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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 04:54

 

 

 

Bozizé seul

 

 

Dans la situation que traverse actuellement leur pays, les Centrafricains sont obligés de faire le constat paradoxal suivant : plus Bozizé échoue à assurer un minimum de décollage au pays, et même à s’imposer comme un vrai chef, davantage il veut s’accrocher au pouvoir. De même, plus il est impopulaire, plus il veut être encore candidat en 2016. C’est vraiment incompréhensible mais Bozizé, c’est aussi cela.


En prenant brutalement conscience que son pouvoir est en train de vaciller dangereusement, on le voit se démener ici et là, prendre des initiatives pour réunir des moyens tant financiers que militaires pour tenter d’en découdre avec la rébellion, lui ancien chef rebelle qui en avait fait voir de toutes les couleurs à Ange-Félix Patassé. Le voilà à son tour plongé dans la vie quotidienne difficile qu’il a fait vivre à Patassé.


A peine cinq mois après les événements du 2 août dernier caractérisés essentiellement par le décrochage de son buste du Jardin du Cinquantenaire par les jeunes mécontents qui se sont insurgés contre les recrutements tarifés injustes et discriminatoires dans l’armée nationale, signe de son record d’impopularité et la séquestration de son fils Francis à l’école de gendarmerie de Kolongo qu’il a fallu exfiltrer par le fleuve,  le pouvoir de Bozizé est encore gravement confronté à une situation extrêmement difficile qui, s’il n’y prend garde, va l’emporter.


N’eût été l’interposition des troupes tchadiennes dépêchées en catastrophe par Idriss Déby, les hommes de Séléka seraient déjà dans Bangui pour l’ultime bataille qu’on n’ose pas imaginer le scénario. Mais aussi curieux que cela puisse être, on apprend que Bozizé et son fils Francis sont en train de faire convoyer par pont aérien des armes à Birao dans le but de livrer bataille contre les hommes de Séléka afin de reconquérir les villes passées sous leur contrôle. Si tous ces moyens étaient disponibles, pourquoi ne pas avoir mis cela préalablement à la disposition des Faca que de laisser les soldats aller à la boucherie ? Pourquoi alors faire appel  au président tchadien pour une intervention d’urgence ? Tout cela n’est pas très logique mais traduit le profond désarroi dans lequel est plongé le bonhomme ces derniers jours.


Le triste état dans lequel la gestion de Bozizé et son fils a laissé les Faca aujourd’hui devrait les inciter à un peu plus de modestie mais les discours les propos de Francis selon lesquels ils mettront tout mettre en œuvre pour vaincre les rebelles laissent plutôt pantois et prouvent que lui et son père ne sont mus que par des sentiments d’orgueil mal placé et non de bon sens. Quant à l'opportuniste Cyriaque Gonda qui s’est permis de traiter les hommes de Séléka « d’aventuriers », il ne tardera pas regretter ses excès.


A présent, Bozizé n’a pas les moyens de recourir à la force pour mater une quelconque rébellion, fût-t-elle Séléka qui en revanche, peut débarquer en 24 h dans la capitale. Prendre le pouvoir par la force des armes non plus, n’est plus dans l’air du temps en Centrafrique. Dès lors, il ne reste plus à la classe politique qu’à s’asseoir autour d’une table pour décider ensemble ce qu’elle compte faire du pays en s’accordant sur un minimum de critères essentiels simples en excluant les soi-disant pouvoirs « discrétionnaires » et « constitutionnels » de Bozizé dont on voit actuellement les limites.


Bozizé est incompétent et incapable de diriger un pays. Sa médiocrité a faire en sorte que la RCA est devenue aujourd’hui la risée du monde entier. Il faut maintenant arrêter les frais. Les Centrafricains sont fatigués de lui. Seule une poignée de compatriotes égoïstes à qui il a refilé quelques prébendes continuent de le suivre et de rouler pour lui contre toute raison. Cela doit maintenant cesser.


Le triste spectacle de soi-disant députés qui défilent dans la capitale pour aller remettre un mémorandum à l’ambassadeur de l’Union Européenne est si atterrant et humiliant pour notre pays qu’il ne doit plus être renouvelé. Malheureusement on apprend que Parfait Mbaye télécommande une marche pour la paix et contre les rebelles le 24 décembre prochain à Mbaiki.


Il faut maintenant espérer que tirant leçon de la situation désastreuse dans laquelle il a plongé le pays, Bozizé renonce maintenant définitivement à sa lubie de faire sauter le verrou constitutionnel. C’est l’une des causes de la crise actuelle. S’il n’a toujours pas compris, on fera difficilement l’économie de la question de son départ de la tête du pays. Il ne doit pas lui seul, constituer un tel blocage et prendre les Centrafricains et leur pays en otage. A bon entendeur salut !

 

La rédaction

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