes ou vous pratiquez l’ablation de la partie attaquée, ou il vous tue ! En ce sens qu’ils n’ont rien oublié de Deby : de ses incartades, de ses volte-face, de ses légèretés à traiter les affaires de l’Etat. . . . Ainsi de la manière la plus intelligente, ils préparent le virus ! Mais. . . . . Deby non plus n’est pas du tout bête, avec la rançon récupérée du voisin du nord … C’est Django tire ou meurt, ou bien Santana tire le premier. Vivant, verra et vivra!!!


Bérémadji Félix (N’djaména)

 

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales