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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 02:18


Les Centrafricains se rendent maintenant compte que c’est paradoxalement leur président, François Bozizé qui ne veut pas que le programme DDR aboutisse effectivement au désarmement, à la démobilisation et réinsertion des différents éléments des mouvements politico-militaires qui occupent plusieurs sous-préfectures dans l’arrière pays centrafricain. Si on veut empêcher la mise en œuvre du DDR, on ne s’y prendrait pas autrement. Où sont passés en effet les 5 milliards prévus par les autres pays de la CEMAC pour financer ce programme ? Bozizé a récemment prétendu que l’argent se trouverait à la BEAC à Bangui et qu’il pourrait en apporter les preuves. Même si cette affirmation est vraie, car beaucoup de doute subsistent sur l’existence de cet argent, la question se pose néanmoins de savoir jusqu’à quand ces fonds doivent-ils demeurer dans les caisses de la BEAC. Bozizé ayant toujours la désagréable habitude de se foutre royalement des critiques de la classe politique nationale, il faut que la communauté internationale et les autres chefs d’Etat des pays de la CEMAC qui ont contribué à réunir cet argent, exercent de fortes pressions sur lui pour qu’il remette cette enveloppe, si elle est encore là, au BINUCA ou PNUD afin que le DDR puisse être effectivement et concrètement réalisé.

Ce qui est incompréhensible et injustifiable, c’est la sourde oreille que fait jusqu’ici Bozizé malgré les nombreuses doléances des rebelles (ndlr : le terme d’ex-combattants est impropre puisqu’après une vaine attente, ils ont remis en place toutes les barrières pour continuer à racketter) sur le terrain et les membres du comité de pilotage du DDR. La démarche qu’il a proposée consistant à décaisser par le trésor des petits montants au cas par cas et au coup par coup sous le fallacieux prétexte que l’argent du DDR attirerait beaucoup de convoitise, ne tient pas la route.

A l’évidence, l’arrêt du DDR arrange les affaires de Bozizé car le retour de la paix dans les zones en conflit fera revenir chez eux tous les réfugiés du Sud tchadien et de l’Est camerounais ainsi que tous ceux qui se trouvent toujours en brousse et dont le nombre est estimé par les organismes compétents à environ 300.000 personnes. Bozizé n’a aucun intérêt à ce que ces populations déplacées soient recensées sur les listes électorales car sans nul doute, elles ne porteront pas le moment venu, leurs suffrages sur lui à qui elles imputent à tort ou à raison la responsabilité de leur triste et peu enviable situation.

C’est donc Bozizé le seul et véritable obstacle à l’accomplissement du programme DDR. Ses tonitruantes déclarations à ce sujet ne sont que du bavardage destiné à divertir et détourner l’attention de l’opinion. Il manque de volonté politique pour mettre réellement en application les recommandations du DPI de 2008 dont la feuille de route et le chronogramme de mise en œuvre ont été pourtant unanimement adoptés et que le gouvernement n’a plus qu’à exécuter. Il en est ainsi de la mise en place de la Haute Cour de Justice de la République  dont le décret vient seulement d’être rendu public et les différents membres attendent toujours de prêter serment. Bozizé prend son temps, traîne les pieds parce qu’en réalité, il ne veut pas de ces institutions auxquelles il ne comprend pas grand chose et qu’il vit comme à lui, imposées.

Son souci et préoccupation de l’heure est de procéder à l’achat des consciences et de mettre en place son dispositif de fraude électorale. De ce point de vue, les membres de la Commission Electorale prétendument Indépendante qui viennent d’être désignés sont des cibles privilégiés. Certains, comme le faux pasteur Joseph Binguimalet qui en le président et bien d’autres encore, sont déjà acquis à sa cause sans doute en contrepartie d’espèces sonnantes et trébuchantes ou de promesses de postes juteux. Via son parent et non moins ministre de l’Administration du territoire en charge des prochaines élections, Elie Ouéfio, qui s’est arrogé le rôle de maître d’œuvre de sa prochaine victoire électorale que pour rien au monde, il ne doit manquer de décrocher, le processus électoral est déjà manifestement sous contrôle. C’est pour Bozizé une question de survie car si par impossible il ne devait plus être président dans ce pays, il  perdrait ipso facto son immunité et deviendrait dans l’heure qui va suivre, un gibier de potence pour la CPI. Sa gouvernance et son bilan plaident pourtant malheureusement pour lui, qu’il débarrasse le plancher…

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique