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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 03:57








       Ministre "colonel" Jean Francis Bozizé
 Peut-être bientôt général par la volonté de papa ?
 


La situation qui prévaut au sein des Forces armées centrafricaines (FACA) depuis l’arrivée au pouvoir de Bozizé et son fils Jean Francis, actuellement ministre délégué à la défense nationale est particulièrement grave et doit être portée à la connaissance de l’opinion publique. Il est vrai que déjà chef d’état major de cette armée à l’époque de président Patassé, Bozizé s’était déjà illustré par un affairisme et un mercantilisme forcenés sur le dos de l’armée nationale. Pourtant chargé par Patassé de la restructuration de cette armée, Bozizé s’est surtout employé à faire de la prédation, à piller les maigres moyens mis à la disposition de cette armée pour s’enrichir personnellement. C’est justement lorsqu’il a estimé avoir atteint un degré d’enrichissement assez élevé qu’il avait décidé de s’emparer d’un pouvoir que Patassé, par son incompétence, avait en réalité beaucoup de difficulté à gérer.


A titre de rappel, il est de notoriété publique que tout chef d’état major qu’il était, Bozizé s’était transformé en un vulgaire commerçant, possédant même une station essence au Pk 4 sur l’avenue Boganda à Bangui qui revendait une bonne partie du carburant soutiré des réserves de l’armée nationale. Il décidait comme bon lui semble la mise à la réforme des véhicules du parc auto de l’armée relativement en bon état et les revendait tranquillement à des privés, généralement aux commerçants musulmans qui lui filaient du cash et disposaient de véhicules militaires de transport de troupes pour leur commerce de bois de chauffe. Certains ne prenaient même pas la peine de changer la peinture militaire de ces véhicules. Bozizé était particulièrement impopulaire aux yeux des petits soldats dont il détournait régulièrement une partie de la prime globale d’alimentation et des frais de mission.

Après que l’armée française eut quitté la base de Bouar, il s’est rendu personnellement dans cette garnison pour récupérer un certain nombre de matériel et équipements laissés par les éléments français d’assistance opérationnelle (EFAO). Certains témoins qui l’ont vu racontent qu’il s’était littéralement transformé en marchand de quincaillerie, revendant lui-même des câbles électriques par exemple. Il s’était ainsi emparé d’un kit complet de fabrication de pain qu’il a ramené à Bangui et confié la gestion à son fils Jean Francis qui le louait aux commerçants libanais. Des rapports établissant clairement la culpabilité de Bozizé et certains de ses complices dans le vol et pillage des biens de l’armée existent, suite aux enquêtes ordonnées par le président Patassé et effectuées notamment par le général Sylvestre Yangongo alors Inspecteur général des FACA. Curieusement, Bozizé a toujours eu à bénéficier jusqu’au bout, de l’impunité et de la clémence de Patassé.

Aujourd’hui, président de la République, ce mercantilisme de Bozizé et son fils Jean Francis bombardé comme par hasard ministre de la défense a atteint des proportions démentielles. Le fils ministre a carrément ouvert une boutique au camp Beal où se trouvent son cabinet et l’état major des FACA. Une jeune femme sa complice, y vend et revend diverses marchandises et même les uniformes et trousses militaires offerts par des pays amis comme la France, la Chine ou l’Afrique du Sud aux soldats centrafricains et étrangers de certains contingents de pays africains présents à Bangui. A la tête d’un important cheptel de bovins arrachés de force aux éleveurs peuhls, Bozizé et son fils sont aussi devenus des vendeurs de viande bœuf, approvisionnant ainsi plusieurs boucheries et marchés de la ville de Bangui et contrôlant aussi le circuit de fourniture en viande de différentes unités de l’armée nationale. De vrais commerçants « bouba nguéré » ou illégaux comme on les appelle à Bangui. Ils ne payent ni taxe ni patente au fisc mais opèrent tranquillement. Qui osera d’ailleurs le leur réclamer ? La boutique du camp Beal propose également aux petits soldats, moyennant retenue à la source de leur salaire pour le profit des Bozizé, ce qui suscite beaucoup de mécontentement car les retenues sur salaire se font généralement en une seule fois, des téléphones portables, des motocyclettes et autres layettes pour les soldats dont les femmes attendent un heureux événement.

L’épouse du  ministre de la défense Jean Francis Bozizé, au départ simple agent de police, a été reversée par son mari dans le corps des douanes et travaille à l’aéroport Bangui Mpoko. C’est plus juteux. Elle a par ailleurs le monopole de la fourniture à l’armée du manioc, de l’huile de cuisine, du sel, des oignons etc…Des témoins racontent que Bozizé s’est arrogé un marché de 70 millions de F CFA pour la fourniture d’eau minérale aux contingents de la Micopax. Un camion semi-remorque de son parc de véhicules se rend régulièrement au Cameroun pour ramener des palettes de bouteilles d’eau minérale Tangui, conditionnée non loin de Douala.

Bozizé et son fils Jean Francis ont poussé leur cupidité jusqu’à exiger que les fonds alloués par l’Union européenne dans le cadre de la Réforme du Secteur Sécurité (RSS) et des pôles de développement, destinés à la construction de casernes pour les soldats leur soient remis,  charge à eux de procéder à la construction de ces casernes. Devant le refus de l’UE, aucune caserne n’a encore vu le jour à ce jour. Selon nos investigations, presque quotidiennement, père et fils Bozizé, mettent rudement à contribution les différents services financiers des armées pour leur apporter des sommes d’argent plus ou moins importantes.

Cette situation a engendré un sérieux mécontentement des fonctionnaires travaillant dans les différents services financiers des Faca qui vivent ainsi chaque jour sous une forte pression prédatrice de Bozizé et son fils dont la scandaleuse promotion par décret de signé son père au grade de colonel a fait beaucoup jaser. Or, on prête encore à Bozizé l’intention de remettre bientôt des étoiles de général à son fils afin de le mieux le prédisposer à prendre éventuellement sa succession à la tête du pays. Pendant ce temps, plusieurs généraux et officiers supérieurs et officiers subalternes ont déjà été mis d’office à la retraite non sans grincement de dents. D’autres charrettes de départ de militaires vont encore suivre bientôt. Bozizé veut donc faire place nette à son fils…Nous reviendrons prochainement sur les problèmes de l’armée.   

 

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